Des membres de l’Association réunis pour un dîner, jeudi.
Nouveaux locaux pour l’Association des traumatisés cranio-cérébraux Mauricie/Centre-du-Québec
Occupant, depuis sa création en 1997, des espaces au sous-sol du centre InterVal, l’Association des traumatisés cranio-cérébraux Mauricie/Centre-du-Québec a emménagé, le 4 mai, dans de nouveaux locaux de l’imprimerie Impar Litho au 370, rue Girouard à Victoriaville.
«On manquait d’espace, d’où la nécessité du déménagement», a expliqué le psychoéducateur Serge Leclerc, coordonnateur adjoint de l’Association depuis le mois d’avril.
Avec l’éducatrice spécialisée Valérie Pellerin, le coordonnateur adjoint voit au bon déroulement de l’Association qui reçoit sa clientèle du lundi au vendredi entre 9 h et 16 h. «Ici, c’est un lieu de rassemblement, un peu comme une Maison des jeunes, mais pour les adultes, pour les traumatisés cranio-cérébraux et leurs proches. Ils savent qu’ils peuvent venir échanger, partager leur vécu. Tout ce qu’on demande, c’est la tolérance et le respect de soi et des autres. C’est la base de notre code de vie», a expliqué Serge Leclerc, jeudi midi, autour de la table lors d’un dîner communautaire.
L’Association a pour mission de regrouper, défendre et promouvoir les intérêts de ses membres et de leurs proches. Elle favorise le maintien et l’amélioration des conditions de vie d’une personne victime d’un traumatisme crânien.
Un traumatisme cranio-cérébral (un TCC) est essentiellement une blessure au cerveau endommageant les cellules cérébrales et leurs prolongements. Les lésions peuvent survenir à la suite d’un accident de la route, d’un accident de travail, de la pratique d’un sport, d’une chute ou d’une agression.
Jocelyne Grenier, victime de deux traumatismes crâniens, a sa façon bien à elle de décrire un TCC qui devient un terminus du cerveau coincé ou encore, une plus belle image, une tête chercheuse continuelle.
Malgré les traumatismes, tout est possible, témoigne Mme Grenier, auteure de deux livres. «Au moins, l’important, c’est d’essayer. On n’a pas de raison de s’asseoir. La vie est belle quand même», a-t-elle confié.
Claude, un menuisier victime d’une chute de quatre étages, représente un bel exemple. Confronté à de graves séquelles, il a pu, tout de même, construire une maison avec un peu d’aide.
L’Association accompagne sa quarantaine de membres à Victoriaville, organisant différentes activités (quilles, peinture sur bois, hockey cossom, tricot), des sorties, au restaurant notamment, et de plus longs voyages aux deux ans. «On leur procure aussi du travail à raison de trois jours par semaine», a indiqué Serge Leclerc.
L’hiver dernier, certains membres ont travaillé pendant deux mois à la réception de la marchandise à la Coopsco au cégep de Victoriaville. «On voit la richesse qu’ils ont, a observé le coordonnateur adjoint. Au-delà des traumatismes, on voit bien le courage que ça prend pour leurs activités quotidiennes.»
L’Association prononce aussi des conférences dans les écoles pour démystifier les TCC, pour dire la réalité des traumatisés «parce que personne n’est à l’abri», a signalé Serge Leclerc.
À l’occasion de la Semaine québécoise des personnes traumatisées cranio-cérébrales du 17 au 23 mai, la population pourra apprécier une quarantaine d’œuvres réalisées par une dizaine de personnes, le jeudi 21 mai de 13 h à 20 h, à la bibliothèque Charles-Édouard-Mailhot de Victoriaville. Un livre écrit par un parent sur le vécu des proches d’une victime sera lancé à cette occasion.