Maryse Laroche et Sylvie Buteau
Trop peu de compassion à l’égard des personnes atteintes du VIH-sida
Il y a des gens qui préfèrent dire qu’ils sont atteints de cancer plutôt que du VIH. Parce qu’ils craignent d’être ostracisés. Ils n’ont peut-être pas tort, notre société étant bien mal à l’aise à l’égard des personnes vivant avec le sida, encore plus en région que dans les grands centres, soutiennent les intervenantes du BLITS.
C’est avec cette idée et le goût de modifier les attitudes que le Bureau local d’intervention traitant du sida (BLITS) a demandé et obtenu une aide de 85 000 $ de Santé Canada.
Avec ce projet de réaliser une campagne de compassion, en réalisant une vidéo et des capsules «de compassion», l’organisme communautaire s’est classé parmi les premiers au Québec. Le jury a salué le caractère innovateur du projet et la qualité de son dossier de candidature.
Maryse Laroche, coordonnatrice du BLITS et Sylvie Buteau, la chargée de projet, s’en réjouissent, elles qui, depuis le début octobre, ont déjà entrepris les travaux préparatoires à la réalisation de la vidéo.
«Des histoires d’horreur»
Elles réunissent des gens atteints du VIH et des proches pour parler de ce qu’ils vivent, de rejet et de discrimination. Ces témoignages alimenteront le document audio-visuel d’une vingtaine de minutes.
«Encore en 2006, circulent des histoires d’horreur sur le sida. Quand cela s’est su qu’une personne était atteinte du VIH, elle a été exclue de ses cours de guitare», raconte la coordonnatrice.
Les intervenantes de BLITS constatent que les préjugés sont particulièrement bien ancrés chez les 50 ans et plus et que ce sont souvent ceux-là qui manquent le plus d’ouverture et de compréhension. «Certains pensent encore qu’il faut absolument laver à l’eau de javel la vaisselle utilisée par une personne atteinte!»
Pourtant, mentionne Sylvie Buteau, les gens de 50 ans et plus ont, plus fréquemment que les jeunes, assisté à la mort de personnes atteintes.
«C’est peut-être parce qu’elles ont justement vécu la période de panique ayant suivi la découverte des premiers cas de sida qu’elles se comportent ainsi. Il y a cette peur, mais il y a aussi, et de façon générale, beaucoup de méconnaissance sur les modes de transmission de la maladie», explique Maryse Laroche. Et cela malgré quelque 25 ans de campagnes de sensibilisation!
Elles ne savent pas encore quel ton et quel genre empruntera la vidéo réalisée avec les Productions Benoît Jean. Elles savent seulement qu’elle sera lancée et diffusée à partir du mois de juin, suivant la diffusion de capsules de compassion, du genre «Cesseriez-vous d’aimer votre mère atteinte de sida?»
Loin de la pitié
«On veut toucher le cœur du public. Mais on ne veut surtout pas se lancer dans une campagne de pitié. Ce n’est pas de pitié dont les personnes atteintes ont besoin. C’est d’aide, d’appui et de soutien», précise Sylvie Buteau.
En région, peut-être plus qu’ailleurs dans les grandes villes, les personnes atteintes du VIH, se privent d’utiliser les ressources d’un organisme comme BLITS, par peur de révéler leur lourd secret.
Aujourd’hui, les personnes atteintes ne sont pas nécessairement condamnées à mort. «Mais les coûteux médicaments et leurs effets secondaires provoquent des stigmates qui font aussi mal que le virus lui-même», disent les intervenantes.
Une lumière pour la vie
Durant cette Semaine nationale de sensibilisation au VIH-sida (du 24 novembre au 1er décembre), le BLITS a convié une dizaine de restaurants du Centre-du-Québec à déposer sur leurs tables des lampions
Une lumière pour la vie.
«C’est une action qui invite justement à penser aux personnes vivant avec le sida», explique Maryse Laroche.
La Semaine nationale culmine avec la Journée mondiale du sida, le 1er décembre alors qu’une messe de solidarité sera célébrée à la mémoire des disparus. Elle a lieu à 19 h 30 à l’église Sainte-Victoire.
On peut téléphoner au BLITS pour obtenir des informations sur la maladie, sur les activités et les services de l’organisme. Il a son bureau à la Place communautaire Rita-Saint-Pierre de Victoriaville et un autre point de services à Drummondville.
On peut aussi, par le site Internet, obtenir les coordonnées des intervenants pour poser des questions en toute confidentialité. Le site comporte une foule d’informations sur le VIH. Le numéro de téléphone est le 758-2662 et l’adresse Internet est le
www.blits.ca