Assis, le papa de Rosie-Anne, Dominique Cantin (au centre), entouré de Dominic Fecteau et de Patrick Lussier, deux employés bien impliqués dans la cause. Debout, le directeur aux achats, Éric Janelle, la contrôleure Sandra Levasseur et le président Steve Poudrier.
Têtes rasées : un élan de solidarité chez Poudrier
Brutal début d’année pour Dominique Cantin. Le 15 janvier, le diagnostic tombe : sa fillette, qui aura 3 ans le 16 avril, a la leucémie. «Un coup de poing en pleine figure ne ferait pas aussi mal. C’est un choc», commente-t-il.
Pour soutenir sa fille Rosie-Anne, Dominique, avec l’approbation de son enfant, comme le lui a conseillé le personnel médical traitant, décide de se raser le crâne.
Quand ses collègues de travail à l’entreprise Poudrier de Victoriaville l’ont vu, les cheveux en moins, ils ont instantanément voulu imiter son geste.
«Mais on s’est dit, tant qu’à le faire, aussi bien le faire de bonne façon. J’ai alors pris des informations sur Internet, puis j’ai contacté Leucan pour organiser, ici même, un défi têtes rasées», explique Sandra Levasseur, contrôleure comptable.
Ouvert à toute la population, ce défi aura lieu le lundi 20 avril entre 14 h et 18 h. «Nous espérons atteindre 100 têtes rasées et recueillir un montant de 5 000 $. Les intéressés doivent s’inscrire à l’avance en téléphonant au 819 758-6223», souligne la responsable du groupe.
L’équipe de coiffeuses de La Kabosh a accepté de participer à l’activité. «Et elles sont très motivées», affirme Mme Levasseur.
Au moment de l’entrevue, mardi matin, on comptait déjà 15 inscriptions alors qu’on venait à peine de lancer le défi.
Les quatre actionnaires de l’entreprise, Stéphane Poudrier, Pierre Poudrier, Marc-Aurèle Cliche et le président Steve Poudrier, prêcheront par l’exemple en passant sous le rasoir.
«Ce qui me motive, ce sont les enfants, déclare, tout de go, Steve Poudrier. En plus, quand ça arrive dans ta cour, non seulement à un employé, mais à un «chum», ça nous touche davantage. Ça frappe fort quand c’est l’enfant d’un employé.»
La solidarité n’a pas tardé à se manifester chez Poudrier. «Ici, c’est une belle gang, une famille. On va tous vivre l’aventure et si ça peut permettre de ramasser de l’argent pour Leucan, bien tant mieux», précise le président.
Dès que la maladie de Rosie-Anne a été connue, les employés de Poudrier ont dès lors manifesté leur générosité. «On a fait le tour pour recueillir un peu d’argent, question de donner un coup de main et contribuer aux frais de déplacements», note Steve Poudrier.
Dominique Cantin apprécie les gestes posés. «Merci à l’équipe, nous sommes tricotés serrés, ici. Une belle gang», dit-il.
Sa fille ayant été hospitalisée pendant un mois et demi à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal où elle reçoit ses traitements de chimiothérapie à raison d’une fois par semaine, Dominique Cantin est bien placé pour constater l’action de Leucan. «Les gens donnent, mais ils ne savent pas ce que ça rapporte, tant qu’ils ne le voient pas. C’est bien organisé. La bonne humeur règne. Dans une telle ambiance, les enfants nous donnent du courage, des forces. Comme par magie, en entrant, on oublie nos problèmes et on vit pour nos enfants», soutient-il.
À la mi-mai, la fillette pourra recevoir ses traitements à Victoriaville. Les parents demeurent optimistes, d’autant plus que les chances de guérison dépassent les 85%.
La petite, elle, sauf lorsque les traitements l’affaiblissent un peu, n’a pas l’air malade. «Elle saute partout dans la maison. On lui a expliqué qu’elle avait des microbes dans son sang et qu’elle devait leur dire de s’en aller», souligne le papa.