Nathalie invite les gens à entrer dans l'univers qu'elle a créé pour eux.
Dans l'antre de Nathalie Levasseur
Les visiteurs de l'exposition de Nathalie Levasseur, intitulée Conscience et racines et présentée tout l'été au Grave de Victoriaville, se sentiront un peu comme chez eux en entrant.
En effet, l'artiste, qui est originaire de la région, a transformé les deux salles d'exposition en y installant des objets du quotidien, recueillis ici et là et qui font en sorte qu'on se sent comme dans une maison.
«J'invite les gens dans un espace qu'ils vont reconnaître et où il y a des choses à découvrir», explique-t-elle. En effet, les visiteurs, contrairement à la plupart des expositions, sont invités à s'asseoir sur les sièges du salon ou de la salle de séjour ou encore à se cacher dans la tente faite à partir de draps et de couvertures.
«J'ai de la difficulté avec les murs blancs des salles d'exposition», avoue Nathalie. C'est pourquoi elle n'a pas hésité à investir les lieux et à les transformer en un espace habité qui fait partie de notre quotidien.
Et parmi ces meubles et ces reliques du passé, on peut apprécier des œuvres, tressées pour la plupart, réalisées par l'artiste, qui se marient parfaitement au décor. «Ainsi, ce n'est pas clair ce qui est une œuvre et ce qui ne l'est pas», indique-t-elle avec amusement.
Avec cette exposition qui «bougera tout au cours de l'été», Nathalie souhaite que les gens se reconnectent avec ce qu'ils sont. En effet, l'artiste est en résidence au Grave tout l'été et en profite pour faire des recherches sur ses origines, sur sa généalogie. «Je me suis toujours intéressée à l'histoire, à la transmission des savoirs », souligne-t-elle.
C'est pourquoi elle expose des nappes, décorées de dessins faits au petit point, des «catalognes», des fonds de chaises tressés, etc.
Nathalie estime, avec ce projet qui est très personnel finalement, se faire un cadeau de création incroyable. «C'est la première fois que je me permets de travailler avec l'histoire de ma famille», apprécie-t-elle.
L'œuvre, qui se veut évolutive, sera soumise au hasard des rencontres auxquelles la population est invitée. De fait, l'artiste offrira des performances, à la vélogare du Grand-Tronc tous les jeudis de juillet. À ce moment, elle travaillera sur son œuvre qui s'intitule Les femmes de mon arbre et qui sera formée de 28 œufs tressés à partir de racines.
L'exposition se poursuit jusqu'au 16 août