Serge Fortier
Pénurie de personnel soignant : «la pire année!»
Malgré l’embauche de 39 nouvelles infirmières au cours des derniers mois, le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) d’Arthabaska-et-de-l’Érable s’apprête à vivre «la pire année!» quant au nombre de départs. «Quarante-deux (42) partent cette année et la cohorte de finissantes du Cégep ne se compose que de 13 ou de 14», a souligné le directeur des ressources humaines, Serge Fortier, aux membres du conseil d’administration de l’établissement.
L’été s’annonce donc «torride» dans les couloirs de l’établissement.
Plusieurs mesures ont été mises en place pour contrer la pénurie de personnel à l’approche de la période des vacances et Serge Fortier souhaite ardemment que l’achalandage à l’hôpital ne l’oblige pas à rouvrir l'unité de débordement.
Des horaires de 12 heures à l’urgence, aux soins intensifs et au centre naissance-famille, des journées de 16 heures les fins de semaine à l’urgence seront, entre autres, offerts aux infirmières.
Serge Fortier a également annoncé que l’établissement continuerait de recourir aux services d’agences privées, réservant d’ailleurs à l’avance des infirmières pour de plus longues périodes de façon à combler tous les quarts de travail.
Non, a-t-il dit, on ne peut pas nécessairement miser sur cette dizaine d’infirmières retraitées ayant manifesté leur intérêt à continuer de travailler occasionnellement. «Elles n’ont pas d’obligations et c’est aussi l’été pour elles!»
On instituera également un programme d’externat en soins infirmiers pour des étudiantes de deuxième année, misant sur le support qu’elles pourraient fournir aux équipes régulières, étant, bien sûr, encadrées par du personnel expérimenté.
Prévoyant de dures années, on a déjà commencé à sonder les cœurs… et les reins des infirmières de plus de 54 ans, afin de connaître leur projet de retraite et de s’enquérir des conditions qui pourraient les inciter à rester encore un peu.
Les mêmes conditions que l’an dernier seront offertes aux infirmières auxiliaires, mais on retirera aux préposés aux bénéficiaires le plein emploi comme on l'avait fait à l’été 2008. «C’est qu’on a manqué de personnel les fins de semaine. Le nouveau personnel (17 embauches cette année) sera tenu de travailler toutes les fins de semaine durant trois mois», a annoncé Serge Fortier.
«Ce pic de retraites survient deux ans avant ce qu’on avait prévu», a souligné le directeur général, Claude Charland.
La pénurie de personnel soignant se répercute par ailleurs sur le budget d’un peu plus de 130 millions $ que vient d’adopter l’établissement.
Un montant de 1 million $ a été provisionné pour les heures supplémentaires et une autre somme de 1,7 million $ a été prévue pour l’«achat» de main-d’œuvre externe (provenant d’agences privées).
L’établissement a présenté un budget équilibré, des revenus de 134 millions $, des dépenses de 137 millions $, l’écart, autorisé par l’Agence régionale, étant surtout attribuable à l’ancien hôpital Saint-Julien, figurant toujours dans les «livres» comptables du CSSS.