Vicky Côté, peu avant son départ pour la grande aventure Destination Nor'Ouest 2
«Chaque jour est une surprise…»
Vicky Côté s'est embarquée pour Destination Nor'Ouest 2
Vicky Côté, propriétaire du resto-bar Caméléon de Victoriaville, est loin de sa clientèle ces jours-ci. Elle s'est embarquée pour la grande aventure puisqu'elle est un des dix voyageurs choisis pour Destination Nor'Ouest 2, sur les traces de MacKenzie. Pour elle, chaque jour est une surprise…
Depuis le 6 juin, elle s'est transformée en voyageur du 18e siècle pour cette aventure qui la mènera, avec son groupe, de Peace River en Alberta, jusqu'à l'océan Pacifique. Leur voyage est entièrement filmé et fera l'objet d'une série d'émissions de télévision qui seront diffusées au cours de la saison 2009.
Sur un parcours de 2 600 kilomètres, le groupe, vêtu comme à l'époque, avec un canot d'écorce et leur détermination comme seul «moteur», se doit de traverser de difficiles épreuves pour se rendre à destination. Et ils ont un maximum de 100 jours pour relever le défi.
Lors d'une journée de congé, mercredi dernier, il a été possible de faire une entrevue téléphonique avec Vicky, qui semblait apprécier ce temps de repos, après cinq journées éprouvantes à pagayer, à contre-courant le plus souvent, sur la Peace River.
Vicky a expliqué, pour débuter, qu'elle avait décidé de s'inscrire dès qu'elle avait vu l'annonce à la télévision. «Je suis une fille de plein air. J'aime la pêche et la nature et j'avais envie de faire quelque chose pour me dépasser. J'ai eu un bon feeling», a-t-elle indiqué tout simplement.
Avant son départ officiel, elle a eu droit à un entraînement d'une douzaine de jours, à Winnipeg, avec les autres membres de l'équipe. Et depuis six mois, à Victoriaville, elle s'est entraînée à raison de trois ou quatre fois par semaine avec un entraîneur personnel. Mais il semble que ce n'était rien comparativement à ce qu'elle a eu à affronter jusqu'à maintenant. «Nous devons remonter la rivière où il y a des hauts fonds. Alors, il faut descendre du canot, aller dans l'eau froide pour faire avancer le canot puis remonter», raconte-t-elle.
Vicky a indiqué qu'elle était bien préparée mentalement, mais que malgré tout, l'expédition est extrêmement difficile. «Ma grandeur ne m'aide pas non plus. Avec mes 5 pieds 3 pouces, lorsque les autres ont de l'eau aux genoux, moi c'est à mi-cuisse. C'est aussi plus difficile pour moi de remonter dans le canot», avoue-t-elle.
Mais le fait qu'elle se retrouve avec des équipiers dont plusieurs ont beaucoup d'expertise dans le plein air entre autres, fait en sorte qu'ils devraient se rendre à bon port. Déjà, après quelques jours de voyage, Vicky a indiqué que les forces s'étaient classées. «Ce n'est pas évident non plus de partir avec neuf autres personnes que tu ne connais pas», note-t-elle.
Le plus difficile…
Des cours d'eau tumultueux, les animaux sauvages, les moustiques ne sont pas le pire à affronter pour Vicky. En effet, interrogée à savoir ce qu'elle trouvait le plus difficile jusqu'à maintenant, elle a indiqué en riant : «Il n'y a pas d'élastiques à cheveux». Mais plus sérieusement, il semble que c'est le froid qui rend l'aventure plus pénible pour la Victoriavilloise.
«Il pleut beaucoup. Le matin, on remet nos bas mouillés, nos mocassins trempés et on part dans l'eau… Nous avons les pieds mouillés toute la journée», indique-t-elle. La rivière est sur fond de glaise et Vicky a indiqué qu'il lui était arrivé d'en avoir jusqu'aux cuisses. Pas facile d'avancer dans de telles conditions, mais cela n'a pas arrêté l'équipe.
Les nuits sont aussi très froides dans cette partie du pays et les voyageurs dorment sous une bâche, avec deux couvertures de laine…Un matin même, Vicky a indiqué qu'il y avait du frimas sur le canot au réveil.
Pour ce qui est de la nourriture, Vicky doit s'ennuyer du menu du jour du Caméléon. En effet, l'équipe doit se contenter de la nourriture que les explorateurs mangeaient jadis, soit du pemmican (préparation de viande séchée qui ne goûte rien selon Vicky), du riz et de la bannique (pain amérindien). «Je ne souffre pas de la faim. Même que les premiers jours, je n'avais pas faim du tout», explique-t-elle.
On sent beaucoup d'enthousiasme et de détermination dans la voix de Vicky. En terme de dépassement de soi, on peut difficilement imaginer une plus grande épreuve. «Après cette aventure, je vais connaître mes limites», souhaite-t-elle.
Au niveau personnel, il s'agira certainement d'une expérience des plus enrichissantes. Au niveau professionnel, c'est pour Vicky, la première fois, en 9 ans, qu'elle prend d'aussi longues vacances. Et en tant que femme d'affaires, elle a avoué que c'était quelque chose, pour elle, que de lâcher prise et de s'abandonner dans cette aventure unique…
Deuxième édition
Une grande aventure du genre a eu lieu en 2006 et Destination Nor'Ouest 2, sur les traces de MacKenzie se veut un périple encore plus difficile, plus sauvage et dangereux que le précédent.
L'événement est parrainé par Georges Hébert-Germain et les voyageurs sont guidés par le journal d'Alexander MacKenzie (grand explorateur qui fit le trajet pour la première fois en 1793). Ils devront donc remonter et descendre les mêmes rivières que l'explorateur. Ils ont à pagayer en moyenne 20 km et sont suivis par une équipe de tournage.