Bienvenue et... bon courage!
Chaque année, le Canada reçoit des milliers de nouveaux immigrants. Selon le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles, environ un million quatre cent mille (1 399 322) personnes ont été admises au Canada entre l’année 2000 et l’année 2005.
Soixante pourcent de ceux-ci sont des immigrants économiques reçus en tant que travailleurs qualifiés ou gens d’affaires. Trente pourcent sont accueillis par le programme de réunification familiale et dix pourcent sont des réfugiés.
Un réfugié est une personne sélectionnée à l’étranger ou au Canada, qui craint, avec raison, d’être persécutée et qui ne veut ou ne peut vivre dans son pays d’origine. Ce présent article a pour objectif de présenter le parcours d’arrivée et d’intégration des nombreux réfugiés colombiens trouvant asile dans notre région.
En effet, Victoriaville est, depuis l’an 2000, l’une des 13 villes québécoises à accueillir des réfugiés et cela, à raison de 25 familles par année. Il y a, jusqu’à présent, environ 273 colombiens, soit 0,06% de la population de Victoriaville. Afin d’assurer un accueil chaleureux à ces nouveaux arrivants, quelques mesures sont prises et plusieurs intervenants s’impliquent à chaque jour.
Bien appréciée dans le milieu, Isabelle Blouin, bachelière en psychologie, travaille depuis plus de trois ans pour le Comité d'accueil international (C.A.I.).
Son rôle est de faire le pont, d’accompagner et d’orienter les personnes seules ou les familles qui viennent se réfugier dans la MRC d'Arthabaska. Cette intervenante m’a permis d’assister à la première rencontre d'accueil d'une famille de colombiens : un couple et leur fils adolescent.
La rencontre se déroule au local de l’organisme, situé à la Place communautaire Rita-St-Pierre. Un agent du ministère de l’Immigration anime la rencontre, accompagné d’un interprète colombien et de la représentante du C.A.I.. La famille est attentive bien qu’elle ait atterri la veille, d'un voyage plutôt épuisant et intense en émotions.
Tout a commencé à Bogotá, en Colombie, lorsque la famille a présenté une demande à titre de réfugiée à l’ambassade du Canada. Celle-ci était en effet persécutée à cause du conflit en Colombie. Cependant, avant de voir sa demande acceptée, la famille doit se rendre à une première entrevue et compléter un formulaire.
Son cas est ensuite étudié et réévalué lors d’une seconde entrevue. Une fois la demande acceptée, chaque personne passe un examen de santé rigoureux et fait une demande de visas. Elle se rend par la suite à l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), à Bogotá, pour acheter les billets d’avion. Le prêt pour ceux-ci doit être remboursé dans un délai de trois ans après l’arrivée au Canada.
Après 14 heures de vol, la famille met le pied à terre à l’Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal, où elle est accueillie par un organisme de l’immigration. Les familles reçoivent des vêtements chauds, lorsqu’elles arrivent en pleine saison hivernale, puis sont conduites à une salle pour compléter les diverses démarches nécessaires à l’immigration.
Par la suite, la famille peut séjourner à Montréal ou continuer jusqu’à la destination prévue. Une fois qu’elle a le statut de réfugiée, les membres de la famille sont automatiquement considérés comme résidents permanents et peuvent habiter où ils le désirent au Canada. Ils peuvent par exemple aller rejoindre des amis ou de la famille déjà installés.
À Victoriaville, la famille est accueillie au terminus d’autobus ou à l’hôtel où elle est hébergée pour une durée temporaire de sept jours. Elle espère qu’enfin, le pire est derrière elle et que le meilleur reste à venir. Ce ne sera cependant pas toujours facile pour elle étant donné le choc culturel et la nécessité de s’adapter.
La principale difficulté au début est la langue française. C’est pourquoi le C.A.I. aide la famille à compléter les formulaires nécessaires pour l’obtention des cartes d’assurance sociale et d’assurance maladie ainsi que pour l’inscription à la sécurité du revenu. Par la même occasion, l’agent d’immigration leur explique leurs droits et responsabilités en tant que résidents permanents à l’aide d’un guide ayant pour titre «Apprendre le Québec» qui leur est remis en espagnol.
Ce manuel présente de nombreuses informations sur notre système politique, nos valeurs de société, nos lois, nos identifications personnelles, le système d' impôts, les quelque 1 000 heures de francisation à suivre, ce qu'implique un bail, le permis de conduire, les diplômes à évaluer, etc.
Immigration Québec, tant qu’à lui, fournit les électroménagers, une table, des chaises, des lits et une commode. Quelques magasins peuvent aussi commanditer les vêtements de base. La famille est invitée à faire une visite de la ville et à choisir sa demeure. Elle peut également être accompagnée lors de la visite d’un logement.
Selon Isabelle, les propriétaires sont généralement ouverts aux réfugiés Le C.A.I. accompagne aussi les familles au Centre local d’emploi afin qu’elles reçoivent leur première aide financière et à la caisse populaire pour l’ouverture d’un compte.
Même pour la première épicerie, rien n’est laissé au hasard, car les nouveaux arrivants peuvent être guidés soit par Isabelle, qui connaît un peu la cuisine colombienne ou soit par des familles québécoises ou colombiennes déjà installées.
En général, chaque nouvelle famille est jumelée avec une famille québécoise ou une famille réfugiée bien intégrée. Après la période de francisation, la plupart des réfugiés arrivent à pénétrer le marché de l’emploi.
L’intégration dans la société d’accueil implique de relever de grands défis au quotidien, que ce soit dans la rue, à l’école ou au travail. Selon Isabelle, qui leur offre un suivi au besoin, il arrive qu'ils s'ennuient ou revivent des moments de leur passé en Colombie, mais ils sont plutôt discrets sur le sujet.
«Ici, on ne vous demandera pas cinq ou six fois par jour vos papiers d’identité. Ici, les seules personnes armées sont des policiers qui font surtout de la prévention.» Toute une différence! Une nouvelle vie commence dans la tranquillité et la paix...
Julie Morin et Jose Ricardo Delgado Abril avec la collaboration d’Isabelle Blouin
Chronique réalisée grâce à l'appui financier du «Programme d'appui aux relations civiques interculturelles» du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles.