Jean-Martin Aussant réagit au budget fédéral
Le député de Nicolet-Yamaska et porte-parole de l’Opposition officielle en matière d’institutions financières et de commerce international, Jean-Martin Aussant, a réagi au budget fédéral à partir de Charlevoix, où les députés de l’aile parlementaire du Parti Québécois sont réunis en caucus.
Le député a déploré le manque à gagner dont souffrira le Québec dans ce budget. «Le Québec voit ses transferts de péréquation réduits d’un milliard de dollars cette année et potentiellement de 2 milliards de dollars pour l’an prochain. Ce n’est rien pour aider le Québec à traverser la situation difficile actuelle.»
Ces réductions dans les transferts de péréquation avaient pourtant été niées par Jean Charest durant la dernière campagne électorale au Québec. «Ça a très bien pu avoir comme effet de signaler à Ottawa de faire comme bon lui semble avec son budget en ce qui a trait au Québec.»
Jean-Martin Aussant, qui possède une formation en économie, a également souligné le fait que des baisses d’impôt pour les entreprises et les ménages les mieux nantis ne sont pas un bon moyen de revitaliser une économie qui traverse une mauvaise passe.
«Les besoins sont beaucoup plus criants du côté des ménages à faible revenu et des travailleurs qui ont perdu leur emploi. Les effets directs sur la consommation et sur le redémarrage de l’économie sont beaucoup plus rapides quand l’aide est concentrée dans ces secteurs.»
D’autre part, dans les domaines agricole, manufacturier et forestier, les sommes consenties par le fédéral sont nettement insuffisantes aux dires du député de Nicolet-Yamaska. «Nos industries, avec leurs millions budgétés, font figures d’enfants pauvres face à l’industrie automobile de l’Ontario qui reçoit des milliards. Et certaines provinces reçoivent de l’aide dans le secteur forestier qui devrait logiquement revenir au Québec. Le gouvernement Harper semble simplement vouloir punir le Québec de ne pas l’avoir appuyé lors des dernières élections fédérales», a ironisé le député Aussant.
Revenant sur le secteur agricole, très présent dans sa région, Jean-Martin Aussant estime que le budget Flaherty sous-estime l’importance de tout ce secteur économique au Québec.
«Le budget n’accorde qu’une fraction des sommes nécessaires qui avaient pourtant été clairement établies durant la récente campagne électorale fédérale par le milieu agricole.»
Sur le plan environnemental, la réputation de mauvais élève du gouvernement Harper ne changera pas avec ce budget. «Plutôt que d’investir dans des énergies vertes et d’avenir, le gouvernement injecte des centaines de millions dans le déguisement d’industries polluantes. Plutôt que de s’attaquer à la véritable cause du problème, il tente d’en camoufler les conséquences. Ça manque comme d’habitude de vision en termes de développement durable.»
Autre irritant dans ce budget, la volonté persistante du fédéral de vouloir concentrer la supervision des valeurs mobilières à Toronto pour tout le Canada, bien qu’il s’agisse d’une compétence qui appartient aux provinces. C’est actuellement l’Autorité des marchés financiers (AMF) qui joue ce rôle pour le Québec. «Ottawa s’entête à dire qu’il faut un seul organisme par pays ? C’est bon, nous avons l’AMF au Québec», a déclaré le critique de l’Opposition officielle en matière d’institutions financières.
Par ailleurs, Jean-Martin Aussant ne comprend pas comment un gouvernement peut proposer des mesures qui auront vraisemblablement comme effet de limiter certains efforts en matière d’équité salariale. «Ça relève franchement d’une vision doctrinaire et dépassée», s’est exprimé le député.
Face à toutes ces mesures, Jean-Martin Aussant conclut que le Québec est le grand oublié du budget fédéral, malgré que le premier ministre du Québec actuel soit un grand supporteur du fédéralisme canadien. «J’espère que des budgets comme celui-ci convaincront toujours plus la population québécoise que nous ne serons jamais si bien servis que par nous-mêmes.»