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Entre la clinique et la rue : un pas pour l’infirmière Mélanie Goulet

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 30 juin 2008 à 15:30
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Entre la clinique et la rue : un pas pour l’infirmière Mélanie Goulet
Mélanie Goulet
Entre la clinique et la rue : un pas pour l’infirmière Mélanie Goulet
Avec toute l’énergie de ses presque 24 ans, l’infirmière clinicienne Mélanie Goulet a pris le relais de Martin Gobeil pour aller à la rencontre des jeunes de la rue, prête à quadriller le centre-ville, le Parc Terre-des-Jeunes, le Parc du Mont-Arthabaska de Victoriaville et à se rendre à Plessisville, Warwick et Daveluyville si on lui en fait la demande.
Ce travail de rue, elle en rêvait depuis l’Université Laval où elle a complété son baccalauréat en soins infirmiers il y a quatre ans.

«C’est intense! La rue, c’est un tout autre monde que le milieu hospitalier! Travailler avec les jeunes, c’est écouter, surtout écouter, parce que je n’ai rien à leur imposer. Et leurs demandes sont diversifiées.»
Du matériel…
Son gros sac à dos est bourré à pleine capacité du matériel qui lui est nécessaire pour effectuer des prélèvements de dépistage des infections transmises sexuellement et par le sang, les ITSS, comme on dit dans le jargon. Elle trimballe aussi des tests de grossesse, des contraceptifs, dont la pilule du lendemain pour la jeune femme qui se croit enceinte et pour il est urgent d’intervenir.
Elle emporte aussi avec elle des seringues neuves et des contenants pour débarrasser les jeunes consommateurs de drogues de leurs seringues usées. Dans son sac, il y a également une trousse de premiers soins pour panser des blessures, certains jeunes ayant négligé de se faire traiter. «Évidemment, il se peut que je les invite à se rendre à l’hôpital.»
… et des connaissances
Son sac à dos est bourré. Mais elle met aussi toutes ses connaissances et son expérience à la clinique santé ITSS/planning (CLSC) du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) d’Arthabaska-et-de-l’Érable au bénéfice des jeunes de 12 à 25 ans qui l’accostent lorsqu’elle effectue ses rondes de soir… même de nuit.
Lorsqu’il fait beau, escortée souvent par les travailleurs de rue et le travailleur de parc de Répit-jeunesse, Mélanie fréquente les lieux où les jeunes peuvent l’aborder, lui poser des questions, lui parler de leurs problèmes de santé, se renseigner sur les méthodes contraceptives.

Elle consacre 14 heures par semaine à la «clinique de rue», du mardi au vendredi, parfois aussi le samedi, distribuant sa carte de visite… comme une invitation à la consultation.
Un pas entre la rue et la clinique
Ce job d’infirmière de rue, Mélanie Goulet le met en relation directe avec son travail à la clinique ITSS/planning du CLSC, où elle oeuvre depuis deux ans.
Et, depuis près d’un an, cette clinique a aussi un pied-à-terre au cégep de Victoriaville. Mélanie Goulet y travaille deux jours par semaine, accueillant les collégiens. Là aussi, il est question de contraception, de dépistage, éventuellement, d’interruption volontaire de grossesse. Lorsque la situation le requiert, l’infirmière réfère les cas à la docteure Claudine Archambeault, pratiquant aussi au Cégep à raison d’une demi-journée toutes les deux semaines.

Le poste d’infirmière de rue, le CLSC (maintenant le CSSS) l’a institué il y a onze ans, estimant qu’il lui fallait aller là où sont les jeunes, cette clientèle étant peu encline à fréquenter le milieu institutionnel. «Je pense qu’il ne faudra jamais cesser d’être dans l’école, dans la rue parce qu’il y a toujours de nouvelles générations de jeunes qui arrivent et qui besoins de services infirmiers», précise la jeune femme.

Comme d’autres, elle constate qu'est encore plus nécessaire aujourd'hui l'enseignement des comportements sécuritaires à adopter pour contrer les infections transmises sexuellement. Leur recrudescence le démontre, comme si les jeunes générations avaient baissé la garde.

Il faut marteler le message, dit l’infirmière. La syphilis, l’herpès, la chlamydia, la gonorrhée et le sida n’ont pas, aujourd’hui, de moins de graves conséquences qu’auparavant. Il est vrai, admet-elle, qu’on banalise, à tort, une maladie comme le sida. Le vieil adage reste aussi d’actualité… vaut mieux prévenir que guérir. Encore qu’il faille ajouter que le sida reste toujours incurable.

Mélanie Goulet estime que son travail à la clinique du CLSC lui permet d’offrir un suivi aux jeunes de la rue qu’elle a rencontrés. «Et je m’assure qu’ils ont les moyens de se rendre à la clinique s’il le faut.»

Originaire de Thetford Mines, Mélanie Goulet est la quatrième à endosser le sac à dos d’infirmière de rue. C’est Chantale Brochu qui avait étrenné la fonction il y a onze ans, suivie par Sonia Plourde. Martin Gobeil y a acquis le titre de «vétéran», lui qui a consacré sept de ses précieux étés aux jeunes de la rue. Il a plié bagage à la fin de l’été dernier.

En tout temps, on peut joindre l’infirmière de rue. Son numéro de téléavertisseur est le 819 795-2835.

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