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Des gens d’affaires dotés d’une conscience environnementale

Deux Victoriavillois dans une entreprise en pleine croissance

Claude Thibodeau par Claude Thibodeau
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Article mis en ligne le 15 mai 2009 à 9:10
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Des gens d’affaires dotés d’une conscience environnementale
Le président Jean-François Bernier et le directeur du secteur recherche et développement Hans Drouin, tous deux originaires de Victoriaville
Des gens d’affaires dotés d’une conscience environnementale
Deux Victoriavillois dans une entreprise en pleine croissance
Jean-François Bernier n’a que 32 ans, mais il présente un impressionnant parcours. Détenteur d’un baccalauréat en ingénierie et d’une maîtrise en ingénierie financière, le Victoriavillois d’origine a travaillé pour Bombardier en Allemagne et aux États-Unis. «Mais j’ai toujours voulu me lancer en affaires en le faisant de façon responsable en développant des produits auxquels je crois», confie-t-il.
Jean-François acquiert donc, en janvier 2006, l’entreprise Bio Spectra en compagnie de Benoît Lord. Se joindra à l’équipe le Victoriavillois Hans Drouin à titre de directeur de la recherche et du développement.

Bio Spectra existait depuis une dizaine d’années et ne se concentrait que sur un seul produit, un purificateur d’air naturel. «C’est un cas de relève d’entreprise, note le président Bernier. Elle constituait une plateforme intéressante pour démarrer dans la même veine.»

Implantée à Montréal et comptant 15 employés, Bio Spectra a développé depuis 2006 une quinzaine de produits et a connu une forte croissance. «Notre chiffre d’affaires a été multiplié par 10», observe Jean-François Bernier, précisant que ses produits se retrouvaient dans quelque 3 000 points de vente au Canada, dans 500 points de chute aux États-Unis et depuis un an environ, dans une centaine d’autres au Japon.

Une conscience environnementale anime les jeunes gens d’affaires. «Notre mission, c’est le développement d’alternatives écologiques aux biens courants de consommation, explique le président. Nous développons des produits écologiques aussi performants que les marques existantes, à des prix raisonnables et qu’on retrouve là où les gens magasinent. En fait, pour un produit existant, nous voulons offrir une alternative.»

En proposant, comme il le dit, des alternatives, Bio Spectra souhaite contribuer, favoriser une consommation responsable.

«C’est ce qui est venu me chercher quand Jean-François m’a contacté. J’avais déjà songé à quelque chose du genre. Je me disais qu’il devait y avoir une meilleure manière de consommer», souligne le directeur de recherche et développement, Hans Drouin, un Victoriavillois d’origine habitant Tingwick.

Son rôle consiste à créer, à développer la ligne de produits. «Cela rejoint mes valeurs. C’est non seulement un accomplissement personnel, mais aussi un accomplissement social», souligne le directeur, avouant que l’entreprise a dû vaincre un certain préjugé au sujet de l’inefficacité des produits écologiques.

En élaborant un produit, le jeune scientifique, détenteur d’un baccalauréat et d’une maîtrise en génie chimique et biologique, doit d’abord comprendre comment fonctionne le produit. «Il faut ensuite trouver les ingrédients biodégradables et de source renouvelable, varier les concentrations, effectuer des tests selon nos techniques et évaluer l’efficacité», dit-il.

Pas toujours facile de convaincre les consommateurs habitués aux solutions miracles. «Mais il est possible d’opter pour une solution moins agressive que l’eau de javel pour laver un vêtement, par exemple. On peut proposer un produit aussi efficace que les produits conventionnels. C’est fini l’époque où on consomme sans se poser de questions», observe Hans Drouin, invité régulièrement à prononcer des conférences dans les écoles.

Non, il ne fait pas la promotion de ses produits, il n’en mentionne même pas la marque (Attitude). «Je sensibilise à la consommation responsable, soulignant qu’il est possible de combler nos besoins en consommant mieux et moins», dit-il.

Hans Drouin constate que les jeunes, «à qui appartient la planète», font partie d’une génération de plus en plus sensibilisée. «Il est très agréable, très inspirant de voir les enfants contribuer, note-t-il. La relève existe, c’est très encourageant.»

Les efforts de la jeune équipe ont porté fruit, l’entreprise obtenant, l’an dernier, la certification environnementale ÉcoLogo, la plus respectée en Amérique du Nord, soutient Jean-François Bernier.

De plus, les produits Attitude, nettoyants de surface, produits pour la lessive et la vaisselle, ont récemment été certifiés écologique et carbone neutre. L’entreprise, pour neutraliser ses incontournables émissions restantes de gaz à effet de serre, achètera des crédits forestiers destinés à financer des activités de reboisement.

Autre honneur, le président Bernier a été honoré au concours Arista de la Jeune chambre de commerce de Montréal étant sacré jeune entrepreneur du Québec dans la catégorie «Petite entreprise».

«Notre force, c’est l’équipe qui permet de mener des projets à terme et qui n’a pas peur des défis. Chacun accepte et remplit bien son rôle», fait remarquer Jean-François Bernier.

Les projets ne manqueront pas pour les prochaines années. «Nous aurons beaucoup de pain sur la place. C’est juste le début, je pense», affirme-t-il.

«Les défis sont intéressants, renchérit Hans Drouin. C’est intéressant de voir une entreprise québécoise susciter un intérêt international, c’est stimulant.»

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