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Suicide : un éveil collectif est souhaité

Article mis en ligne le 30 janvier 2009 à 18:25
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Suicide : un éveil collectif est souhaité
À titre de ministre responsable des Aînés, mais aussi tout simplement en tant qu’être humain, je suis profondément interpellée par le suicide en général, mais en particulier chez les personnes aînées, comme une majorité d’entre vous sûrement. Dernièrement, j’ai reçu une lettre très touchante. Une personne aînée racontait le suicide de son ami.

J’ai relu cette lettre à plusieurs reprises. Un grand sentiment d’impuissance m’habitait. Les questions demeuraient toujours les mêmes. Comment un être humain peut-il en arriver à poser un tel geste? Qu’est-ce que la société québécoise aurait pu faire pour aider cette personne? Malheureusement, la question du suicide chez les aînés demeure très souvent, trop souvent, sans réponse.

Toutefois, ces mêmes questions ont le mérite de mettre sur la place publique un sujet tabou comme le suicide des aînés. Elles nous font prendre conscience collectivement de la triste réalité vécue par certaines personnes aînées.

De 1977 à 1999, le taux de décès par suicide au Québec a augmenté de 85,4% chez les personnes âgées de 65 ans et plus, passant de 9,9% à 18,3% par 100 000 habitants. Soixante-quinze pour cent des personnes âgées mortes par suicide avaient montré un comportement suicidaire au cours des semaines précédant leur geste. Ces chiffres proviennent d’une étude menée par le chercheur Michel Préville, en collaboration avec des chercheurs du Centre de recherche sur le vieillissement de l’Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke et de l’Université de Montréal.

Je souhaite ardemment que la présente Semaine de prévention du suicide permette un éveil collectif par rapport à ce phénomène grandissant dans une société vieillissante comme le Québec. Pour ma part, je prends l’engagement, envers tous les aînés du Québec, de remplir le mandat que m’a confié le premier ministre, soit l’amélioration des conditions de vie des personnes aînées.

Depuis 2007, 2,2 milliards de dollars ont été engagés afin que, dès maintenant et au cours des prochaines années, différentes mesures soient mises en place pour faire du Québec une société amie de ses aînés. À titre d’exemple, l’automne dernier, j’ai signé une entente de 400 000 $ sur quatre ans avec l’Association québécoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic (AQRP) pour l’expérimentation d’un programme de prévention du suicide chez les personnes âgées et les baby-boomers.

Ce programme vise notamment à implanter des réseaux de sentinelles, entre autres, dans le secteur des conseillers en finances personnelles et chez les intervenants en ressources humaines du secteur public. Il permettra de dépister les personnes à risque et de les diriger vers des ressources d’aide. Aussi, en août dernier, j’annonçais un soutien de 300 000 $ à la Fondation des maladies mentales pour un tout nouveau programme de prévention de la dépression chez les aînés et les proches aidants.

En dépit des mesures gouvernementales possibles, il reste que les solidarités familiales et une place réelle pour les aînés au sein de la société québécoise demeureront toujours les meilleurs remèdes à la solitude et à l’indifférence qui poussent très souvent nos aînés au suicide.

En terminant, j’aimerais vous dire, à vous qui avez la chance d’avoir votre mère ou votre père encore en vie, de profiter de cette Semaine de prévention du suicide, et des semaines à venir, pour leur rendre visite ou encore les appeler afin de leur dire tout simplement combien vous les aimez et combien ils comptent dans vos vies!

Marguerite Blais

Ministre responsable des Aînés

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Michelle Martineau

Commentaire mis en ligne le 2 février 2009
Tout comme vous, quand j'attends parler de suicide, peu importe l'âge des gens, cela m'interpelle au plus haut point. Je suis alors habitée d'un grand sentiment d’impuissance.

Cependant, contrairement à vous, je peux arriver à comprendre pourquoi certaines gens pensent au suicide et passent à l'action.

Pour moi, la réponse est claire. À tort ou à raison, ces personnes se sentent délaissées, mises au rencart par la Société. Plusieurs raisons peuvent expliquer cela, en voici quelques unes :


On peut facilement se sentir rejetée lorsqu'on ne trouve pas sa place sur le marché de l'emploi à cause de notre âge, notre condition physique, l'absence de réseaux sociaux, notre manque de formation ou d'expérience de travail.

Lorsqu'on dépend des autres pour sa propre survie. En effet, c'est pas toujours facile de justifier que l'on demeure à la maison quand on a plus d'enfants à s'occuper. L'image que l'on nous renvoit de nous n'est pas toujours belle à voir.

La maladie, les douleurs physiques et psychologiques chroniques, l'absence de soins médicaux,l'isolement social et le manque de ressources financières mènent malheureusement au désespoir et au suicide.

Pas surprenant de constater l'augmentation du taux de suicide lorsque l'on vit à l'ère de l'individualisme. Quand on est constamment jugé sur ses performances et quand les gens qui travaillent n'ont souvent pas de temps à vous consacrer car elles sont trop occupées à vivre.

Malheureusement, seules qui ont souffert sont en mesures de vous comprendre mais malheureusement elles sont souvent trop hypothéquée pour vous secourir.

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