Gérard Page a quitté le palais de justice avec soulagement.
Gérard Page acquitté de crimes sexuels
Gérard Page, un résidant de Sainte-Séraphine, a été acquitté, vendredi après-midi, des accusations d’attentat à la pudeur et de grossière indécence à l’endroit d’une fillette entre 1970 et 1977.
L’accusé, âgé d’une soixantaine d’années, a bénéficié du doute raisonnable. «Des événements ont été décrits avec précision. Il s’est même probablement passé quelque chose, a indiqué le juge Mario Tremblay de la Cour du Québec. Mais il ne serait pas raisonnable , avec les seuls faits, d’écarter le témoignage de l’accusé.»
Le magistrat a aussi observé que la poursuite n’a pas été en mesure d’identifier des motifs pouvant amener le Tribunal à écarter le témoignage de l’accusé qui a corroboré la majeure partie des descriptions relatées par la plaignante. «Mais il a nié tous contacts de nature sexuelle», a rappelé le juge Tremblay.
Par ailleurs, la Cour, a dit le juge, n’a aucune raison de douter de la version de la plaignante. «Elle a témoigné avec une grande rigueur, avec une description des lieux et des souvenirs très précis. Et le contre-interrogatoire n’a pas affaibli la qualité de son témoignage», a souligné le magistrat.
L’accusé a aussi bien témoigné, de l’avis du juge Tremblay. «Il n’a pas hésité avant de répondre, il n’a pas donné l’impression d’être calculateur. Pour l’essentiel, il a résisté au contre-interrogatoire», a-t-il noté.
Avant de rendre son jugement, le juge Tremblay dit avoir lu, deux fois plutôt qu’une, les notes du procès. Et cela n’a pas modifié son évaluation, a-t-il précisé.
En rendant son verdict, le juge Mario Tremblay a insisté sur la notion du doute raisonnable. «L’accusé bénéficie de la présomption d’innocence. Le lourd fardeau appartient à la poursuite qui doit démontrer la culpabilité hors de tout doute. Ce poids ne se déplace pas», a-t-il expliqué.
Soulagement
S’adressant aux journalistes présents, l’avocat de Gérard Page, Me Guy Boisvert, a indiqué que son client a accueilli le jugement avec soulagement.
«Il repart soulagé, sachant que l’abcès a été crevé et qu’il peut maintenant retourner à ses affaires après avoir traversé une période difficile», a-t-il commenté.
Malgré tout, l’affaire laissera des traces. «C’est le genre d’accusation qui ne s’efface pas», a fait remarquer le criminaliste.
Interrogé à savoir ce qui a fait pencher la balance, Me Boisvert fait valoir la crédibilité. «Il en va de la crédibilité de l’accusé, a-t-il signalé. Le juge se fait une impression. Quand un individu ment, les tribunaux s’en aperçoivent.»
L’avocat ne s’attend pas à ce que le verdict soit porté en appel. «Les tribunaux supérieurs ne se penchent que rarement sur les décisions des juges de première instance sur les questions de crédibilité. C’est exceptionnel que les tribunaux agissent de la sorte, il faudrait une erreur de droit», a-t-il conclu.