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JPH Massicotte : une nouvelle classe pour apprendre à s’engager

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 18 juin 2008 à 16:17
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JPH Massicotte : une nouvelle classe pour apprendre à s’engager
Sébastien et Geneviève montrent leur drapeau. Leur enseignante, Claudia L'Heureux
JPH Massicotte : une nouvelle classe pour apprendre à s’engager
«Les citoyens engagés». Ces trois mots, inscrits sur un drapeau, sont encore plus signifiants pour ces élèves de l’école JPH Massicotte qui viennent de passer toute une année dans la nouvelle classe de l’enseignante Claudia L’Heureux.
L’enseignement qu’elle y a offert, amalgamant notions académiques et rudiments de la vie courante, s’intègre au programme de Transition de l’école vers la vie active (TEVA), démarche qu'a initiée l’école JPH Massicotte il y a un peu plus deux ans.

La classe de Mme L’Heureux recrute des jeunes de 16 ans et plus pour qui les apprentissages académiques sont très laborieux et qui ne pourraient, par exemple, quitter immédiatement JPH Massicotte pour un emploi ou pour s’inscrire au CFER, à l’école-entreprise ou à la Fermentière.

«Cette classe, qu’ils peuvent fréquenter jusqu’à 21 ans, c’est une nouvelle voie de sortie pour maximiser leurs compétences, développer leur autonomie, révéler leurs aptitudes», explique l’éducatrice spécialisée, Sylvie Lanneville, responsable de la TEVA.

Au début de l’année scolaire, les élèves de la classe de Mme L’Heureux s’exprimaient à peine. À la fin de l’année, chacun était capable de se présenter devant un groupe de parents pour expliquer une des activités vécues au cours de l’année.

Sébastien a pu lire la «pensée du jour» et expliquer que, désormais, il pense à regarder à droite et à gauche avant de traverser une rue lorsqu’il prend sa «marche de santé». Christelle a appris à organiser son agenda, à lire et à discuter avec les autres du contenu de certains articles de La Nouvelle Union.

Annie sait qu’il y a, dans la vie, des besoins essentiels et d’autres accessoires. Elle a aussi appris qu’il faut aimer qui on est plutôt que ce qu’on aimerait être. Les talents de Geneviève se sont révélés au cours de l’année, elle qui, maintenant, suscite l’admiration lorsqu’elle transforme des ballons en chiens. Sébastien sait maintenant faire la différence entre une pièce de 0,25 $ et un huard, capable de payer le montant qu’on lui demande. Stéphane et Léandre peuvent aussi lire. Même que Léandre va jusqu’à raconter des histoires aux plus jeunes élèves.

Frédéric pourrait confectionner à la maison les biscuits qu’il a appris à cuisiner à l’école. Il sait aussi qu’il y a de la vaisselle à laver, des comptoirs et tables à nettoyer et des fourneaux à récurer!

Marc-André a appris que les enfants ont des droits, mais aussi des responsabilités. Tenant entre ses mains ce qui pourrait tout à la fois être un ballon de soccer en carton qu’un globe terrestre il a indiqué que dans certains pays, des enfants fabriquent ces ballons… sans pouvoir en jouer.

Les éducatrices Claudia L’Heureux, Sylvie Lanneville, Nathalie Bouffard et l’orthophoniste Hélène Laliberté expliquent comment elles cherchent, par tous les moyens, à faire en sorte que ces jeunes puissent, à l’école, développer les habiletés nécessaires pour réaliser leur «projet de vie».

Certains pourront occuper un emploi. D’ailleurs, dans la classe de Claudia L’Heureux, chaque élève dispose d’un portfolio, une sorte de curriculum vitae, un portrait qui sera utile à ses parents et à un éventuel employeur. Des stages et des visites d’entreprises leur sont offerts. Il y a aussi ceux qui pourront se réaliser à travers un engagement bénévole.

Après l’école, tout un monde les attend, qu’il leur faut connaître. Ils ont un réseau social à tisser, des loisirs, des ressources à identifier pour obtenir des services, peut-être un appartement à entretenir.

À ce sujet, la nouvelle classe-appartement (cuisine, salon, chambre) de l’école JPH Massicotte constitue un autre des outils du programme TEVA.

Apprendre à faire un lit, par exemple, peut tout aussi bien servir dans la vie quotidienne que pour un emploi dans un hôtel. «On pourrait prendre des ententes avec des hôteliers qui nous expliqueraient leurs exigences et que l’on pourrait enseigner ici, en vue de former des jeunes à ce travail», explique Mme Lanneville.

L’objectif ultime des éducatrices spécialisées, c’est de voir les élèves quitter l’école en sachant qu’ils trouveront, dans la société, la place qui leur permet de s’accomplir. Elles veulent en faire des citoyens capables de prendre des engagements à leur mesure et d'en tirer du bonheur.

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