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Encore dans nos sacoches?

Article mis en ligne le 13 mars 2009 à 9:28
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Encore dans nos sacoches?
En 2004, le gouvernement libéral aurait vraisemblablement changé le mandat de la Caisse de dépôt pour lui demander plus de rendements. Ainsi, plus les gestionnaires ont pris des risques, plus les bonis ont été alléchants. En voici quelques résultats publiés dans le reportage de Robert Plouffe : «En 2007, le président d'alors, Henri-Paul Rousseau, en plus de son salaire de base de près d'un demi-million de dollars, s'est retrouvé, en additionnant les bonis et autre prime de rendement, avec un salaire de près de 1,8 million de dollars. Le premier vice-président Immobilier, Fernand Perreault, a ajouté plus d'un million de dollars à son salaire de base de 395 000 $. Le chef de la Direction du Placement, Richard Guay, a lui aussi presque triplé sa rémunération de base avec plus d'un million de dollars dans ses poches».

De plus, en février 2007, selon un article sur le site de canoë - argent , M. Charest qui faisait alors campagne à Québec en compagnie des candidats de la capitale et des ministres poids lourds, dont Monique Jérôme-Forget, ne manquait pas d’associer son gouvernement à la Caisse de dépôt en se donnant une bonne part du mérite pour le haut rendement obtenu par la Caisse de dépôt et placement du Québec en 2006. En conférence de presse, M. Charest avait même déclaré que le gouvernement libéral «a fait le bon choix» en 2004 en réformant la gouvernance des sociétés d'État… Désormais, les gestionnaires du «bas de laine» des Québécois consacrent leurs efforts «sur le rendement», et ne sont plus subordonnés à des impératifs de développement économique, s'était félicité le chef libéral. Aujourd’hui, quand est-il? Les résultats sont désastreux et devant ces faits, le premier ministre a fait valoir «On doit s'interroger sur les décisions prises. La Caisse de dépôt demeure une institution importante pour le Québec, ce n'est pas une raison pour faire de la politique sur le dos de la Caisse». Bizarre qu’en 2007 cela semblait être le contraire?

Dans la même matinée, alors que monsieur Charest nous tenait ce discours, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget disait qu'elle était très déçue des résultats et que «C'était écrit dans le ciel que ces résultats seraient négatifs». Pourtant, il n’y a pas si longtemps, ces mêmes personnes nous assuraient que tout allait très très bien… les finances c’est parfait, pas de déficit en vue, l'équilibre budgétaire n'est pas menacé, nous ne devions même pas être touchés par la récession ou si peu, c’est renversant…Aujourd’hui, qu’allons nous entendre? Que «C'était écrit dans le ciel» ou bien les écrits ont changé, ou peut-être que l’on a changé de sacoche… pourquoi pas?

Ce qui est choquant et qui continue de choquer c’est de voir ce gouvernement refuser d’endosser toute responsabilité et de changer de discours comme on change de pantalon. Cela après avoir dénigré ou ridiculisé les cris d'alarme du Parti québécois sur ces questions en campagne électorale…!

Maintenant, qu’en sera-t-il des augmentations de tarifs qui nous seront imposées par les sociétés d’État afin de combler les pertes? Durant la campagne électorale, le parti libéral nous a rassurés «pas de hausses de tarifs… ». Après coup, une étude obtenue par Radio-Canada démontre que le gouvernement Charest ne pouvait pas ignorer que des hausses de tarif seraient presque inévitables, compte tenu des pertes records anticipées de la Caisse de dépôt.

Et toujours selon le reportage de Robert Plouffe du 16 février dernier, «le premier ministre, Jean Charest, refuserait de geler les tarifs pour la prochaine année pour donner un peu de répit aux contribuables. Interrogé sur des hausses possibles de tarifs alors que le Québec fonce vers les déficits, Jean Charest a répété que le gouvernement laisse toute la marge de manœuvre aux organismes responsables». Encore dans nos sacoches…? Et ce changement de discours, cela vous dit quelque chose?

Pour terminer, il est à souhaiter que les électrices et les électeurs sachent contredire lors d’une prochaine élection les quelques médias qui actuellement prédisent que «Dans 4 ans, ce sera oublié»! La mémoire est une faculté qui oublie, mais à ce point…

Catherine Coutel

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