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Matières résiduelles : Asbestos se tourne vers la SDDA

Claude Thibodeau par Claude Thibodeau
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Article mis en ligne le 22 août 2008 à 10:08
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Matières résiduelles : Asbestos se tourne vers la SDDA
Une vingtaine de personnes ont pris la parole, jeudi soir.
Matières résiduelles : Asbestos se tourne vers la SDDA
Les membres de la Régie intermunicipale d’élimination des matières résiduelles des Sources se tournent vers la Société de développement durable d’Arthabaska (SDDA) pour une période de deux ou trois ans, le temps de réfléchir à un scénario possible pour la région. Mais, du même souffle, ils demandent un délai au gouvernement pour prolonger la vie de leur lieu d’enfouissement sanitaire (LES) devant fermer le 19 janvier 2009.
Ces décisions, les membres de la Régie les ont adoptées, jeudi soir, lors de l’assemblée du conseil d’administration à laquelle ont assisté près d’une centaine de personnes, la grande majorité des opposants au projet Estrie Enviropôle.

Le président de la Régie et préfet de la MRC des Sources, Jacques Hémond, a donné le droit de parole aux citoyens présents. Une soixantaine d’entre eux ayant pris place dans la salle, les autres, une trentaine, se trouvant dans le corridor.

«On veut une limite d’enfouissement de 50 000 tonnes et moins. Quand arrêtera-t-on de parler des maudits déchets?», a lancé Gilles Messier, un des premiers à s’exprimer.

Une résidante d’Asbestos, Claire Lecomte, dit avoir l’impression qu’on tente de lui vendre, de lui imposer un projet. «À qui puis-je accorder ma confiance? À la Régie, au Comité de citoyens, aux élus…», s’est-elle interrogée.

Le président Hémond a rapidement réagi. «Nous défendons les intérêts de la population. Nous recherchons la meilleure solution pour un environnement sain, favorisant le développement favorable et durable», a-t-il souligné.

Une autre citoyenne d’Asbestos, Carole Messier, a déposé, pour sa part, un dossier sur, dit-elle, les dangers probables d’un projet comme Estrie Enviropôle. «Quel avenir a-t-on si on bousille la santé? La santé n’a pas de prix, si le site rend nos enfants malades, je suis inquiète», a-t-elle exprimé.

D’autres ont repris sensiblement le même discours. «Je souhaite que mes enfants grandissent en santé. Je souligne qu’en compostant, on peut réduire de moitié nos déchets. C’est possible, si tout le monde fait un effort», a observé Julie, une jeune femme d’Asbestos.

«Non, merci, on n’en veut pas du projet d’Estrie Enviropôle. On a une bonne qualité de vie. SVP, ne la gâchez pas», a renchéri Michael, un résidant de Tingwick.

De son côté, une autre résidante d’Asbestos a soutenu que la gestion des matières résiduelles devait relever du secteur public. «Je suis contre que le privé, à la recherche de profits, puisse gérer les matières résiduelles. La gestion publique, a-t-elle dit, favorise davantage la transparence et l’imputabilité des gestionnaires.»

En faveur du projet, Carlos Dion a fait valoir, pour sa part, que les gens, approuvant le projet, crient moins forts que les opposants. «Les pour ne prennent pas la peine de se déplacer», a-t-il fait remarquer.

Un autre citoyen, Martin Baller, a déploré la lenteur des membres de la Régie, s’interrogeant à savoir pourquoi on en était rendu à ce point aujourd’hui. «Ça fait quatre ans qu’on en parle, qu’on sait que le site fermera. Comment se fait-il qu’on ne soit pas avancé, qu’on doive demander un délai au gouvernement?», a-t-il plaidé.

Par ailleurs, aux personnes s’interrogeant à savoir si le mégaprojet pouvait s’implanter malgré l’opposition, le président de la Régie, Jacques Hémond, a rappelé que le projet ne peut s’implanter avec le plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) adopté par la Régie et limitant l’enfouissement à 50 000 tonnes. «Pour permettre un tel projet, il faudrait que la MRC apporte des modifications au PGMR», a expliqué Jacques Hémond, évoquant aussi la tenue possible d’un référendum dans ce chaud dossier.

«Mais on n’en est pas encore là, a précisé le président lors d’un point de presse au terme de l’assemblée. On n’en a pas encore discuté. Il nous faut regarder les enjeux, il y a beaucoup de choses sur la table.»

Quant au choix de la SDDA, Jacques Hémond fait valoir, non seulement la proximité, mais aussi les coûts intéressants proposés. «Ils ont plusieurs choses à nous offrir. Maintenant que la Régie a statué, on entreprendra des discussions avec la SDDA. Mais c’est pratiquement chose faite», a-t-il reconnu.

Cette période de deux ou trois ans permettra aux décideurs de réfléchir à l’avenir. «On se donne deux ou trois ans. On a des oreilles, on écoute, a indiqué M. Hémond à l’auditoire. On laisse aussi le temps à Estrie Enviropôle d’expliquer son projet. Nous prenons également le temps de réfléchir, d’examiner les nouvelles technologies. Chose certaine, on est là pour respecter l’environnement, la qualité de vie et défendre les intérêts de la population.»

Au terme de la période de questions qui a duré exactement 60 minutes, ponctuée d’une vingtaine d’interventions, quelques commentaires ont fusé de l’assistance. «Vous nous donnez confiance. On a confiance en vous, M. Hémond», ont lancé quelques citoyens.

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