Système de la santé, des solutions possibles à envisager
Plusieurs personnes pensent que l'ajout de sommes supplémentaires dans notre réseau de la santé permettrait de résoudre tous les problèmes de fonctionnement. Contrairement à eux, je n'y crois pas vraiment.
Selon moi, l'apport d'argent neuf pourrait être efficace pour autant que nous procédions à une analyse systémique de ce système afin de nous assurer de bien cerner les problèmes organisationnels et de nous assurer que ces sommes soient dépensées aux endroits stratégiques.
Tout d'abord, avant de couper dans le personnel de première ligne : les préposés à l'entretien ménager, les préposés aux bénéficiaires, les infirmiers et infirmières, secrétaires, etc, nous devons vérifier s'il n'y a pas trop de postes hiérarchiques non-nécessaires au bon fonctionnement. Abolir ceux qui ne le sont pas et en créer d'autres plus pertinents. Pour ce faire, je propose trois méthodes : la rétribution, le reclassement ou la mise à la retraite anticipée.
Résoudre le problème des horaires m'apparaît aussi crucial car selon les statistiques émises par le ministère des Services sociaux et de la santé : on aurait payé l'an dernier autant d'heures supplémentaires que d'heures travaillées.
Bref, les sommes recueillies à la suite de la fermeture de ces postes et par la réduction massive des heures supplémentaires payées pourraient servir à améliorer les horaires de travail, réduire les horaires atypiques, et permettent l'embauche du personnel manquant.
Il m'apparaît donc évident et logique que nous pourrions réduire considérablement le nombre d'heures supplémentaires payées en convertissant à temps plein : le maximum d'heures travaillées sur appels, les temps partiels et les horaires coupés. Ces sommes économisées permettraient de financer, en grande partie, la création des nouveaux postes et l'embauche du personnel manquant.
D'après moi, l'utilisation des horaires atypiques devraient être réduite à son minimum et de manière ponctuelle. Je propose donc aux gestionnaires des Services sociaux et de la santé d'aller vérifier du côté de Sherbrooke, car le CHUS est en processus d'implanter ce système.
Pénurie de main-d'œuvre? Je n'y crois pas vraiment. Ce sont plutôt les conditions de travail rattachées à nos offres d'emplois qui nuisent au recrutement et qui ne permettent de retenir la main-d'oeuvre. Refuser un travail de bureau à une candidate parce qu'elle ne veut pas travailler de nuit. Ce n'est pas fort! Selon moi, la rémunération dans ce domaine est très acceptable; c'est l'organisation du travail qui fait défaut.
Bref, travailler sur appels, sur des quarts, sur un temps partiel non-défini, sur des horaires coupés, avoir à parcourir des distances plus ou moins longues sans obtenir en contrepartie l'opportunité d'occuper un poste permanent à moyen terme ne sont pas des conditions acceptables.
Avant de vous quitter, permettez-moi de soulever un autre point qui me tient à cœur. Celui de la centralisation du recrutement qui nuit beaucoup au chercheur d'emploi car pour être accepté il doit satisfaire tous les critères ci-haut mentionnés, sans exception. S'il ne parvient pas, peu importe la raison, il verra sa candidature rejetée automatiquement par les 17 établissements de la région. Ce qui n'aide en rien au recrutement de la main-d'œuvre.
Selon moi, on devrait permettre à une personne qu'y réside dans un secteur donné d'y travailler. Vous qu'en pensez-vous?
En conclusion, je crois que nous devrions remettre de l'argent dans notre système de la santé, mais nous devons préalablement faire le ménage qui s'impose.
Michelle Martineau
Victoriaville