La directrice générale, Marie-Josée Vaillant et Michel Deunov Cornellier
Cité écologique : «25 ans et on est toujours là!»
En présence de son fondateur, Michel Deunov Cornellier, qu’on n’avait pas vu depuis des lustres, la Cité écologique de Ham-Nord a voulu marquer ses 25 ans d’existence, offrant une vidéo montrant ses gens, décrivant ses entreprises, et conviant le public à diverses activités estivales.
«25 ans et on est toujours là!». Le message est sorti de la bouche de M. Cornellier, mais aussi de la directrice générale, Marie-Josée Vaillant, installée à la Cité depuis son adolescence.
«On veut tourner la page», ont-ils dit, l’un et l’autre, le fondateur évoquant ces longues années de «mauvaise presse», le «discrédit» dont la Cité écologique a fait les frais… et faillite en 1990 et l’enquête menée autour de Robert Dutil, alors qu’il résidait à la Cité et était ministre dans le cabinet de Robert Bourassa.
«Non, je ne suis pas parti avec des millions!», a souligné M. Cornellier, disant s’être terré pendant un certain temps parce que sa vie était «menacée», certains l’ayant associé à un «gourou». Outre ce court laps de temps, il a toujours résidé à la Cité avec sa fille Ariana, s’absentant maintenant pour travailler à la création d’une autre écocité au New Hampshire.
Cette «page» que l’on veut tourner a été en quelque sorte «classée» par Me Marie-Josée Duval dans ce petit ouvrage qu’elle a publié il y a quelques mois et intitulé La véritable histoire de la Cité écologique de Ham-Nord : un procès… dans la rue!.
Michel Deunov Cornellier a aussi profité de l’anniversaire pour achever son autobiographie. Il vient de la remettre à des éditeurs… attendant une réponse et espérant la publication pour cette année.
Brièvement, il a rappelé comment, lui qui avait tant détesté la «prison» qu’était l’école, a créé la Cité écologique, partant de l’expérience d’un camp d’été mené avec des jeunes. L’idée d’une «école dans un jardin» allait enthousiasmer les parents d’une quarantaine d’enfants, l’éducation devenant la pierre d’assise, la substantifique moelle de la Cité, pourrait-on dire. Et, malgré la diversité des entreprises créées au fil des ans, l’éducation continue d’être le point de ralliement des résidants de cette petite société, note la directrice générale. Le Pavillon est toujours sous la supervision de la Commission scolaire des Bois-Francs.
Bien avant que se répande le concept, la Cité écologique était déjà un écovillage (on en compte encore qu'une poignée au Québec), a rappelé M. Cornellier, accueillant 300 ou 400 personnes par année pour des activités, toutes axées sur la protection de la nature et de l’environnement. Les gens de la Cité avaient réussi à construire, pour 3 millions $, une serre pour produire des légumes biologiques, la «plus grosse entreprise écologique au monde… à quelques poils d’être cotée à la Bourse», a-t-il rappelé. Il s'est souvenu que des Marcel Dutil, Pierre Péladeau et Alain Lemaire avaient visité la Cité, y voyant un «concept gagnant». «Il a fallu 15 ans de machine à coudre pour se relever!», a ajouté le fondateur, évoquant les dures années suivant la faillite. «Il ne sert à rien de chercher des coupables. Il faut rester positif... pour la planète», a conclu M. Cornellier.
Depuis quatre ans, avec la collaboration de Tourisme Bois-Francs, la Cité commence à rouvrir ses portes au public. «On s’en fout de l’histoire!», a dit le commissaire touristique Alain Provençal, préférant s’intéresser au potentiel de mise en marché des ressources de la Cité, à en faire une destination écotouristique.
Aujourd’hui, comme à une certaine époque, la Cité peut faire travailler tous ses résidants et même recruter des travailleurs de l’extérieur pour l’une ou l’autre de ses entreprises, observe Mme Vaillant. Quelque 120 personnes vivant dans l'écovillage – 30 autres travaillent à l’implantation de l’autre écovillage au New Hampshire -, trouvent du travail dans l’une ou l’autre des entreprises : les Jardins de la Cité qui cultivent, distribuent, cuisinent, vendent et servent des produits biologiques, Kheops International, l'atelier de confection des vêtements Respecterre, l’Auberge de la Cité, Volonterre, le Centre de santé globale.
Le maire de Ham-Nord, François Marcotte, a participé au lancement des activités du 25e, disant que l’existence la Cité écologique favorisait «l’économie et l’écologie» de la Municipalité. Il a parlé du «bon climat» régnant entre les deux, énumérant ces lieux et ces liens qui amènent des citoyens à travailler ensemble à des projets communs. Un résidant de la Cité est conseiller municipal… et les enfants jouent ensemble au hockey.
Et, parlant de lien, il y en a un bien physique que l’on inaugurera le 12 juillet, en collaboration avec le Forum Citoyen de Ham-Nord. Une Marche pour la paix et l’environnement aura lieu sur ce nouveau sentier de 6,1 kilomètres reliant le Sentier des Cascades à la Cité écologique. Des discussions seraient d’ailleurs actuellement en cours entre Ham-Nord, Sainte-Hélène, Saint-Fortunat et Ham-Sud pour envisager qu’un jour, entre cinq et dix ans, estime Yvan Riopel, un sentier pédestre relie le mont Ham au mont Arthabaska, une longue randonnée de cinq jours.
D’autres activités devraient marquer le 25e de la Cité écologique, une troisième soirée Éco mieux-être le 27 juin, avec, entre autres, un expert en énergie solaire, Christian Gueymard, président de Solar Consulting Services.
Le 23 août, on pourra visiter le domaine (700 acres) de la Cité écologique pour cette activité «La Cité verte en fête». Enfin, sept représentations du spectacle des jeunes du groupe Volonterre seront offertes en août, septembre et octobre.
Plus de renseignements sur la Cité et les activités du 25e sont disponibles au cite-ecologique.com le site Internet.