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En autobus pour se rendre au travail

Des avantages, même fiscaux, pour les entreprises

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 2 juillet 2008 à 15:39
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En autobus pour se rendre au travail
De gauche à droite, René Thivierge, Carole Gagnon, Lionel Fréchette et Thérèse Domingue
En autobus pour se rendre au travail
Des avantages, même fiscaux, pour les entreprises
Et si les employeurs de tous les coins, plats ou montagneux, de la MRC d'Arthabaska pouvaient compter sur un service de transport collectif, recruteraient-ils plus de travailleurs établis, par exemple, à Victoriaville?
C'est à la fois l'hypothèse, le rêve et le pari du service de transport de la MRC d'Arthabaska, Municar. Objectif que vise aussi la Corporation de développement économique des Bois-Francs.

La MRC d'Arthabaska serait ainsi la première au Québec à faire reconnaître son service de transport collectif en milieu rural au ministère du Revenu.

Ce que cela signifie? Que les entreprises d'ici pourraient profiter des avantages fiscaux reliés au remboursement des frais de transport de leurs employés utilisant Municar… et que ces frais remboursés aux employés ne seraient pas imposables.

La présidente de Municar, Colette Gagnon, le préfet de la MRC, Lionel Fréchette, et la responsable du développement de Municar, Thérèse Domingue, viennent d'en faire l'annonce.

«Avec l'augmentation des coûts de l'essence, le vieillissement de la main-d'œuvre, ce nouveau service procurera un avantage indéniable aux entreprises de la MRC d'Arthabaska», a déclaré René Thivierge, directeur général de la Corporation de développement économique des Bois-Francs.

Il a expliqué que les entreprises étaient dispersées sur le territoire, ce qui constitue, parfois, un inconvénient pour les Ham-Nord, Chesterville Daveluyville et Tingwick par exemple, éloignées du bassin de main-d'œuvre qu'est Victoriaville. «Et avec les hausses du coût de l'essence, pas certain que s'améliorera la mobilité de la main-d'œuvre!», a-t-il ajouté.

Plusieurs projets d'expansion de ces entreprises situées ailleurs qu'à Victoriaville seraient ainsi freinés par des problèmes de recrutement, a dit le commissaire industriel.

Le transport ne règle pas tout, mais il constitue un facteur important, a ajouté M. Thivierge. «À la Corpo, on avait même déjà envisagé la possibilité d'organiser un service de transport pour intéresser des gens de deTrois-Rivières à venir travailleur chez nous», a-t-il révélé.

Dès septembre, Municar ira à la rencontre des entreprises de la MRC pour leur expliciter les modalités du service et les avantages fiscaux, les mêmes d'ailleurs qui sont offerts au Québec aux grandes sociétés de transport des milieux urbains.

Évidemment, les entreprises peuvent manifester immédiatement leur intérêt en communiquant avec Municar.

La présidente a expliqué que ce nouveau service de transport offert aux travailleurs s'adaptera, par son horaire et le type de véhicule, à ceux qui l'utiliseront.

Par exemple, dix employés résidant à Victoriaville, pourraient, tous les matins, monter à bord d'un minibus de Municar pour se rendre à leur travail à Chesterville et revenir chez eux, à la fin de leur journée de travail. Ce pourrait être plus, ce pourrait être moins. Ce pourrait être pour les quarts de travail de jour, même de soir et de nuit. Leur employeur pourrait décider qu'il paie la moitié, les trois quarts ou la totalité des frais de leur laissez-passer mensuel.

Les circuits ainsi dessinés pour le transport des travailleurs permettraient à Municar d'enrichir son offre aux autres usagers. Quand un véhicule a déposé les travailleurs, rien ne l'empêche d'embarquer d'autres passagers pour son voyage de retour, a expliqué Thérèse Domingue.

Le service serait régulier, offert durant toute l'année et à des heures bien différentes du transport scolaire dont Municar peut aussi profiter. Il faut pousser les limites du transport scolaire qui s'arrête lorsqu'il y a des tempêtes, des congés, pendant juillet et août et dont les horaires ne sont pas toujours compatibles avec ceux des travailleurs, a expliqué la présidente.

Pour l'instant, seules les entreprises de la MRC d'Arthabaska peuvent bénéficier des avantages fiscaux reliés au transport collectif, parce que cette dernière a déclaré compétence en transport collectif pour toutes les municipalités de son territoire, a expliqué Monique Boulanger, répondante en transport des personnes au bureau régional de Transports Québec. Rien ne dit qu'un jour, d'autres MRC n'emboîteront pas le pas… ou le véhicule à la MRC d'Arthabaska.

Ce que souhaite d'ailleurs le préfet, Lionel Fréchette, disant espérer que le projet fasse «boule de neige». Que Municar puisse contribuer au développement économique le ravit.

Le grand défi de Municar, c'est de «changer les habitudes», a conclu Thérèse Domingue. Elle souhaite presque un prochain hiver «infernal» et d'autres augmentations du prix de l'essence pour convaincre les travailleurs d'abandonner leur voiture et de s'embarquer avec Municar.

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