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Richard Gamache ou la culture du possible

Manon Toupin par Manon Toupin
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Article mis en ligne le 26 juin 2008 à 7:00
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Richard Gamache ou la culture du possible
Le poète aura davantage de temps pour écrire…
Richard Gamache ou la culture du possible
Quand on entre dans la maison du poète-maire de Norbertville, Richard Gamache, on entend Brassens, Brel, Leclerc ou Ferré. «Ils ont écrit des poèmes et des chansons qui, chaque fois qu'on les écoute, portent du nouveau, nourrissent ou entretiennent le cerveau», explique-t-il d'entrée de jeu.
Le poète est serein, heureux d'être désormais en retraite progressive. Ainsi, il ne travaille plus que trois jours par semaine. «Ça fait que le mercredi à 17 heures, je suis en congé. Ça me laisse le mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche», calcule-t-il à sa manière.

Ce nouveau temps devant lui devrait permettre au poète de se remettre, plus hardiment, à l'écriture. «Je gribouillais, mais ça fait longtemps que je n'ai pas écrit», indique-t-il.

En fait, lorsqu'il a acheté la maison qu'il habite, avec l'ancienne écurie derrière qu'il souhaitait, depuis le début, transformer en café-concert, son horaire de travail au Cégep, a changé. «Je me suis retrouvé à travailler le soir. Alors, au lieu de prendre deux ans pour faire La Gamacherie, il en a fallu 8. Mais ce projet a permis de garder le poète vivant puisque j'étais créatif dans La Gamacherie».

Ce café-concert, dont il parle comme d'une création collective, est une de ses belles réalisations qui entame cette semaine sa cinquième saison de diffusion. «J'aime le monde des arts, je suis boulimique des arts, d'où l'idée du café-concert», estime le poète qui indique avoir baigné dans la culture, de par sa famille élargie, depuis qu'il est tout petit. «Chez nous, il n'y avait pas vraiment de musicien, mais beaucoup de curiosité et la culture du oui», insiste-t-il. C'est ainsi que l'idée de créer un lieu de diffusion, à Norbertville, revient, selon Richard Gamache, à ses parents…

Et la poésie de l'homme lui vient de cette envie et de cette passion d'écrire, qui l'anime aussi depuis ses jeunes années. «Je suis un être entier et ce sont mes parents qui m’ont tout montré. J'ai œuvré dans différents milieux (bar, huissier adjoint, radio, etc.) où j'ai appris à m'aimer, à me dépasser, à me sentir. Et j'assume pleinement le poète et l'auteur-compositeur», ajoute-t-il.

En effet, lorsqu'il parle de poésie, de chanson ou autre forme d'art, on voit les étoiles dans ses yeux. «J'ai travaillé avec Alain-François, et le Vieux St-Pierre m'a permis de jouer et de faire de la sonorisation. Mais la poésie est partout…», note le poète avec philosophie.

Cette retraite progressive lui permettra, tout simplement, comme il l'indique si bien, de remettre le temps à son rythme, et peut-être, de faire plus que de composer trois chansons et faire une douzaine de spectacles par année. Justement, sur son piano, trônent, pêle-mêle, différentes musiques et des feuilles de papier où sont couchées, attendant patiemment d'être complétées, plusieurs chansons et poésies. De beaux textes qui font vivre des moments intenses, autant au lecteur qu'à ceux et celles qui ont la chance de les entendre.

Et comme si la poésie, le travail et la Gamacherie ne suffisaient pas, l'homme est, depuis 2005, maire de sa municipalité. Le maire-poète explique être un entrepreneur dans l'âme et que son café-concert lui a permis d'alimenter cette fibre de lui-même, avec l'aide d'amis et de gens de son patelin. Alors, quand Norbertville a eu besoin d'une nouvelle philosophie administrative, Richard Gamache a voulu remettre un peu de tout ce que les citoyens lui avaient donné en l'appuyant dans la mise en place de la Gamacherie. «Le maire c'est en fait la figure de proue. Les administrateurs de la municipalité ce sont les conseillers et le directeur-général. Je ne suis que le représentant, l'idéateur… Comme pour le poète, l'huissier ou l'homme de scène, il faut beaucoup de diplomatie pour être maire», avoue-t-il.

Lors de l'entrevue, il en était à sa troisième semaine dans son nouveau rythme de vie. «Je ne peux pas prendre plus d'activités que j'en ai actuellement. Mais ça vient me donner de l'air, du temps pour respirer et pour recommencer à écrire, à composer. Je travaille et espère écrire quelque de beau, que les gens, au fur et à mesure qu'ils l'entendent, devinent le mot qui s'en vient», souhaite-t-il.

On ressent une véritable sérénité chez le poète qui s'est manifesté à plusieurs endroits. «Je n'ai pas de rendez-vous manqué dans ma vie. La Gamacherie a été le leitmotiv pour que le poète demeure. Aujourd'hui, l'infrastructure de base est en place et je souhaite que l'endroit puisse marcher de lui-même», termine-t-il.

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