La chargée de projet, Carole Fontaine, la conseillère municipale France Auger et le maire Roger Richard.
Pour les femmes en politique… et celles qui hésitent encore
Pour soutenir les élues et administratrices, pour favoriser leur réseautage et aussi pour stimuler l’augmentation du nombre de femmes en politique, la Table de concertation du mouvement des femmes du Centre-du-Québec organise un colloque intitulé Femmes au pouvoir : une valeur ajoutée.
Le colloque se déroule au Centre communautaire d’Arthabaska de Victoriaville, toute la journée du vendredi 6 juin.
L’agente de projet Carole Fontaine espère qu’au moins une trentaine des 123 mairesses et conseillères du Centre-du-Québec y participent pour enrichir les échanges. La députée adéquiste Sylvie Roy (Lotbinière), première Centricoise à l’Assemblée nationale, clôturera la journée en parlant de son parcours, elle qui a aussi été mairesse.
Bien sûr, on y attend aussi toutes les femmes qui songeraient à se lancer en politique, scolaire, municipale, provinciale, fédérale.
Quatre ateliers leur seront offerts pour parler de développement social et des communautés, de politique familiale, de développement durable et d’équité.
La conseillère municipale de Victoriaville, France Auger, se fait un devoir de participer à ce colloque. «On a des énergies à mettre pour attirer plus de femmes en politique», a-t-elle dit, espérant qu’un jour plus de femmes se retrouvent autour de la table du conseil victoriavillois.
Seule femme parmi dix hommes, France Auger a parlé de cette «magnifique expérience» qu’est la politique municipale, de l’«accueil» et du «respect» de ses collègues à son égard.
Elle a déclaré qu’occuper une «chaise dans un conseil municipal n’était pas vraiment plus compliqué qu’en occuper un dans un bureau ou dans un autre poste administratif».
France Auger a ajouté qu’elle se voulait un modèle «simple» pour inviter les femmes à s’engager. «J’aimerais démystifier la politique municipale. On a tendance à mettre ce rôle sur un piédestal.»
Si les femmes n’occupent pas encore la moitié des postes électifs au Centre-du-Québec – elles en occupent 30% -, c’est peut-être, selon la conseillère Auger, parce que les femmes se sous-estiment.
Il y a peut-être de cela, mais il y a aussi un problème d’emploi du temps, a ajouté le maire Roger Richard, invité à commenter le sujet.
La politique n'a pas de sexe
Selon lui, la politique n’a pas de sexe. Les compétences et les capacités non plus n’en ont pas, a-t-il souligné. «Quand quelqu’un lève la main au conseil, ce n’est pas un homme ou une femme!», a-t-il précisé. L'un et l'autre doit prendre sa place, avoir un ascendant sur le groupe.
Il a poursuivi en disant qu’on se présente en politique municipale parce qu’on en a l’intérêt, de la disponibilité et la confiance de ses concitoyens. «On n’y va pas pour réaliser un rêve ou un idéal et espérer changer le monde. Les réalités quotidiennes nous rattrapent vite avec ces questions municipales d'aqueducs, d'égouts, de rues, de trottoirs!»
Aujourd’hui, dit Roger Richard, même les hommes ne se bousculent pas aux portes pour occuper des fonctions électives. «Ces fonctions sont plus exigeantes et moins reconnues. Plusieurs se demandent pourquoi ils se donneraient du trouble. Qualité de vie et politique ne sont pas compatibles à temps plein!», a-t-il lancé. Il a conclu en disant que, homme ou femme, il fallait aussi se munir d’une «carapace» - pouvoir prendre du «recul» - assumer ses décisions. La population a de plus en plus d'attentes et d'exigences à l'égard des élus.
Le colloque du 6 juin s’achèvera avec un hommage à la Centricoise de tête et de cœur, ce prix honorant une élue municipale s’étant particulièrement démarquée dans la région. Au
www.femmescentreduquebec.ca on pourrait obtenir tous les renseignements sur le colloque du 6 juin.