L'Étang Roger-Paquet au parc Terre-des-jeunes
Joli parc autour d’un étang dégradé
Joli, l’environnement de l’Étang Roger-Paquet au parc Terre-des-jeunes, reconnaît la biologiste Anouk Thibault, directrice générale du Centre de recherche d’éducation en environnement régional (CRÉER). Le hic, c’est que la Ville a traité ce milieu humide comme s’il s’agissait d’un parc, déplore-t-elle. Tant et tant que le milieu lui-même s’est dégradé au lieu de s’améliorer au cours des quatre dernières années.
Traçant le bilan de cette opération de sensibilisation à la protection et à la conservation des milieux humides lancée il y a quatre ans (voir le communiqué intitulé Quatre années ont passé : que sont-ils devenus?, le CRÉER a identifié le marais de Terre-des-jeunes comme étant celui qui s’est le plus dégradé au fil des ans.
À deux reprises, la directrice générale du CRÉER s’est rendue à ce marais pour y constater que plusieurs des interventions avaient raté la cible initiale, celle de protéger le milieu humide.
«On a surtout travaillé à rendre le lieu plus attrayant aux yeux de l’humain, mais on n’a pas protégé la nature du marais. Il y a moins de grenouilles qu’auparavant. Il y a quatre ans, on était certain d’observer un couple de hérons verts. Peut-être y sont-ils encore, mais quand j’y suis allée, je n’en ai vu aucun.»
Anouk Thibault s’est étonnée de la moindre superficie du marais, de son eau moins profonde, de son lit jonché de «cochonneries». Elle a également remarqué qu’il y avait eu du remblaiement et l’installation d’un tuyau qui bloquait la libre circulation des poissons.
De la végétation naturelle a été enlevée, a-t-elle observé, pour faire place à de nouvelles plantations, dont la base est protégée par du paillis. «Et puis, on tond le gazon jusque dans le fossé menant à l’étang.»
«Notre démarche de sensibilisation à l’égard de la protection des milieux humides a porté fruit à bien des endroits avec des propriétaires privés. Mais je pense qu’on a échoué avec la Ville.»
Sans vouloir «taper sur les doigts» de quiconque, Anouk Thibault mentionne que l’aménagement de l’État Roger-Paquet a peut-être été dicté par plusieurs des départements de la Ville, de sorte qu’on a perdu de vue la protection du marais.
Sur le panneau installé en bordure du milieu humide, on y explique que la Ville s’est associée la Corporation de gestion des rivières des Bois-Francs et la Fondation de la faune du Québec pour réaliser cinq opérations : construction d’abris fauniques, «végétalisation» des berges, installation de plantes aquatiques, enlèvement de la salicaire pourpre trop envahissante et implantation d’un sentier et d’aires de repos.
Ramener de l’oxygène
Du côté de la nouvelle division de l’environnement de la Ville de Victoriaville, tant le directeur Serge Cyr et la technicienne, Hélène Plante ne pouvaient expliciter les interventions menées ces dernières années à l’Étang Roger-Paquet.
«Mon avis n’a jamais été sollicité», a déclaré Mme Plante (il y a quatre ans, elle était au service de l’horticulture) qui a effectué la visite du marais en compagnie de la biologiste du CRÉER, Anouk Thibault.
«Effectivement, a convenu Mme Plante, s’il y a eu remblaiement et installation d’un tuyau, ce n’était pas des interventions évidentes pour un milieu humide.»
Elle croit qu’il serait possible de ramener des grenouilles et des insectes dans ce milieu humide en réintroduisant des plantes propices aux berges et des arbres pour procurer plus d’ombre, ce qui refroidirait l’eau du marais, initiative qui réjouirait la biologiste, Anouk Thibault.
«Oui, il faut un côté esthétique, mais la touche humaine doit rester discrète et on doit pouvoir mesurer les conséquences de nos gestes», a précisé Mme Plante.
Elle parle de l’Étang Roger-Paquet, mais elle a aussi les yeux sur un autre milieu humide au Parc Terre-des-jeunes, plus intéressant encore, selon elle, parce qu’il joue vraiment un rôle de filtration. Là aussi, il y aurait de «belles interventions à faire».
Quant à Serge Cyr, il mentionne que son service de l’environnement est à préparer des projets de protection des milieux humides. Il espère que le conseil municipal accepte de consacrer de l’argent pour en aménager un par année. Concernant l’Étang Roger-Paquet, M. Cyr mentionne qu’il y aurait possibilité de lui redonner de l'oxygène en ajoutant des plantes aquatiques.