Le DÉFI de la Dizaine soulève des doutes
Un correspondant s'identifiant sous le pseudonyme IXE13 ne comprend pas! Cela fait quarante ans qu'il ne possède pas de télé et ne voit pas pourquoi ce serait un exploit de vivre dix jours sans écran. Il n'est pas seul à ignorer que les enfants y passent entre 20 et 30 heures par semaine en moyenne et qu'on devient accroc.
Il pense que ce DÉFI n'est rien d'autre qu'un «virus imaginaire pour nous manipuler». Alors, toutes ces heures que les enfants passent enchaînés à l'écran, ce serait le fruit d'une imagination frileuse ou d'adultes scrupuleux?
Hélas non! Passer 10 jours sans écran requiert une préparation soignée, selon un plan de match minutieux. L'exploit est comparable à celui des athlètes qui reviennent de Beijing avec une médaille.
Pour cet autre lecteur qui s'est donné comme pseudonyme MaxBrux, le DÉFI 10 jours n'a pas plus d'intérêt qu'une classe «nature». On voit bien que MaxBrux n'a jamais organisé une classe nature et qu'il n'a rien de réaliste à proposer pour «montrer aux gens comment vivre sans technologie»?
Le DÉFI 10 jours a réussi à éloigner des enfants des écrans sans les sortir de leur quartier et sans les éloigner de leur famille. Le DÉFI a rapproché les parents des enfants, il a rapproché les parents du voisinage, il a rapproché l'école des familles et les familles de l'école, il a fait augmenter la pratique d'activités physiques et la lecture. Quiconque trouve un truc plus efficace pour obtenir des bénéfices comparables surpassera ceux obtenus grâce au DÉFI.
MaxBrux trouve que le DÉFI 10 jours s'appuie sur une idéologie sans intérêt, voire dangereuse. Dangereuse pour qui? Les enfants et les parents ont raffolé de l'aventure.
En France, le directeur de l'école a félicité les enfants «pour avoir tenu tête à une équipe adverse qui possédait de puissants moyens de séduction». À Princeville, la direction de l'école a aidé ses profs à conduire les enfants à une victoire éclatante contre une équipe adverse téléguidée par des experts du divertissement. Tout pour être fier, non?
Des sceptiques pensent qu'un «jeu vidéo n'a jamais appris à tuer». Le Lieutenant-colonel Grossman a servi dans l'armée des États-Unis comme psychologue durant 20 ans et il déclare : « Videogames give kids and teens the skill, the will and the thrill to kill».
Beaucoup de nos concitoyens croient que l'utilisation de la violence pour attraper et divertir des jeunes a peu d'impact, sinon pas du tout. La violence dans la société serait causée par la pauvreté, par les parents négligents et abusifs, par l'absence d'éducation et par l'école trop exigeante.
Supposons un moment que les facteurs précédents aient effectivement contribué à la violence, cela devrait-il nous interdire de mesurer la contribution spécifique des films, émissions et jeux vidéo?
Nous avons tous le choix entre continuer de regarder et de jouer sans souci. On peut aussi jeter un œil sur les travaux des professeurs Brad Bushman, Doug Gentile, Rowell Huesman, Frederick Zimmerman, Craig Anderson et Michael Rich.
Ce sont eux et d'autres qui ont produit les recherches qui ont conduit les organismes suivants à sonner l'alarme : l'Association des pédiatres, l'Académie de psychiatrie pour enfants et ados, l'Association des psychologues et l'Association médicale des États-Unis. Tous des idiots ou des retardés? Au contraire, tous ces organismes sont crédibles et leurs positions sont solidement documentées.
Il y a plus de 25 ans, des chercheurs découvraient et dénonçaient l'influence du tabagisme sur les risques de cancer du poumon et autres maladies circulo-respiratoires.
Plusieurs fumeurs les ont ignorés, supportés par des organismes de soi-disant «défense des droits» des fumeurs. Sinistre fumisterie. Et des milliers de fumeurs ont payé de leur vie et d'autres continuent de le faire. Aujourd'hui, d'autres chercheurs ont mesuré l'impact des jeux vidéo violents et affirment que l'impact est (quantitativement) plus important que celui du tabac.
On peut ignorer ces études. On a aussi le choix de recruter des écoles qui tenteront l'aventure des enfants de Princeville et des petits Alsaciens de Strasbourg.
Certains adultes choisissent de fermer les yeux sur une industrie qui amuse des enfants avec le pire ennemi de l'humanité, la violence. C'est leur choix. Nous ne les condamnons pas. Nous leur offrons simplement l'occasion de s'émerveiller devant les découvertes de ces enfants qui ont accepté de se priver d'écrans et qui se sont organisés pour réussir.
Même les plus sceptiques peuvent découvrir un trésor semblable à celui qu'ont trouvé ceux de San Jose, en Californie, d’Escanaba au Michigan, de Saint-Basile-le-Grand, Chambly, Pointe-Claire, Berthier-sur-Mer et Princeville au Québec.
Imaginez leur surprise lorsqu'ils tenteront l'aventure du DÉFI des 10 jours!
Jacques Brodeur
nicolas
Commentaire mis en ligne le 2 septembre 2008je ne comprend pas parce que la personne qui a dit que ce n'était qu'un virus imaginaire dit que depuis quarante ans n'écoute pas la télé et NE VOIS PAS se que je ne comprend pas c'est comment a t-il fait pour ecrire cette article s'il ne voit ? cette question laisse de serieux doute ce serait plutot nous qui devrait avoir des doutes.