John Zorn et son spectacle «The Dreamers (photo : Martin Morissette)
Une soirée d’ouverture en cadeau
Michel Levasseur, directeur général et artistique avait promis une soirée d’ouverture avec John Zorn, en cadeau, pour souligner la 25e édition du Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV). Chose promise, chose due et les gens qui y ont assisté (novices ou habitués) sont ressortis enchantés de leur expérience de musique actuelle.
John Zorn, le pape de la musique actuelle, comme l’a mentionné Michel Levasseur lors du cocktail d’ouverture du FIMAV, a ainsi présenté, en première canadienne, son spectacle «The Dreamers», pour lequel il était accompagné de Cyro Baptista (percussions), Joey Baron (batterie), Trevor Dunn (bass électrique), Marc Ribot (guitare électrique), Jamie Saft (piano, claviers) et de Kenny Wollesen (vibraphone).
À son entrée sur la scène du Colisée (ou prenaient place environ 600 personnes qui semblaient, pour plusieurs conquises d’avance), Zorn a tout simplement présenté ses musiciens avant d’entamer sa présentation musicale sans plus de tergiversations.
Des petits thèmes légers (genre musique de surf des années 60) ont tranquillement débuté le concert, donnant une saveur estivale à l’événement. Puis ils ont fait place à une musique plus soutenue, «rocké» et débridée.
Zorn, bien assis devant ses musiciens et presque de dos à la foule (qui était entièrement concentrée, voire même envoûtée), semblait bien s’amuser de cette musique qu’il dirige de la main, avec un signe de doigt ou en faisant une vague, que comprennent les musiciens sans hésitation.
Ce spectacle était, sans contredit, un cadeau pour les spectateurs et aussi une occasion en or de s’initier à la musique actuelle avec des passages dansants (même jazzés). Tellement, que parfois, la musique semblait trop paisible ou doucereuse pour qu’on croie qu’il s’agissait bel et bien de musique actuelle. Une autre preuve du talent de Zorn!
Jean Derome pour partir le bal
Juste avant John Zorn, les amateurs de musique actuelle avaient rendez-vous avec Jean Derome et les Dangereux Zhoms + 7 au Cinéma Laurier.
Une douzaine de musiciens et leur instrument ont ainsi occupé la scène en cette soirée d’ouverture, avec sa musique tout aussi accessible que celle présenté par Zorn.
Deux pièces ont été proposées lors de cette soirée. Une première intitulée «Traquenard», que les musiciens ont déjà joué une ou deux fois (a expliqué Derome) et une autre, composée dans le dernier mois, tout spécialement pour le FIMAV et intitulé «Plate-Forme» (l’organisme qui voit à l’élaboration du FIMAV année après année). Des rythmes jazzés, organisés, suivi de moment plus intenses et impressionnants, surtout lorsque tous les musiciens se mettent à jouer ensemble, puis s’arrêtent tout aussi soudainement… Une équipe de musiciens, fièrement soudée, qui parvient à proposer une musique paradoxale sans être trop extrême.
Un excellent départ qui démontre bien toute l’expérience de l’équipe d’organisation du FIMAV. Impressionnant même lorsqu’on considère que la plus grande partie de l’année, un seul employé (Michel Levasseur en l’occurrence) y travaille à temps plein.
«La plupart du temps, a-t-il expliqué au cocktail d’ouverture, je travaille seul, dans l’ombre. Lorsque arrive le festival, je me retrouve avec une équipe de 60 employés avec 80 bénévoles et je dois prendre la parole 22-23 fois». Tâche dont il s’acquitte plus facilement, au fur et à mesure que les spectacles se succèdent…