Un élan à la culture régionale : une alternative au projet de 14 millions
Dans une ville où le concept de développement durable est au cœur des citoyens et des décisions des élus, a-t-on pensé que le développement durable ne se limite pas qu'à l'environnement? Le développement durable, c'est aussi de croître en harmonie, tant social qu'économique.
Plutôt que de se lancer dans un imposant projet de 14 millions, pourrions-nous conjuguer nos forces existantes et assurer un élan à la culture régionale, tout en conservant nos acquis?
Un partenariat-public-privé avec le Cinéma Laurier ne pourrait-elle pas être l'alternative idéale à ce mégaprojet de salle de spectacles, financé par les fonds publics, dont 50% par le gouvernement, et par une autre campagne de financement?
Le propriétaire, Robert Carrier, a obtenu les résultats d'une étude qui lui permettrait d'agrandir à nouveau la salle principale, y incluant une scène plus spacieuse et mieux adaptée aux grands spectacles, répondant aux normes en vigueur.
Coût du projet : 225 000 $. Bien loin des 14 millions projetés...
Un projet de plus grande envergure, toujours en PPP, incluant un hall d'exposition pour œuvres d'arts à l'entrée de la salle est aussi possible à des coûts moindres, selon M. Carrier.
Une entente entre la Ville, les organisateurs d'événements et groupes culturels serait-elle possible, assurant la disponibilité de la salle pour la diffusion d'événements culturels régionaux?
Oui, une concertation entre les élus, les intervenants culturels, touristiques et artistiques est possible, en autant que tous fassent preuve d'ouverture d'esprit.
Un partenariat-public-privé serait l'idéal et assurerait ainsi un achalandage plus important à la salle existante au centre-ville. Il ouvrirait aussi la voie aux initiatives locales qui pourraient profiter des infrastructures du Cinéma Laurier pour la préparation et la diffusion de leurs productions. Les retombées chez les restaurateurs et commerçants du centre-ville y seraient aussi assurées. L'ouverture d'un partenariat-public-privé ouvrirait aussi la voie à l'obtention de subventions, qui, au lieu de servir à ériger une infrastructure de béton, pourraient servir au développement du talent régional (danse, théâtre, arts visuels, cinéma.)
Les décideurs ont-ils pensé que l'arrivée d'un nouveau diffuseur de spectacles élimine l'avenir du Cinéma Laurier, une propriété 100% locale, qui donne de l'emploi à une quinzaine de personnes.
Déjà aux prises avec une compétition féroce d'une entreprise cinématographique extérieure, le Cinéma Laurier pourra-t-il survivre sans la diffusion de spectacles?
Fort de près de 50 années à titre de diffuseur, Robert Carrier soutient qu'il est impossible de rentabiliser deux salles de spectacles. À ce titre, d'autres expériences vécues lui prouvent que la négociation avec les artistes et producteurs de spectacles deviendra très ardue. L'artiste choisira le lieu où le cachet sera le plus élevé. Qui en sortira gagnant? Ni le consommateur, ni les diffuseurs.
Quelles seraient les conséquences pour le centre-ville de voir disparaître du paysage cette institution qu'est le Cinéma Laurier? Qui n'a jamais bénéficié des initiatives du Cinéma Laurier, par le biais de Robert Carrier, en faveur des enfants, des adolescents, des groupes sportifs, des promoteurs d'événements ou des gens âgés? Combien de levée de fonds en faveur des démunies et des initiatives régionales a-t-il supporté ces dernières années?
Il ne suffit qu'a penser à quelques événements de la dernière année pour y porter un regard éclairé : des centaines de caisses d'aliments non-périssables amassés avec le Club Lions pour une table garnie à Noël, des films gratuits où le coût d'entrée est un article scolaire, un support à Victoriaville en Chansons, où des talents prometteurs peuvent se faire valoir, organisation de multiples soirées bénéfices, au profit de groupes communautaires, soirées bénéfices pour l'organisation du hockey Cascades des Bois-Francs, diffusion de films et documentaires produits par des artistes et artisans locaux et une multitude de gestes posés dans l'ombre.
Une autre forme de concertation serait-elle possible pour donner un nouvel élan à la culture régionale? Le dossier de la salle de spectacles au centre-ville de Victoriaville mérite encore d'être analysé en profondeur, avec ses espoirs et ses conséquences.
Joël Côté,
Victoriaville