La désindexation : un enjeu négligé qui touche 200 000 retraités
Une campagne électorale est toujours une occasion de discuter d’enjeux qui autrement ne trouveraient pas beaucoup d’échos chez nos élus. La correction de l’iniquité actuelle des régimes de retraite des secteurs public et parapublic fait partie de ces enjeux dont pourtant la portée est significative pour de nombreux retraités de l’État.
Selon les données du gouvernement, la désindexation des pensions a fait perdre 2 milliards de dollars à 187 000 personnes qui ont pris leur retraite entre 1983 et 2006. Cela correspond à une perte moyenne du pouvoir d’achat de 10 000 dollars par personne retraitée. Donc, une perte de revenu qui expose davantage les retraités aux problèmes économiques actuels, d’autant plus qu’elle contribue à l’appauvrissement continu des retraités de l’État depuis plus de 25 ans.
Pourtant, le coût de la correction immédiate demandée par les retraités des secteurs public et parapublic équivaut à une moyenne de moins de 12 millions de dollars par année, soit environ sept fois moins que les estimations qui circulent à propos du coût de la présente campagne électorale.
Un récent sondage produit pour le compte de l’Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP) indiquait que 73% des travailleurs des secteurs public et parapublic du Québec se disaient favorables à une hausse de 1% de leur taux de cotisation actuelle pour qu’ils obtiennent à la retraite une rente mieux indexée au coût de la vie.
J’espère simplement que nos partis politiques auront le courage de poser les gestes qui s’imposent, corriger cette iniquité et contribuer à l’émergence de solutions à long terme pour contrer l’appauvrissement continu des retraités de l’État.
Micheline St-Arneault, membre de l’Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP) et résidante de Victoriaville