Le député Yvon Vallières maintient la pression pour l’utilisation du procédé asphalte chrysotile.
Québec accroît l’utilisation de l’asphalte chrysotile
Pas question pour le gouvernement du Québec d’abandonner l’utilisation du procédé asphalte chrysotile pour le pavage de routes. Même que son usage augmente cette année, a fait savoir le député de Richmond, Yvon Vallières.
«Sur les 3 600 000 tonnes d’enrobés bitumineux qu’on prévoit utiliser cette année, 125 000 tonnes contiendront du chrysotile. La quantité de chrysotile utilisée se situe entre 1 500 et 1 600 tonnes», a précisé le député Vallières.
Il s’agit d’une augmentation par rapport à l’an dernier. En 2007, Québec a posé sur les routes 76 000 tonnes du procédé à base de chrysotile sur les 2 900 000 tonnes d’asphalte appliquées sur le réseau routier.
«On n’abandonne pas l’utilisation de l’asphalte chrysotile, loin de là», a indiqué Yvon Vallières, avouant qu’il y a eu un questionnement.
«Je suis allé à la source, j’ai rencontré un sous-ministre. Il y a toujours eu des tests avec d’autres matériaux», a-t-il signalé.
Pour le député de Richmond, l’asphalte chrysotile constitue un produit d’avenir. «Ce matériau est plus intéressant sur des routes achalandées. Il résiste mieux aux fissures et retarde, de plusieurs années, la couche d’usure», a-t-il expliqué.
Son coût est plus élevé, de 7 $ à 10 $ la tonne de plus. «Mais le procédé offre une meilleure durée de vie», a fait remarquer le député Vallières.
Malgré cela, Yvon Vallières reconnaît la nécessité de maintenir les investissements dans la recherche pour perfectionner le produit en raison de la compétition avec d’autres matériaux et de certaines exigences, notamment celles de la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST). «Il n’y a aucun problème lors de la pose du produit. Par contre, quand on l’enlève, lors de travaux de planage, il y a des émanations. Et la CSST se montre plus sévère dans ses exigences que pour des travailleurs dans un moulin alors que la norme mondialement reconnue est d’une fibre par centimètre cube. Pour les travaux de planage, on demande un niveau plus bas», a souligné le député de Richmond.
Voilà pourquoi, a-t-il ajouté, que les tests se poursuivent pour améliorer les façons de faire et démontrer l’utilisation sécuritaire du produit.
C’est en 1988 que l’idée a germé concernant un produit à base de chrysotile, a rappelé Yvon Vallières.
Son utilisation a commencé en 1993 avec une quantité de 13 000 tonnes. Son usage a augmenté au cours des cinq premières années pour grimper à 72 000 tonnes en 1997, avant de connaître une chute pour atteindre un creux de vague à 16 000 tonnes en 2000. «La chute importante nous a obligés à intervenir de nouveau massivement, ce qui a permis d’atteindre une quantité de 133 000 tonnes en 2001», a mentionné le député.
«Nous sommes toujours en lutte dans ce dossier. Nous sommes toujours en compétition avec d’autres produits, d’où l’importance des tests et d’améliorer le produit. Il faut éviter aussi que les coûts deviennent excessifs, ce qui rendrait le produit moins compétitif et moins payant», a observé Yvon Vallières.
Pour le ministère des Transports du Québec (MTQ), le résultat compte en bout de ligne.
Yvon Vallières exprime sa satisfaction envers le procédé. «Je souhaite que le MTQ continue de l’utiliser, qu’il fasse le maximum pour répondre aux exigences. On continue de travailler en faveur de son utilisation», a-t-il noté.
De toutes les régions du Québec, c’est en Estrie qu’on utilise davantage le produit asphalte chrysotile. «C’est le cas pour plusieurs routes, dont la 112 dans le secteur Dudswell, la 108 à Lambton, le 161 à Lac Mégantic, entre autres», a-t-il indiqué.