Monique Verville s’oppose à la démolition de la maison patrimoniale.
Pour et contre la démolition d’une maison patrimoniale
Passionnée du patrimoine bâti, Monique Verville, une résidante de Warwick avoue sa déception ressentie lorsqu’elle a appris, en lisant La Nouvelle Union, le projet de la Ville de Warwick d’acquérir la vieille maison Marchesseault du 2, rue de l’Hôtel-de-Ville dans l’intention de la démolir pour améliorer l’intersection de la rue Saint-Louis. La citoyenne, lundi soir, a fait part de ses commentaires aux élus, leur demandant de ne pas la démolir, leur suggérant de la déménager ou de la reculer.
Le projet de la Ville, a-t-elle dit, a ravivé une vieille blessure, celle de la démolition, à l’époque, d’une autre résidence patrimoniale, la maison Baril. «Je n’ai pas parlé à ce moment et cela m’est resté sur la conscience», a-t-elle souligné.
Impliquée dans la Société d’histoire, Mme Verville a rappelé l’héritage des loyalistes dans le style de cette maison. «Cette maison nous caractérise, elle apporte une chaleur, un caractère distinct. Warwick, une ville industrielle, est aussi une ville de charme. Nous sommes charmants, c’est notre avenir. Pensez-y, c’est le visage de notre ville», a-t-elle évoqué, notant que ces maisons de briques, encore debout, sont solides et peuvent le demeurer encore.
«La maison a une forme particulière, une forme triangulaire, a-t-elle signalé aussi. Comme un bateau qui avance.»
Le maire Claude Desrochers reconnaît que cette maison a de l’histoire, mais il avoue ne pas la voir avec les mêmes yeux que la citoyenne. «Je ne la trouve pas si belle, a-t-il commenté. Et elle est construite dans le chemin. Ce n’est pas parce qu’une maison est vieille qu’elle est belle.»
Le maire Desrochers s’est défendu toutefois de vouloir démolir par plaisir. «Nous sommes sensibles au patrimoine bâti», a-t-il fait valoir, rappelant les investissements réalisés dans l’ancienne gare devenue la Maison de la culture et ceux consentis pour la rénovation des résidences du Vieux-Warwick.
À la suggestion de la déménager, Claude Desrochers a émis des réserves quant à la solidité de la maison. «Je ne suis pas certain qu’elle puisse résister à un déménagement», a-t-il noté.
Une autre voix, celle d’une autre dame, s’est élevée en faveur, cette fois, de la démolition. «A-t-on de l’argent à gaspiller pour aimer de vieilles choses», s’est exprimé une citoyenne.
Cette dernière a fait remarquer les problèmes de circulation à l’intersection qu’entraîne la circulation de véhicules lourds, obligeant les automobilistes à reculer.
La démolition de la maison, a rappelé le maire, permettrait d’améliorer la circulation à l’intersection. «Et on récupérerait un certain espace vert», a-t-il signalé.
La Ville, lundi soir, a bel et bien acquis la résidence appartenant à Patricia Ruel acceptant sa promesse de vente au coût de 90 000 $ basé sur l’évaluation municipale et les pertes de revenus, dont les frais de déménagement. La résidence devra être libérée à la fin de juillet.
Le conseil municipal ne décidera cependant de l’avenir de la résidence que le mois prochain. «Par respect pour votre démarche, a mentionné le maire Desrochers à Mme Verville, nous y réfléchirons de nouveau. L’engagement que je prends, c’est que nous allons y penser encore.»