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Estrie–Enviropôle : des versions contradictoires

Article mis en ligne le 20 octobre 2008 à 20:43
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Estrie–Enviropôle : des versions contradictoires
En octobre 2007, M. Coulombe a commencé à parler de 125 à 150 emplois pour le projet Jeffrey-Maybach concernant les déchets. Il en annonce 225, trois semaines après. Surprenant.

Les promoteurs nous ont dit et répété que c’est le lieu d’enfouissement technique ou LET (35 emplois d’après le projet déposé au Ministère), c’est-à-dire le dépotoir qui permettra de financer les trois autres volets, soit le compostage, la gazéification et le centre de tri. Ces trois secteurs, qui représentent le gros des emplois promis, ne seraient pas viables économiquement.

Au mois d’août 2008, sans explication, l’usine de gazéification avait disparu pour être remplacée par un centre de méthanisation : deux procédés tout à fait différents, qui ne traitent pas les mêmes matières. Pas très sérieux.

Malgré les consultations publiques défavorables à un méga dépotoir, la Ville d’Asbestos met sur pied un Comité de citoyens pour évaluer, dit-elle, la pertinence d’Estrie- Enviropôle. Bien que qualifiés de neutre, plusieurs de ses membres ont déjà pris position publiquement en faveur du projet de 800 000 tonnes de déchets par an. Le Comité de citoyens de la Ville d’Asbestos devait émettre ses recommandations en novembre.

À sa grande surprise, par une conférence de presse au début du mois d’octobre, les promoteurs annoncent l’implantation de l’usine de méthanisation dès le printemps 2009, comme première phase d’Estrie- Enviropôle. Le maire Jean-Philippe Bachand n’a pas attendu le verdict de son comité (ni ne l’a informé), ce qui fait dire à son président, M. Dodier, déplorant ce «manque de considération» : «Les dés sont-ils pipés d’avance?» (CJAN le 17-10-08).

Voilà maintenant qu’on nous annonce que les trois phases du méga projet (autres que le LET) verraient vraisemblablement le jour, peu importe le résultat des travaux du Comité de citoyens.

Elles seraient donc devenues rentables sans le LET? Où est le vrai mensonge?

Très bien. Gardons le PGMR (Plan de gestion des matières résiduelles) à 50 000T maximum enfouies par an pour que ne s’ouvre pas le méga dépotoir de 30 millions de tonnes dans la région (les gens d’Asbestos et de Danville peuvent encore signer la pétition) et qu’Estrie- Enviropôle démarre la méthanisation, le compostage et le centre de tri. Tout le monde sera content avec des emplois sans devenir la poubelle du Québec.

Quelques questions concernant la méthanisation :

-Comment Estrie-Enviropôle peut-elle réaliser cette usine pour 80 000T avec un investissement de seulement 15 M $ (quelle serait la part donnée par l’État?) alors qu’il en coûte entre 300 et 900 $ la T d’après la revue de l’industrie des sciences et de l’environnement au Québec (Vecteur environnement de septembre 2008 ou le www.reseau-environnement.com). Ça représenterait un investissement nécessaire compris entre 24 et 72 M $.

-Quelle sera la qualité du compost obtenu (trois critères : composantes chimiques, pathogènes et odeurs) et ses usages? Cela pourrait-il inclure des boues toxiques des États-Unis? Des carcasses d’animaux?

-Quel sera le prix de revient de l’énergie générée? À titre comparatif, le KWh produit par le procédé LIPP se vend en Allemagne 21 à 22 cents le KWh, ce qui assure la rentabilité du système.

Sylvie Berthaud, d’un groupe vigilant pour la santé des Sources dont plusieurs membres du Front Commun Québécois pour une Gestion Écologique des Déchets – FCQGED.

Claude Messier

Asbestos

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