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Des «tricheurs»!

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 16 juin 2008 à 11:14
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Des «tricheurs»!
François Gélinas
Des «tricheurs»!
«On ne pourra pas cautionner des membres qui sont des tricheurs!», a déclaré François Gélinas, président de la Chambre de commerce et d'industrie des Bois-Francs parlant de ces détaillants d'essence victoriavillois impliqués dans le cartel mis au jour, jeudi, par le Bureau de la concurrence du Canada.
Mais avant d'expulser les «tricheurs», la Chambre attendra le dénouement des dossiers de poursuites criminelles intentées contre les détaillants, note M. Gélinas.

«On a un code d'éthique à la Chambre. On ne pourra accepter, ni cautionner les agissements de gens d'affaires ayant participé à une collusion. C'est une question de principe. L'essence est un marché spécial, avec ses prix affichés sur des poteaux. Mais, s'entendre, par en arrière, pour fixer les prix, ça va à l'encontre des lois sur le libre marché.»

Depuis jeudi soir, jamais François Gélinas n'a été tant sollicité par les médias nationaux, l'invitant à réagir aux conclusions de l'enquête menée par le Bureau de la concurrence. «Vendredi, c'était pas mal rock and roll

Vingt-trois des 24 stations-services de Victoriaville auraient comploté pour fixer les prix de l'essence. «Ça fait très mal! C'est le lien de confiance entre les gens et les propriétaires de ces bannières qui est rompu et, ici, tout le monde se connaît, se côtoie régulièrement. Chaque fois qu'on va aller mettre de l'essence, on va se demander si on en a eu pour notre argent!».

Le président de la Chambre s'attend à toutes sortes de réactions de la part des consommateurs. «Certains, choqués, vont vouloir bouder les stations de Victoriaville. Mais aller faire son plein à Warwick ou à Princeville, ça va faire son temps. Les gens vont finir par se résigner.»

François Gélinas a hâte de voir comment va réagir la communauté d'affaires. «Est-ce que les propriétaires de flottes de camions ou de taxis, gros consommateurs de carburant, entreprendront un mouvement de boycottage de certaines bannières?»

M. Gélinas a le sentiment que la découverte du vaste complot pourrait «profiter» d'une certaine manière aux Victoriavillois. «Je m'attends à ce que les prix stagnent pour quelque temps. Pas un ne voudra être le premier à les faire monter.»

D'ailleurs, François Gélinas se souvient de cette époque où les prix de l'essence étaient toujours plus élevés à Victoriaville qu'ailleurs, au Québec, même dans les Bois-Francs. Il est fort possible, croit-il, que les procédures d'enquête entamées par le Bureau de la concurrence dès juin 2004 aient incité les détaillants à mettre la «pédale douce» sur leurs prix. Généralement, depuis ce temps, Victoriaville ne fait plus partie des villes où les prix de l'essence sont les plus élevés au Québec. C'était d'ailleurs pour cette raison que la Chambre de commerce et d'industrie des Bois-Francs et de l'Érable n'avait pas emboîté le pas de la Chambre de commerce de Sherbrooke. En 2007, cette dernière dénonçait des prix à la pompe plus élevés qu'ailleurs.

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