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«On donne ce qu’on récupère… et on récupère de moins en moins!»

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 21 juillet 2008 à 15:31
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«On donne ce qu’on récupère… et on récupère de moins en moins!»
Isabelle Voyer
«On donne ce qu’on récupère… et on récupère de moins en moins!»
«On vit dans une société où de nos concitoyens ont des problèmes financiers tels qu’ils doivent se contenter de carottes ramollies ou de boîtes de conserve bossées. Ils en sont là pour une raison ou pour une autre, pour une durée plus ou moins déterminée. On les voit ou on ne veut pas les voir. Ou, enfin, on ne peut pas souffrir de les voir. Pourtant, ils existent.»
Coordonnatrice de l’organisme Sécurité alimentaire, Isabelle Voyer lance un appel à la conscience «individuelle» des citoyens, ceux qui, collectivement, peuvent faire la différence pour les plus démunis.

Elle dit que si chaque fois qu’on achetait ses provisions alimentaires, on déposait une denrée dans le panier prévu à cet effet, la Sécurité alimentaire n’aurait pas besoin, comme aujourd’hui, de lancer un cri d’alarme. «C’est peut-être une utopie que de dire que chaque personne devrait le faire. Mais s’il y en avait davantage que maintenant, ça aiderait en maudit!»

Depuis trois ans, l’organisme connaît un ralentissement dans son approvisionnement, comme partout ailleurs au Québec, observe Mme Voyer.

À Victoriaville, la fermeture de l’entrepôt victoriavillois de Provigo a constitué un premier coup dur pour la Sécurité alimentaire.

Puis, peu à peu, les supermarchés ont modifié leurs habitudes. «On ne peut les blâmer de vouloir éviter le gaspillage et d’avoir instauré un meilleur contrôle de leurs inventaires», explique Isabelle Voyer.

Mais cela a des effets sur l’organisme, dont la mission première, justement, consiste à récupérer des produits invendus dans les supermarchés pour les redistribuer. «On donne ce qu’on récupère… et on récupère de moins en moins!»

L’organisme réceptionne les denrées non périssables que recueille, par exemple, la compagnie APS. Il s’agit de produits dont l’emballage ou le contenant pourrait rebuter le consommateur.

Sécurité alimentaire effectue aussi sa tournée des épiceries, boutiques spécialisées, boulangeries, jardins, en quête des denrées périssables qu’on veut bien leur donner.

Malgré la bonne volonté de tout un chacun, observe Mme Voyer, on constate, là aussi, que le camion ne revient pas aussi garni qu’auparavant.

«La crise mondiale a déjà commencé à se répercuter sur le prix des aliments et sur toute la chaîne de production. De sorte qu’on peut s’attendre à ce que des boulangers, par exemple, rationnent leur production à ce qu’ils seront certains de pouvoir vendre.»

En poste depuis un an à la coordination de l’organisme, Isabelle Voyer dit que, certaines semaines, elle est presque gênée de ce que la Sécurité alimentaire met dans le «panier» des gens qui se présentent à ses locaux.

Il ne semble pourtant y avoir disette sur les étalages de l’organisme situé à la Place communautaire Rita-Saint-Pierre. Mais elles se vident brusquement. Il s’agit de savoir qu’en une journée, les 240 personnes seules qui viendront chercher des provisions (elles viennent aux deux semaines) videront d’un coup une tablette de ses 240 boîtes de biscuits, de ses 240 sacs de pâtes ou de riz, de ses 240 pots de beurre d’arachide ou de confitures.

Et on n’aura pas encore reçu les petites familles (au moins deux enfants) ainsi que les grandes familles, celles qui comptent plus de trois enfants.

À deux reprises, au cours de l’année, la Sécurité alimentaire lance deux opérations importantes, la collecte de Noël et le souper Venaison.

«La collecte de Noël sert – sauf pour les produits qu’on ne peut garder plus de six mois -, à approvisionner les paniers que l’on distribuera au Noël suivant.

Quant au souper Venaison, il permet de recueillir de l’argent dont on a besoin pour acheter des denrées périssables. «On prévoit acheter pour 16 000 $ cette année. Le seul achat de lait nous coûte entre 10 000 et 11 000 $», précise la coordonnatrice. Son bas de laine de 8 000 $ se détricote lentement et l’organisme prévoit un déficit de 22 000 $ au terme de la prochaine année.

De l’argent ou des denrées? Que préférerait la Sécurité alimentaire? «Tout ce qui entre ici, sort, de toute façon.»

Après avoir bouclé une année à la coordination, Isabelle Voyer soutient qu’il faudra envisager d’autres possibilités d’approvisionner la Sécurité alimentaire que les opérations habituelles, la tournée des entreprises, les appels à la générosité. «Peut-être nous faudra-t-il constituer des clubs pour l'achat en gros?»

Elle ne perd pas de vue qu’au-delà du service qu’il offre, l’organisme cherche à lutter contre la pauvreté. De constater une augmentation de 4,4% de la «clientèle» de la Sécurité alimentaire constitue aussi un signal inquiétant.

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Commentaire mis en ligne le 22 juillet 2008
Suite à cet article, je me souviens que dans les années antérieures, j'ai moi-même eu recours à la banque alimentaire durant quelques années. J'étais en pleine santé, aucune famille à ma charge et pouvais travailler...j'avoue, j'ai "profité du système". Ai-je des remors? possible. Aujourd'hui je suis autonome financièrement. Je suis sorti de cette misère. Je comprends très bien ce que certaines familles peuvent ressentir lorsqu'elles ont de la difficulté à nourrir les siens. Certaines personnes "profitent du système" et d'autres en ont réellement besoin. Je dois donc faire ma part pour contribuer à la banque alimentaire. Et si tous et chacun prenait le temps d'acheter ne serais-ce qu'UN produit non périssable par semaine pour déposer dans le panier prévu
à cette fin à l'épicerie, imaginez-vous combien la banque alimentaire pourrait récolter sans avoir besoin de lancer un cri d'alarme?? Ne soyons pas INGRAS...c'est quoi donner un minimum de 3$/sem? une bière en moins? des cigarettes en moins? des biscuits en moins? vous n'en mourrez pas! DONNONS car il se pourrait bien qu'un jour, ce sera nous qui aurons BESOIN de la banque alimentaire....et tant mieux si nous n'en n'avons jamais besoin, réfléchissez à savoir quel genre de personne vous êtes en donnant ou non....

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