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Quelques mots au député d’Arthabaska

Article mis en ligne le 13 mai 2008 à 12:44
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Quelques mots au député d’Arthabaska
Notre groupe de militants indépendantistes tient à apporter quelques précisions au débat déclenché par vos articles des 7 et 9 mai derniers sur le site Internet du www.lanouvelle.net. Mais précisons en partant que nous ne prétendrons pas ici trancher quel parti a copié-collé les «solutions» idéales de l’autre car, à notre avis, les bonnes idées ne devraient pas avoir de droit d’auteur.

Ce qui nous frappe, au départ, c’est que vous ne parlez plus dans vos deux textes comme le représentant élu de tous les citoyens d’Arthabaska tel que dans votre premier bilan d’apprentissage du 13 mars. Vous vous comportez plutôt comme un simple candidat adéquiste en pleine bataille électorale. Aussi, qu’y a-t-il de dérangeant dans la visite des députés souverainistes Legault et Trottier sur «votre patinoire» pour dénoncer surtout les libéraux? Il est vrai que dans votre parti, seul le chef se promène partout au Québec alors que quelques députés vont au Mexique et ailleurs à l’étranger?

Comme si votre parti avait inventé «le» programme magique idéal, vous préférez plutôt lancer quelques généralités partisanes du genre que tout va mal au Québec à cause des «deux vieux partis». Là-dessus, il est vrai que notre formation a 40 ans, mais nous trouvons que c’est une courte vie face aux 400 ans de notre nation.

Votre parti a 14 ans. Au même âge, en 82, notre formation politique avait déjà été élue deux fois au gouvernement et nous avions transformé le portrait politique et social du Québec avec, entre autres, des législations comme la loi 101 sur la langue, celle sur le financement des partis, sur le zonage agricole, sur l’assurance automobile, sur les droits des personnes handicapées, sur la jeunesse, sur la santé et sécurité au travail, sur l’accès à l’information gouvernementale, en plus des programmes OSE et Corvée Habitation. Pas pire, hein! Après 14 ans, à part d’avoir été du camp du OUI en 95, la seule réalisation de l’ADQ que vous écrivez vous-même dans votre texte, c’est d’être «le parti de Mario Dumont»!

Bien sûr, nous sommes d’accord qu’il y a encore de nombreux problèmes au Québec. Et il est vrai que, sous des gouvernements du Parti Québécois, la crise économique de 1982 et les serrements de ceintures pour atteindre le déficit zéro en 1996-97 ont fait mal car des décisions difficiles ont dû être prises à la suite d'un sommet économique important. Mais il fallait avoir le courage de le faire pour redresser la situation du temps. Par contre, nous trouvons que votre «jeune» parti a continuellement et surtout des «vieilles» recettes qui sont alimentées par certaines idées plutôt conservatrices, telles rêver de plus d’autonomie provinciale à la Duplessis, abolir les commissions scolaires (même celles qui font de l’excellent travail comme la nôtre), encourager financièrement les femmes à rester au foyer, freiner l’immigration, oublier la loi 101, diminuer le nombre de fonctionnaires, diminuer l’impôt à tout prix, couper l’aide sociale aux personnes aptes au travail, et j’en oublie. Nous jugeons qu’il y a de la pensée magique là-dedans, mais force est de constater qu’une partie appréciable des électeurs québécois supportent ces idées et votre parti qui les avance.

De notre côté, vous savez que nous ne voulons pas seulement prendre le pouvoir à la place des «vieux» libéraux. Notre formation pense plutôt qu’une grande partie des solutions commencent par la fusion responsable de nos deux demi-gouvernements (fédéral et à Québec) pour que notre Québec devienne un véritable État-nation social-démocrate. Avec l’arrivée de la mondialisation, nous pensons que notre projet de société devient encore plus essentiel et urgent. Mais nous y reviendrons.

En mars 2007, les électeurs québécois se sont divisés en quatre groupes presque égaux. Un des quatre n’a pas jugé bon de voter. Les résultats des trois autres groupes ont reporté un gouvernement libéral, mais minoritaire. La plupart des Québécois ont alors poussé un soupir de soulagement quand ils ont constaté le peu de députés adéquistes ministrables s’ils vous avaient envoyés au bâton pour de vrai. Changer pour changer, ça ne signifie pas toujours changer pour mieux.

En conclusion, vous semblez penser comme nous qu’un an du discret Charest minoritaire a été un an d’immobilisme agité de nombreuses commissions. Notre parti est prêt à faire tomber ce faux gouvernement qui remonte dans les sondages à mesure qu’il distribue des bonbons déjà prévus.

Plutôt que de nous «picosser», quand allez-vous passer avec nous à «l’action démocratique» d’une vraie campagne électorale? Ainsi, les électeurs d’Arthabaska et du Québec entier pourront débattre laquelle des formations politiques offre les solutions les plus connectées à leur réalité pour gérer le Québec d’aujourd’hui et de demain.

Par nos quelques coups de plume, nous n’espérons pas vous avoir fait changer d’option politique, mais nous souhaitons mieux centrer le vrai débat politique québécois actuel où il devrait être…

Claude Bergeron

Chesterville

Président du conseil exécutif du Parti Québécois d'Arthabaska

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