La saison des ouragans
Deuxieme partie
Chaque ouragan a un nom, dont plusieurs passent inaperçus et oubliés. D'autres beaucoup plus connus, comme Andrew, resteront dans la mémoire des gens.
À tous les ans, une liste de noms est émise pour la saison des ouragans comprenant des noms masculins et féminins. Ils sont classés par ordre alphabétique, en alternance, les noms masculins commencent la liste durant les années paires, et les noms féminins durant les années impaires.
Certaines lettres ne figurent pas dans la liste, par manque de noms disponibles. Les lettres Q, U, X, Y et Z ne sont donc pas utilisées. Les ouragans majeurs, ceux qui auront marqué des populations, qui auront fait les manchettes sur toute la planète voient leur nom être retiré de la liste à tout jamais.
Pour ne pas confondre le public, les noms comme Andrew ou Katrina ne seront plus jamais utilisés. Chaque liste sera répétée à tous les six ans, ex : liste de 2008 sera répétée en 2014.
L'ouragan est assez complexe dans son ensemble, mais sa structure comporte trois zones clés qui sont simples à visualiser. 1- les bandes de pluie 2- le mur de l'œil 3- œil de l'ouragan
Les bandes de pluie
Les bandes de pluie dans le sens antihoraire autour du centre de l'ouragan. Leur force devient de plus en plus importante en s'approchant de l'œil, avec des vents pouvant approcher la force d'un ouragan.
Chaque bande contient beaucoup de pluie et des vents de force de tempête tropicale. On peut les visualiser comme des spirales qui d'étendent du centre jusqu'aux extrémités de l'ouragan. À l'intérieur des «rain bands», plusieurs dangers sont présents.
Elles sont, en fin de compte, des lignes d'orages forts avec de la pluie forte et des vents violents. On peut même y retrouver des tornades. Du point de vue satellite, on peut les repérer en cherchant les zones de convections intenses.
Mur de l'œil
C'est à cet endroit que l'on retrouve les vents les plus forts à l'intérieur d'un ouragan. La pluie y tombe aussi plus intensément qu'à tout autre endroit.
On utilise le mot «mur» car les nuages forment une sorte de barrière verticale autour de l'œil. En s'approchant du centre de l'ouragan, les vents prennent de la vigueur et la pression atmosphérique diminue de plus en plus. La plupart des dommages importants seront lors du passage du mur de l'œil. Avec une pression qui baisse, le mur de l'œil amène aussi la marée de tempête qui cause la majorité des dégâts sur terre (plus que le vent).
Oeil
L'œil est surement la partie la plus facile à reconnaitre d'un ouragan. Son diamètre peut varier, allant de quelques km à quelques centaines de km.
Tout tourne autour de l'œil, et la pression y est à son plus bas niveau. À l'intérieur les vents sont faibles et le temps est calme, les vents forts ne parviennent pas à se rendre jusqu'au centre.
On peut séparer l'ouragan en quatre quadrants en partant du centre de l'œil. Celui au nord-est, au nord-ouest, au sud-ouest et au sud-est. Les vents les plus forts et la marée de tempête seront maximisés dans le quadrant nord-est, c'est à dire au nord-est de l'œil. Les pires dommages surviennent habituellement avec le passage de cette zone.
La marée de tempête
La majorité des gens croient que le vent est l'élément le plus destructeur lors du passage d'un ouragan. Malgré la force des vents qui peuvent être extrêmes, la marée de tempête reste l'élément à craindre.
Ce phénomène est le plus meurtrier de tous. Elle inonde et emporte tout ce qui se trouve sur son passage. La marée de tempête est une élévation anormale du niveau de la mer lors du passage d'un cyclone tropical. Elle est généralement causée par la friction des vents violents sur l'eau à l'intérieur de l'ouragan. La basse pression atmosphérique près de l'œil aide également à surélever le niveau de l'eau.
Prévisions
Les météorologues utilisent des modèles météos numériques pour faire une prévision de la force et de la trajectoire d'un ouragan.
Les modèles «globaux», appelés ainsi car ils utilisent les données météos pour chaque endroit sur le globe, sont les plus fiables pour faire les prévisions. De ces modèles, on en retient six majeurs; GFDL (The NWS/Geophysical Fluid Dynamics Laboratory), GFS (Global Forecast System), UKMET (United Kingdom Met Office), NOGAPS (Navy's Navy Operational Global Prediction Center System), ECMWF (European Center for Medium-Range Weather Forecasting), HWRF (The NWS/Hurricane Weather Research)
L'analyse des ouragans se fait aussi par l'entremise des «hurricane hunters». Ce sont des avions, avec équipage, qui volent littéralement à l'intérieur des cyclones tropicaux pour y lâcher des sondes pour mesurer la vitesse des vents et la pression atmosphérique.
Avec les données obtenues à l'aide des sondes, on peut faire un suivi en temps réel et comparer les résultats à ceux des modèles numériques. Toutes les prévisions pour le public sont faites au NHC (National Hurricane Center). Ils donnent aussi les avertissements et alertes si nécessaire.
Ouragan Ike
Il aura finalement touché terre sur l'Ile de Galveston avec des vents de catégorie 2 à 175km/h. La marée de tempête qui aura frappé l'Ile fût moins importante que prévue.
Le «storm surge» de 20 pieds n'a pas été atteint et ça aura eu comme effet de sauver bien des vies. Plus de 10 000 personnes n'avaient toujours pas décidé d'évacuer l'Ile.
La partie ouest de l'Ile a eu moins de chance et a été complètement détruite. La marée de tempête a contribué à l'érosion des terres et du rivage sur une bonne partie du sud-est du Texas, dans la région de Houston.
On donne même la possibilité que 100 000 maisons aient été inondées à la suite du passage de Ike dans le Golf du Mexique. Aux dernières nouvelles, plus de 50 personnes auraient perdu la vie et les dommages sont évalués à plus de 20 milliards de dollars. Un ouragan qui passera à l'histoire!
Photos satellite d'ouragans : lien intéressant de la NASA;
www.msfc.nasa.gov
Allan Theunissen