Dangereux le poste de brigadier scolaire
Insultes et non-respect des signaux, les brigadiers scolaires, chargés de faire traverser la rue aux écoliers en toute sécurité, en voient de toutes les couleurs à Victoriaville. Voilà pourquoi le Service de la sécurité publique de la Ville et la Sûreté du Québec s’unissent pour une sensibilisation nécessaire des usagers de la route.
Le directeur du Service de la sécurité publique, Martin Leblond, explique que les brigadiers et brigadières, postés à 19 endroits stratégiques, matin, midi et soir, sont des personnes compétentes. «On n’offre pas le poste à n’importe qui, a-t-il dit. Les brigadiers reçoivent une formation, subissent un examen. Ils vont évaluer sur les lieux s’ils peuvent faire le boulot. Et on assure un suivi d’année en année, on s’assure qu’ils accomplissent le travail. Mais on ne contrôle pas le comportement des usagers de la route qui collaborent peu.»
D’où la nécessité de sensibiliser la population à l’aube d’une nouvelle rentrée scolaire.
Le directeur Leblond fait remarquer que les brigadiers, dont il a la responsabilité, ont la compétence requise pour effectuer le travail pour lequel ils sont rémunérés. «Ils représentent aussi l’autorité, le pouvoir légal de faire immobiliser les véhicules. On espère ainsi la collaboration des citoyens pour la sécurité scolaire. À Victoriaville, ce sont 420 jeunes qui traversent les rues, matin, midi et soir», a-t-il souligné.
La Sûreté du Québec compte bien mettre la main à la pâte. «Nous voulons tous la sécurité. Même si on ne peut être là tout le temps, nous serons là pour vous appuyer», a lancé, aux brigadiers, le sergent Gaétan Bédard, policier responsable des relations avec la communauté.
Le policier a insisté sur une prescription du Code de la sécurité entourant le travail des brigadiers. «Toute personne doit obéir aux ordres et aux signaux des brigadiers. Les contrevenants s’exposent à une amende totalisant 154 $ en plus de trois points d’inaptitude», a indiqué le sergent Bédard, précisant aussi que les usagers devaient se conformer aux panneaux mobiles d’arrêt.
Manque de respect
Commentant leur travail, deux brigadières, Lyne Demers et Hélène Croteau, ont raconté les fréquentes situations dangereuses auxquelles elles sont confrontées.
Pas un seul jour ne passe, ont-elles dit, sans que quelque chose n’arrive. «Il arrive souvent que les gens nous engueulent. Même en place au milieu du chemin, on nous lance : qu’est-ce que tu fais là, on n’a pas de temps à perdre avec toi», a relaté Mme Demers.
Les brigadières ont aussi constaté que les personnes d’un certain âge posent problème. «Les aînés font preuve énormément d’imprudence. Ils pensent que nous agissons simplement pour ralentir la circulation», a confié Hélène Croteau.
«Les gens ne comprennent pas qu’ils ne doivent pas bouger, ni même effectuer un virage à droite, quand un brigadier aide les enfants à traverser», a renchéri Lyne Demers.
Le sergent Bédard a invité les brigadières à ne pas hésiter à signaler toute problématique et à demander l’aide de la SQ. «Ça prend ça, une visibilité policière, c’est du renforcement, parce que nous nous sentons bien seules. Et c’est pire le matin», a signalé Mme Croteau.
Opération Transpec
La Sûreté du Québec, à l’occasion de la rentrée, mènera l’opération Transpec, une opération de surveillance dans le transport scolaire.
«Des policiers seront affectés spécifiquement à l’opération pour surveiller le transport scolaire, les alentours des écoles, suivre les autobus et appuyer les brigadiers. On entend aussi faire monter des policiers à bord des autobus», a fait savoir le sergent Bédard.