Réduire la consommation de petit écran, c'est réduire les violences quotidiennes
Le «DÉFI de la Dizaine sans télé ni jeux vidéo» relevé par les enfants de l'école Sacré-Cœur, à Princeville, l'année dernière, avait été créé à Québec en 2003.
Il s'inspirait du programme SMART, acronyme de Student Media Awareness to Reduce Television. Le programme a été expérimenté en 1996-1997 par l'équipe du Dr Thomas Robinson, professeur à l'Université Stanford, dans deux écoles primaires de San José, en Californie. L'expérimentation a démontré que la réduction du temps de télévision chez les enfants entraînait 2 résultats majeurs :
- diminution de la violence verbale et physique,
- baisse de l’obésité, la télé étant source de sédentarité et de mauvaise alimentation,
- réduction des demandes des enfants pour acheter des choses vues à la télé.
Le Dr Yann Meunier est Directeur du Programme d'amélioration de la santé à la Faculté de Médecine de l'Université Stanford, en Californie. Dans une entrevue accordée à un magazine français, il explique que SMART réduit les effets négatifs d’un excès de télévision, jeux vidéos et de films vidéo. SMART est le produit de nombreuses années de travail par des pédiatres, psychologues, chercheurs, directeurs d'école, spécialistes de santé publique, éducateurs sanitaires, statisticiens, analystes de données et de très nombreux collaborateurs.
L’Université Stanford se spécialise dans le développement et l'évaluation de programmes concrets qui améliorent réellement la santé et la qualité de vie des enfants, de leurs familles et des enseignants. D'où la priorité numéro un des recherches qu'on y effectue, l’efficacité.
«Avant de suggérer aux enseignants ou aux parents d’effectuer des changements, explique Meunier, nous voulons être absolument sûrs que ces changements vont produire des résultats positifs; nous évaluons donc l'amélioration de la santé et des comportements. L'objectif de nos chercheurs consiste à s’assurer que les changements proposés ne feront pas perdre de temps à l’école et à la maison, temps qui pourrait être utilisé autrement. Voilà pourquoi Stanford a conduit une recherche si rigoureuse», insiste le Dr. Meunier.
Il précise que SMART «a subi autant d’évaluations que les meilleurs programmes. Il a été testé par des études contrôlées et randomisées, équivalent de l'étalon «or» pour mesurer les effets; puis il a été appliqué auprès de plus d'un millier d'enfants de 7 et 8 ans, dans 11 écoles publiques, et ce, durant plus de huit ans.»
Meunier est catégorique. «Les résultats «statistiquement significatifs» obtenus par SMART démontrent hors de tout doute qu'il entraîne des bénéfices importants pour la santé et le comportement des enfants.»
Il existe des centaines d'études sur les effets de la télé et autres médias. En tant que chercheurs et professionnels de la santé, les spécialistes de Stanford concentrent leurs études sur les solutions. Il ne suffit pas d’affirmer que la télévision a des effets négatifs, il faut pouvoir y remédier. SMART a justement été conçu pour aider les éducateurs, les enfants et leurs familles à reprendre le contrôle du robinet télévisuel, dans le but d'améliorer la santé et d'accroître le bien-être. De nombreuses études ont révélé que SMART produit notamment les résultats suivants :
1. Réduction du temps passé par l’enfant devant la télévision, films vidéo, jeux vidéo; réduction moyenne du tiers du temps.
2. Rédaction du temps passé par les autres membres du foyer devant la télévision.
3. Réduction de l’agressivité en classe et à la récré : environ un acte agressif de moins toutes les 5 minutes durant la récréation.
4. Réduction de la violence physique de 40%, de la violence verbale de 50%.
5. Réduction de l’obésité et du gain de poids; diminution de la couche de graisse et du tour de taille d’environ 3 cm en 1 an.
6. Réduction de 70% des demandes des enfants pour des jouets annoncés à la télé.
7. Réduction du nombre de repas pris devant l'écran.
Ce n'est pas tout. D'autres études ont constaté une amélioration des résultats scolaires ainsi qu’une influence positive sur les symptômes dépressifs, sur l’image de soi, sur les désordres alimentaires et sur l’estime de soi. Les résultats de ces études sont maintenant compris dans le programme.
SMART comprend les outils pédagogiques nécessaires pour la réalisation de 18 leçons visant à fournir aux élèves et à leurs parents la motivation et la capacité de prendre le contrôle des écrans dans leur vie. Il s’agit de prendre conscience de sa consommation, d'apprendre à faire des choix, de remplacer la télé par d’autres activités, d'aider les autres à faire de même. L’efficacité du programme S.M.A.R.T. n’est plus à démontrer. Au cours des 10 dernières années, il a fait ses preuves.
Jacques Brodeur, Edupax, OBNL en Prévention et en Éducation aux médias
www.edupax.org <> Jbrodeur@edupax.org