L'extinction de la classe moyenne...
Lors d'un interview télévisé, l'ex-ministre Bernard Landry annonçait fièrement que nous devrions nous réjouir puisqu'ici au Québec seulement 40% de la population contribuait à l'impôt provincial, car ceux-ci ne gagnaient pas assez pour y contribuer.
Laissez-moi vous dire que j'en suis restée bouche bée!
Ma première réaction fut : «Pourquoi devrais-je me réjouir de constater que 40% des nos compatriotes sont incapables de cotiser à l'impôt?» Puis, je me suis dit : «Qui sont ces 60% de contribuables?»
En excluant tous les gens à la retraite qui ne touchaient que leur maigre pension, tous les jeunes qui ne n'ont pas l'âge de travailler, toutes ces mères de famille qui demeurent à la maison pour élever leurs progénitures, toutes les personnes handicapées qui n'ont pas accès au marché du travail et toutes les multinationales, qui se comptent par dizaines, qui n'ont pas versé un sou d'impôt depuis plus d'une décennie.
J'en suis venue au constat suivant : notre classe moyenne est à l'agonie et en voie de disparition. Seul un changement législatif au sujet des abris fiscaux pourrait la sauver.
Inquiète, je me suis demandée : «Si cette classe disparaît, qui paieront nos impôts?» Chose certaine, ce ne sera sûrement pas les mieux nantis et nos multinationales qui, par acquit de conscience, viendront combler ce vide, ce manque à gagner.
Moi, je parie qu'ils continueront en toute légalité, avec l'aide de leur conseiller financier, de soustraire à l'impôt et au ministère du Revenu des sommes de plus en plus importantes.
Bref, c'est le nivellement vers le bas des revenus de nos travailleurs petits et moyens qui finira par tuer notre classe moyenne, qui est sans contredit la vache à lait de nos dirigeants politiques. Il faut dire qu'à petits salaires petites cotisations. Ce manque à gagner au niveau des cotisations à l'impôt sera clairement insuffisant pour rencontrer les besoins grandissants d'une population vieillissante et malade.
L'extinction de cette classe affaiblira grandement notre société. Faute de moyens, nos organismes gouvernementaux et communautaires devront sabrer partiellement ou complètement dans les services offerts à la population et dans plusieurs programmes sociaux tels la santé, l'éducation, les programmes d'intégration à l'emploi et la CSST, etc. Ce qui aura des répercussions très néfastes sur notre capacité de produire et de concurrencer mondialement.
Ce qui générera un appauvrissement généralisé de notre société.
Et vous qu'en pensez-vous?
Michelle Martineau
Victoriaville
Michelle Martineau
Commentaire mis en ligne le 6 mai 2009J'ai bien aimé votre commentaire. Il est vrai qu'il faut être prudent et éviter de surtaxer les plus riche; cependant, qu'arrivera-t-il si on venait à anéantir notre classe moyenne?
Pour moi, il n'y que deux manière de faire disparaître cette classe moyenne soit les ajouter à la classe de mieux nantis soit les répartir dans la classe des pauvres.
Comme il n'y que très peu de chance qu'une majorité de gens appartenant à la classe moyenne puisse accèder à la classe mieux nantis. Comment alors nos gouvernements répartiront nos impôts à payer?
Je ne dis pas qu'il nous faut dépouiller les mieux nantis mais que l'on devrait mieux répartir équitablement les impôts à payer...Beaucoup de nos multinationnales n'ont pas versé un sous d'impôt depuis plusieurs décennie et c'est là que le bas blesse...