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Le plan de relance des fromages, «trop timide», selon les uns

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 9 octobre 2008 à 15:22
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Le plan de relance des fromages, «trop timide», selon les uns
Le ministre Laurent Lessard (au centre) en compagnie des propriétaires du comptoir Aux petits délices de Sainte-Foy, MM. Chabot et Carbonneau.
Le plan de relance des fromages, «trop timide», selon les uns
Le plan de développement et de croissance de l’industrie fromagère du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation a reçu un accueil très mitigé de la part de la quinzaine d’artisans du groupe Fromages de pays, dont font partie Jean et Dominic Morin de la Fromagerie du presbytère à Sainte-Élizabeth. «On a été agacés, frustrés même. Parce que le plan ne représente qu’une couverture minimale pour abriller timidement les pots cassés», a résumé Jean Morin.
Quelques jours après le dévoilement du plan, à l’heure même de la cérémonie de remise des prix de Sélection Caseus (lundi), les membres dénonçaient la «timidité» et la «mollesse» du plan dévoilé le 3 octobre par le ministre. Ils disaient d’ailleurs ne pas avoir le cœur à la fête.

Il nous a été impossible de s’entretenir avec le ministre Laurent Lessard avant notre heure de tombée. À son cabinet, on nous a dit que lundi dernier, lors de la remise des prix Caseus, il a rencontré des «êtres humains» plus que des fromagers revendicateurs.

«On n’a pas voulu profiter de ce moment pour présenter nos demandes de bonification du plan, a expliqué Jean Morin. Mais on a senti que pour le ministre, la crise faisait partie du passé et qu’il ne voulait plus en parler.»

Tout n’est pas mauvais dans le plan de relance de 8,4 millions $ du ministre Lessard, a-t-il souligné. Mais il ne va pas assez loin, selon lui.

À la possibilité d’obtenir des prêts avec congé d’intérêt d’un an (pour les détaillants et les fromagers), le groupe dont il fait partie, réclame toujours des compensations financières pour les entreprises les plus affectées. La Fédération québécoise des municipalités a adressé une demande similaire. Les seuls prêts, qu’on aurait souhaité doter d’un plus long congé d’intérêt, ne suffiront pas à relever immédiatement l’industrie, croit-on.

«La Fédération des producteurs de lait a compris l’urgence de la situation et a versé quelques compensations», a mentionné le fromager de Saint-Élizabeth, lui qui vient de recevoir un chèque de 3 000 $ pour compenser la chute de ses ventes.

La création d’un fonds pour la mise en valeurs, des fromages et les mesures concernant l’implantation de bonnes pratiques et de programmes de contrôle et d’assurance de qualité reçoivent un bon accueil de la part des artisans fromagers.

Mais, selon eux, par son plan, le ministère ne remet pas en question ses méthodes de rappel que les artisans du groupe qualifient d’«approche policière et répressive». Tant leur groupe que la Fédération québécoise des municipalités disent que dans un mouvement de «panique», le ministère avait risqué de «tuer à grands coups d’eau de javel» un fleuron du patrimoine gastronomique québécois.

«Et cela concerne surtout les fromages au lait cru. On nous a traités comme des criminels. Comment vont se passer les prochains rappels?», s’inquiète déjà M. Morin.

Dans leur communiqué de presse, les membres de Fromages du pays écrivent que le ministère a «investi brutalement fromageries et boutiques après avoir jeté des tonnes de fromages sans autre vérification, détruit illégalement les preuves et créé une psychose sociale sans précédent».

Jean Morin a ajouté qu’il fallait rétablir un canal de communication avec le ministère, convenir d’un plan de reconnaissance et d’inspection des fromages au lait cru.
Du côté de la Société des fromages
Du côté de la Société des fromages du Québec, que préside la bergère et fromagère Lucille Giroux (La Moutonnière de Sainte-Hélène-de-Chester), on n’a pas encore pris position sur le plan de relance du ministre Lessard.
Il serait prématuré, selon elle, d’«accepter ou de dénigrer», un plan dont on ne connaît pas encore toutes les implications.

«On veut évaluer les offres gouvernementales en les transposant dans la situation réelle des fromagers. Nous venons à peine de recevoir les papiers du ministère et certains aspects nous sont encore nébuleux», a commenté Mme Giroux.

Le conseil d’administration de la Société a tenu, jeudi, une longue réunion pour discuter du plan de développement et de croissance de l’industrie fromagère.

À première vue, a souligné la présidente, le plan paraît intéressant pour les détaillants. «Mais pour les fromagers, tout n’est pas clair et c’est pour cela qu’on n’a pas encore statué sur la position que l’on adoptera. On veut se donner le temps de réfléchir et d’analyser.»

La Société des fromages du Québec, dont le siège social est situé à Victoriaville, regroupe des fromagers et des détaillants et vise la promotion des fromages fins. «Et parmi nos fromagers, il y en a qui fabriquent des fromages au lait pasteurisé, d’autres des fromages au lait cru», a signalé Mme Giroux.

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