Tout au cours de sa campagne électorale, et avec plus d’acuité ces derniers jours, le député sortant et candidat bloquiste André Bellavance dit avoir entendu deux messages principaux. «On ne veut surtout pas d’un gouvernement Harper majoritaire et on reconnaît mon bon et efficace travail dans Richmond-Arthabaska», a déclaré M. Bellavance.
Accompagné de l’organisateur en chef du Bloc québécois, Mario Laframboise, député d’Argenteuil-Papineau-Mirabel, André Bellavance a tracé un bilan positif de sa campagne électorale, confiant d’obtenir un troisième mandat comme député.
Il dit avoir prouvé, par le bilan de ses réalisations, que «le vrai pouvoir, c’est le député». «Voilà pourquoi le Parti conservateur a dû mettre son camion au garage (celui où l’on chiffrait le coût d’un député du Bloc)!»
Il a énuméré les «gains» obtenus par le Bloc pour Richmond-Arthabaska, la protection des emplois étudiants, le supplément de revenu garanti pour les aînés, le projet de loi C-445 pour les retraités de la mine Jeffrey, la motion de la Chambre pour la protection du système de gestion de l’offre, etc.
André Bellavance a ajouté que le slogan bloquiste, «Présent», collait tout à fait à la réalité du comté et à son travail au cours de ses quatre années comme député. «Il n’y a pas de petit événement pour moi», disant accepter toutes les invitations qu’on lui faisait.
«Je n’ai pas d’autre ambition que d’être député. Je n’ai pas annoncé ma candidature à la mairie de Victo!», a déclaré André Bellavance, décochant une flèche à l’endroit de son adversaire conservateur Éric Lefebvre… dont il ne prononce jamais le nom.
«J’ai mené une campagne comme je le fais d’habitude, une campagne positive, sans attaque personnelle, sans dénigrement, même si parfois, je me permets une petite blague. J’ai été le seul candidat à présenter une plateforme électorale locale. J’aurais aimé que mon adversaire fasse de même; la population aurait pu comparer et cela aurait suscité un débat d’idées.»
Le candidat bloquiste se demande même pourquoi son adversaire conservateur n’a pas mis en valeur ses réalisations en tant que conseiller municipal de la Ville de Victoriaville depuis 2001. «Il a préféré y aller d’attaques. Il a mené une campagne improvisée, à s’approprier les réalisations, à rejeter constamment la faute au député. Ce n’est pas le genre de politicien que les gens veulent avoir.»
Invité à commenter le dossier du petit William Deneault-Toussaint qu’Éric Lefebvre dit avoir mis sur le dessus de sa valise de futur député (voir le texte complet au
www.lanouvelle.net), André Bellavance s’indigne qu’il fasse de l«’électoralisme sur le dos d’un enfant malade. C’est éthiquement et moralement inacceptable», a-t-il souligné. Le député sortant refuse de dire si oui ou non il s’est entretenu avec les parents du bambin. «Parce que si je réponds à cette question, je suis obligé d’expliquer sur la place publique le cas de l’enfant et ce ne serait pas plus acceptable. Tout ce que je peux dire, c’est qu’il s’agit d’un dossier qui chemine et que je ne l’abandonnerai pas.»
André Bellavance ne s’attriste pas que le député adéquiste Jean-François Roux ne lui ait pas donné son appui (lui préférant le candidat conservateur). «Je constate qu’il a changé d’idée, il a le droit et son chef a probablement fait pression. Mais je tiens à spécifier que lorsque M. Roux a dit qu’il avait rencontré tous les candidats avant de se prononcer, il ne l’a pas fait en ce qui me concerne. On s’est simplement croisés au cours de la campagne. Avant d’annoncer son choix, il m’a donné un coup de fil pour me dire que la raison pour laquelle il avait appuyé le candidat conservateur, c’est que j’étais un adversaire politique pour lui, ayant appuyé le Parti québécois lors de la dernière élection et que je ferais probablement de même au prochain scrutin provincial. Mais il n’a pas remis en cause mes compétences.»
Quel effet aura cet appui de Jean-François Roux? «On le verra le 14… mais comme tous les électeurs, M. Roux n’a droit qu’à un seul vote.»
Si l’on en croit Mario Laframboise, par leur organisation politique, leur présence sur le terrain, les bloquistes auraient réussi à démontrer que leur formation politique était encore utile au Québec. Selon lui, au cours de la campagne, le premier ministre conservateur a fait l’erreur de montrer son «vrai visage» et «ses dessous réformistes».