«Je ne faisais pas partie de la gang!»
Christian Goulet se dissocie du cartel sur l’essence
«Je ne suis pas un tricheur!», a affirmé Christian Goulet, celui qui, de 1992 à 2007, exploitait une station d’essence, Christian Moto Sport, sur la route 116 à Victoriaville.
Il tenait mordicus à ce que La Nouvelle Union le dissocie totalement de ces entreprises et individus accusés ou soupçonnés d’avoir comploté pour fixer les prix de l’essence.
«J’ai été assommé quand j’ai su que mon nom apparaissait dans cette liste de 23 stations sur 24, publiée dans La Nouvelle Union du 18 juin dernier.»
Le tableau avait été publié dans cette même page où le président de la Chambre de commerce et d’industrie des Bois-Francs et de l’Érable a utilisé le mot «tricheurs» pour désigner ces détaillants impliqués dans la collusion.
C’était quelques jours après que le Bureau de la concurrence du Canada annonce la mise au jour d’un cartel de l’essence ayant opéré dans les marchés de Victoriaville, Thetford Mines, Magog et Sherbrooke.
Sa longue enquête s’était soldée par des accusations criminelles à l’encontre de 13 individus et de 11 entreprises. Ceux-là devraient d’ailleurs comparaître les 9 et 23 septembre au Palais de justice de Victoriaville.
«Je ne faisais pas partie de la gang!», a dit M. Goulet, en entrevue, mercredi, dans nos bureaux du journal.
Il ne s’attend pas, mais pas du tout, à ce que le procureur dépose des accusations contre lui. «Je suis prêt, par contre, à aller témoigner!», dit l’homme d’affaires, maintenant citoyen drummondvillois.
Cette collusion pour fixer les prix de l’essence, Christian Goulet rappelle qu’il l’a indirectement dénoncée, et cela deux fois plutôt qu’une par le passé. Dès 1993 et encore 2004, il avait fait la manchette des médias (du nôtre notamment) en dénonçant le harcèlement dont il avait été victime, lui qui voulait mener une guerre des prix de l’essence à Victoriaville. «C’est à coups de hache dans mes pompes qu’en 1993, on a voulu me convaincre.»
J’étais le mouton noir, celui qui refusait de suivre les autres», poursuit-il.
Il raconte aussi comment, par le biais de ses bons amis, de ses clients, de ses fournisseurs, ses concurrents ont tenté de le convaincre d'augmenter ses prix. «Des téléphones, des lettres que j’ai eu envie d’afficher dans ma station-service, puis des menaces, j’en ai eu beaucoup!», s’exclame M. Goulet.
Ses déclarations publiques ont alerté le Bureau de la concurrence en 2004. «Je n’ai pas appelé le Bureau de la concurrence. On m’a téléphoné parce qu’on voulait me rencontrer pour savoir ce qui se passait.»
L’homme d’affaires, aujourd’hui âgé de 43 ans, se souvient de ses multiples contacts avec les gens du Bureau de la concurrence qu'il affirme avoir aidés. Les enquêteurs, également accompagnés de ceux de la Sûreté du Québec, ont aussi débarqué à sa station, fouillant son ordinateur, emportant ses papiers.
«À l’époque, je me doutais déjà que la collusion était généralisée à Victoriaville. Ce que j’ai compris plus tard, c’est que le cartel opérait aussi dans d’autres villes», dit M. Goulet, ajoutant qu'une enquête du côté des pétrolières elles-mêmes pourrait aussi être intéressante.
Les menaces, mais aussi un différend avec le représentant Esso sur les modalités de son contrat, l’enquête du Bureau de la concurrence, tout cela a constitué une énorme pression sur le jeune propriétaire de Christian Moto Sport, dit-il encore. «J’en ai eu assez. Avant, au prix du marché, je faisais de l’argent avec mon gaz. On m'a finalement coincé, je ne pouvais plus soutenir la compétition. J’en étais rendu à payer pour vendre du gaz.»
L’an dernier, Christian Moto Sport fermait ses portes, la station-service arborant maintenant une bannière Sonic. «Et j’étais tellement écoeuré de Victoriaville que j’ai emménagé à Drummondville!»
Au lendemain de la mise au jour d’un cartel de l’essence, bien des médias ont tenté de le joindre. Ils y parviennent progressivement puisqu’on le verra aussi à l’émission La Facture, le journaliste Pierre Craig l'ayant rencontré à Victoriaville.
Christian Goulet met en doute la possibilité que 23 des 24 stations-services de Victoriaville aient été impliquées dans la collusion. «Je pense cependant qu’une bonne vingtaine ont participé, mais pas 23 sur 24», ajoute-t-il. Il dit d’ailleurs s’être étonné de ne pas voir le nom de certains dans la liste des accusés. «Peut-être que les preuves n’étaient pas suffisantes ou encore que certains ont décidé de collaborer avec les enquêteurs du Bureau.»
Cette statistique de 23 stations victoriavilloises sur 24 provenait de papiers obtenus au Palais de justice de Victoriaville. Bien des médias nationaux les ont aussi relayés, les attribuant à la commissaire Sheridan Scott lors de la conférence de presse du Bureau de la concurrence, tenue à Montréal. La Nouvelle Union aurait souhaité retourner vérifier cette source, mais le Bureau de la concurrence se refuse à tout commentaire sur ce dossier maintenant entre les mains du Tribunal.
Christian Goulet ajoute que ce n’est pas parce que le nom d’un détaillant apparaît dans la transcription des enregistrements des enquêteurs que la personne fait partie du complot. «Ce n’est pas, par exemple, parce qu'on m'a appelé pour me demander de fixer un prix que cela signifie que j’ai accepté de le faire.»
Dans les jours qui ont suivi l’annonce du démantèlement du cartel, le sous-commissaire adjoint du Bureau de la concurrence avait laissé entendre que d’autres accusations criminelles pourraient être portées. À ce jour, toutefois, aucune autre ne s’est ajoutée à la liste diffusée en juin.
Gaston Dumont
Commentaire mis en ligne le 24 septembre 2008Cher Monsieur Goulet....je vous appelle ** Monsieur** car vous méritez bien ce titre plus que tout autre.
Je tiens à vous dire ma fierté de savoir qu il a un homme qui s est debout dans cette tourmante des prix et des cartelles, que l on croit trop souvent hélas,reservé à des secteurs d'activités très lointaines ou trop hautes pour penser qu' ils sont innateingnables, mais vous avez fait la preuve du contraire et je vous en remercie en mon nom de revolté de ces bandits de grands chemins.
Je suis nouveau dans la ville de Thetford Mines..et je me doutais bien que quelque chose n allait pas dans ce secteur mais vous avez trouvé les gens et les aient dénoncé , ce que j admire tout à fait et au plus haut point. Il ne serait même pas trop vous donnez que d en faire mention à l assemblé national de Québec, ce que je compte bien faire avec mon député.....( si il n est pas dans cette magouille bien sur. )Quoiqu' il en soit, je vous supporterai encore et encore et soyez assuré de mon entière satisfaction de voir un homme se tenir debout devant les bandits de l essence surtout ici à Thetford Mines. Comment faire pour leur faire payer jusqu au dernier sous volé je vous le demande ?Comment faire le plein d essence, sans aller à l exterieur de la ville je vous le demande aussi ?J aimerais tellement avoir des réponses à ces questions....car il y a maintenant 18 mois que je suis ici , dans cette ville et que je sentais cette magouille dans avoir une oreille attentive.....vous avez été les deux..oreilles et bouches suivi bien sur de l action. FÉLICITTIONS encore une fois Monsieur Goulet
Gaston Dumont
un contre-citoyen de Thetford Mines