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Consommation responsable et télévision

Article mis en ligne le 7 juillet 2008 à 21:23
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Consommation responsable et télévision
Jacques Brodeur
Consommation responsable et télévision
Quand on parle de consommation responsable, on peut penser à économiser les ressources de notre planète et celles de notre ...porte-monnaie.
On peut aussi penser à protéger les enfants face à la publicité qui les manipule ou les pousse à la surconsommation. Or, enfants et ados passent plus de 25 heures par semaine devant le petit écran : télé, jeux vidéo, ordinateur (clavardage et Internet).

Chaque heure de télé comporte 12 minutes de pub, toutes axées sur l'incitation à la consommation. Ces divertissements électroniques proclament des valeurs de plus en plus toxiques pour la santé physique et mentale des jeunes, comme en font foi les études sur l'obésité.

Comme la loi québécoise qui interdit la pub aux moins de 13 ans n'est pas étanche, il faut que les parents la complètent. L'école d'aujourd'hui doit aiguiser le sens critique des jeunes et renseigner leurs parents sur les dommages causés par certains médias.

Les médias font partie de l'environnement et colorent notre perception du monde et de la vie et celle des jeunes. Les effets néfastes de la télévision et des jeux vidéo sur les jeunes d'âge scolaire sont réels et, hélas, durables, comme l'ont confirmé plus de mille études médicales et scientifiques.

Les divertissements violents tapissent l'imaginaire des jeunes de fantasmes qui valorisent la vengeance, sans compter la propagande haineuse contre les femmes utilisée par certains rappeurs pour attirer des milliers d'ados et vendre des albums.

Comme les médias électroniques n'obéissent qu'à une seule loi, celle du profit, la santé mentale des jeunes et de la société ne pèse pas lourd dans les décisions de ceux qui les gouvernent.

Mais comment peut-on protéger la jeunesse des techniques sophistiquées utilisées pour les manipuler, pour les divertir avec des modèles brutaux, cruels, désensibilisants? Pour présenter aux fillettes et aux adolescentes des pitounes comme modèles, et favoriser ainsi leur sexualisation précoce?

Est-il possible de contrer l'influence du petit écran avec succès? Depuis avril 2003, le «DÉFI de la Dizaine sans télé ni jeux vidéo» a enthousiasmé des centaines de parents, mobilisé des milliers de jeunes, fait la Une du Journal de Montréal et de divers reportages à la radio et à la télé. En mai 2008, le DÉFI a fait un clin d'œil à MAI 68 dans tous les journaux de France.

Ce DÉFI des 10 jours sans écrans est une contribution positive à la consommation plus responsable de petit écran et des mille et un produits qu'on y fait désirer aux enfants.

Si nous voulons que la consommation responsable rejoigne et passionne tous les groupes d'âge et toutes les couches de la société, il faut faciliter la concertation des énergies de tous ceux et celles --et ils sont nombreux-- qui cherchent à protéger les enfants de l'influence néfaste d'une sollicitation publicitaire qui les pousse sans cesse (et les oblige même) à la surconsommation.

Éducateurs et parents ont plus que jamais raison de penser qu'en matière de consommation, il faut de toute urgence réduire l'emprise des médias sur les jeunes.

Jacques Brodeur

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