Dans l'ordre habituel : Josianne Pelchat, Sarah Patry, Catherine Lebel, Adélie Juneau, leur enseignante Chantale St-Cyr, Joey Lavigne, Carolann Larivière, Vicky Toutant et Maude Beaudoin-Roberge
Intimidation et taxage : des jeunes refusent de jouer à l'autruche
Sensibles à ce que vivent les jeunes victimes de rejet, d'intimidation, de discrimination, voire de taxage, 33 élèves du cours Maîtrise et affirmation de soi de l'enseignante Chantale St-Cyr du pavillon Le Boisé de Victoriaville se sont ingéniés à créer toutes sortes d'activités de prévention, de sensibilisation, même de soutien.
Alain Rayes, refuse de «jouer à l'autruche», disant que le phénomène d'intimidation et de taxage n'épargne aucune institution, pas même l'école qu'il dirige. «Il y en a entre tous les murs», a-t-il déclaré, dénotant d'ailleurs une augmentation.
Des «chocs culturels», comme il les a appelés, il s'en vit aussi parmi les élèves des écoles en région. L'orientation sexuelle, un handicap physique, le style vestimentaire, même la coiffure peuvent constituer des motifs de rejet ou de discrimination.
Il a louangé ces jeunes «allumés» de la classe de Chantale St-Cyr, dont les initiatives «nous poussent, nous les adultes, à agir… et vite!»
Par son cours – optionnel – Chantale St-Cyr veut préparer les jeunes à «vivre leur vie». Ils ont besoin d'acquérir des connaissances, d'apprendre ce qu'il leur faut pour gagner leur vie, mais ils ont aussi besoin d'un précieux outil, leur «estime de soi», a-t-elle dit.
Et c'est en les invitant à faire preuve de créativité afin de mieux vivre avec eux-mêmes et avec les autres que les élèves de sa classe ont décidé de s'attarder à ceux qui sont «esseulés», «écoeurés», «rejetés».
Un courrier et des «parrains»
Certaines de leurs activités ont déjà eu lieu. D'autres se projettent dans l'avenir. Comme ce système de courrier ultra secret qu'on organisera pour la rentrée automnale.
Une boîte aux lettres, fermée à clé, sur laquelle on aura inscrit Non à l'intimidation et au taxage sera installée tout près du local de «pasto». Auront accès aux messages contenus dans cette boîte fermée les aidants naturels habiles à répondre à ces appels au secours. Ils seront supervisés par les professionnels de l'école, a indiqué Maude Beaudoin-Roberge.
Les jeunes ont également créé un système de «parrainage» pour faciliter l'intégration des élèves de première secondaire, du moins ceux qui le désirent. Un élève de cinquième secondaire pourrait ainsi guider les pas du nouvel arrivant, lui faisant visiter les lieux, lui faisant connaître les services, répondant à ses questions. Les parrains seront clairement identifiés, arborant un chandail spécifique, arborant même une carte professionnelle. Tous les élèves de sixième année recevront, en août, une lettre les avisant de ce nouveau service. Le parrainage pourrait «rassurer» les nouveaux élèves, a dit Vicky Toutant.
Pour éviter le pire
D'autres activités ont aussi été organisées par les élèves de la classe de Chantale St-Cyr.
Josianne Pelchat, Sarah Patry, Catherine Lebel et Adélie Juneau ont parlé de cette tournée des classes et de ces messages à l'interphone où on a servi une leçon de «morale» aux jeunes, les invitant à réfléchir aux conséquences de leurs paroles ou gestes blessants. «Écoeurer quelqu'un, ça ne rapporte rien. Et puis, on ne sait jamais ce que cette personne peut vivre comme situation.»
La présentation d'une vidéo a également contribué à susciter la discussion sur le rejet… et le suicide, la fusillade du Collège Dawson en étant une tragique illustration, a expliqué Joey Lavigne.
Carolann Larivière a, pour sa part, participé à l'organisation d'un lave-auto dont les bénéfices (200 $) se transformeront en chèques-cadeaux qu'on remettra, «discrètement et subtilement», aux élèves dont on soupçonne qu'ils n'ont pas les moyens de s'habiller comme ils le souhaiteraient.