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Agression sexuelle : la Couronne réclame l’emprisonnement ferme pour Jean-Marie Nault

Claude Thibodeau par Claude Thibodeau
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Article mis en ligne le 8 juin 2009 à 16:58
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Agression sexuelle : la Couronne réclame l’emprisonnement ferme pour Jean-Marie Nault
Jean-Marie Nault connaîtra son sort le 27 août.
Agression sexuelle : la Couronne réclame l’emprisonnement ferme pour Jean-Marie Nault
La représentante de la poursuite, Me Marie-Ève Patry, a demandé au juge Richard Poudrier de la Cour du Québec l’imposition d’une peine d’emprisonnement de trois ans et demi (42 mois) à Jean-Marie Nault, un homme de 56 ans, reconnu coupable d’agression sexuelle et de relations anales sur un garçonnet de 7 ans. Les crimes se sont produits à Sainte-Séraphine sur une période d’environ deux ans entre les mois d’octobre 2003 et juin 2005.
Les représentations sur la peine, lundi, ont permis d’entendre la mère de la victime, rappelant dans son témoignage, les séquelles subies par son fils.

«Il a dû consulter un psychologue et se soumettre à une médication toujours de plus en plus forte, a-t-elle dit. Il en prend encore des médicaments pour dormir. Il éprouve des difficultés et fait des cauchemars.»

La mère a fait état aussi de la perte de concentration de son fils, de la chute des ses résultats scolaires. «Il avait un talent fou et obtenait de bons résultats. Tout a chuté avec les événements, a-t-elle raconté, son comportement a changé, faisant preuve d’agressivité, mais aussi d’une tristesse énorme.»

Son garçon a fait des progrès depuis, a-t-elle observé. «Depuis le procès, il va beaucoup mieux, mais il n’est pas comme avant. Il est en mesure de réussir, mais il n’a pas les notes habituelles. Ça lui a fait du bien d’en parler, et il est content, surtout depuis qu’il sait que l’accusé a été déclaré coupable.»

La mère n’a pu réprimer quelques larmes, à un moment. «J’ai l’impression qu’on m’a volé mon garçon, a-t-elle dit, à trois reprises, comme l’a noté le juge Poudrier. Je suis consciente qu’aucune sentence ne sera assez forte pour tout le mal qu’il a fait à toute la famille.»
Une peine d’emprisonnement ou une peine dans la collectivité
En réclamant une peine de 48 mois d’emprisonnement, la représentante du ministère public, Me Marie-Ève Patry a exposé les facteurs aggravants tout en faisant remarquer que Nault ne présentait, selon elle, qu’un seul facteur atténuant, celui de n’avoir aucun antécédent judiciaire.
«Les infractions commises sont passibles de 10 ans d’emprisonnement, a-t-elle souligné. Et les relations anales se situent dans le haut de l’échelle de gravité.»

Me Patry a jugé également le rapport présentenciel «assez négatif». «M. Nault n’a pas fait de cheminement, il nie toute responsabilité et dit qu’il serait victime d’un complot. Et il répète encore, dans le rapport sexologique du sexologue Rock Bouchard, qu’il se croit victime d’une punition», a-t-elle exposé.

Les gestes posés sont d’une telle gravité que le législateur, a-t-elle rappelé, a modifié la loi pour des crimes envers les enfants pour ne plus permettre les peines dans la collectivité. «Cela démontre la gravité des gestes, a plaidé Me Patry. Les critères de dénonciation et de dissuasion doivent primer. J’ai fait le tour de la jurisprudence en semblable matière et les peines imposées se situent en moyenne entre trois et quatre ans.»

En défense, l’avocat Me Guy Boisvert a demandé une peine à purger dans la collectivité. «Avec des conditions sévères et sérieuses, une telle peine peut responsabiliser Monsieur, dénoncer les gestes et dissuader quiconque d’en commettre. Mon client a démontré sa capacité à respecter les conditions», a-t-il fait remarquer.

Me Boisvert, en soulevant le rapport sexologique, a fait valoir que les gestes posés étaient «très circonstanciels», attribuables à une situation pénible, à savoir une rupture amoureuse. «Et comme l’homme ne veut plus s’attacher à une femme pour éviter de souffrir, son risque de récidive est faible si, comme le dit le rapport, il n’est pas confronté à une perte socioaffective», a-t-il indiqué.

Selon son avocat, Jean-Marie Nault, par certains gestes, aurait éprouvé des remords. «Il a tenté à deux reprises de s’enlever la vie. Cela montre des remords et une certaine forme de regrets», a mentionné Me Boisvert, précisant que la Cour n’était pas là pour venger.

«Mais on est là pour punir», a répliqué aussitôt le juge Poudrier qui voulait faire connaître sa sentence le 15 juillet à Victoriaville. Mais en raison de l’absence du criminaliste Boisvert qui se trouvera en dehors du pays, le magistrat a accepté de rendre sa peine le 27 août…à Trois-Rivières.

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