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Allo, le monde?

Somum se dote d’un serveur international

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 5 mai 2008 à 12:00
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Allo, le monde?
Stéphane Carrière, pdg de Somum
Allo, le monde?
Somum se dote d’un serveur international
Peut-être bien qu’un jour pas si lointain, des Chinois de Shanghai recevront un appel d’urgence d’une centrale téléphonique située… à Victoriaville. Un peu, comme aujourd’hui, des Québécois reçoivent des appels de téléphonistes postés en Inde. «On ne peut peut-être pas concurrencer les coûts de main-d’œuvre des pays asiatiques, mais on peut profiter de nos avancées technologiques. C’est une sorte de retour des choses!», dit, en souriant, Stéphane Carrière, président directeur général de l’entreprise victoriavilloise Somum.
Depuis quelques semaines, l’entreprise a créé sa centrale de débordement branchée à 48 lignes téléphoniques – 200 d’ici l’automne - ce qui lui permet de multiplier et d’accélérer les appels d’urgence.

Le p.d.g. de Somum, explique que tous les clients de Somum et d’autres institutions qui le souhaiteraient, qu’elles soient des Bois-Francs, d’Allemagne, de France ou de Chine, pourraient y recourir lorsque, en procédures de mesures d’urgence, elles doivent communiquer au plus vite des messages à leur population.

«Victoriaville, par exemple, ne peut, avec ses lignes téléphoniques, n’effectuer que douze appels à la fois. Quand il y a urgence et beaucoup de monde à appeler, c’est trop peu.»

L’évolution des communications téléphoniques, la réduction des frais interurbains ont favorisé la création de cette centrale et pavé la voie … ou la voix à Somum qui détenait déjà une longueur d’avance en ce domaine.

Créée en 1986 par Réal Pellerin, acquise par Stéphane Carrière en 1996, lequel s’est associé un actionnaire européen en 2001 (Jean-Jacques Milot), Somum est la plus vieille entreprise au monde spécialisée dans la diffusion des appels de masse, prétend M. Carrière.

Les Victoriavillois connaissent, en gros, ce système des automates d’appels, recevant parfois des messages téléphoniques de la Ville pour les aviser, par exemple, de l’amorce d’un chantier dans leur quartier ou du lavage d’une conduite, de la tenue d’une réunion d’information.

Somum espère aussi que sa récente percée du côté des 23 autres municipalités de la MRC d’Arthabaska convainque d’autres MRC du Québec à se doter du logiciel d’appels automatisés. «D’ici décembre, on s’attend à ce que vingt autres MRC emboîtent le pas à celle d’Arthabaska», dit encore M. Carrière, analyste en informatique de profession.
Des tentacules autour de la planète
L’entreprise dessert déjà, au Québec, quelque 200 municipalités, des commissions scolaires, des établissements de santé et de services sociaux, des centres de bénévolat (programme de surveillance PAIR). Chacun utilise le système d’appels automatisés pour ses besoins particuliers. Un établissement de santé, comme un CLSC, peut l’utiliser pour organiser sa clinique de vaccination. Une commission scolaire s’en servira pour lancer ses messages d’absence d’élèves à leurs parents ou pour aviser de la fermeture d’une école. Un cabinet de dentiste y aura recours pour rappeler ses rendez-vous.

Mais le marché québécois demeure restreint pour une entreprise comme Somum, admet Stéphane Carrière.

D’ailleurs, précise-t-il, l’entreprise n’existerait plus si elle n’avait pas lancé ses «tentacules» dans le monde. Il y a dix ans, elle commençait à s’implanter en France, en Angleterre, en Allemagne, en Italie. «Les marchés extérieurs ont été la clé de notre développement», dit M. Carrière, qui préside aussi le Carrefour québécois international du Centre-du-Québec et de la Mauricie. Il ne rate jamais une occasion de participer au salon Futurallia, où qu’il se tienne. Ce qu’il fera, pour une cinquième fois les 20, 21 et 22 mai prochains à Québec.

Ainsi, si elle n’avait pas commencé à exporter son génie et son approche bien particulière, Somum serait disparue de la carte, très exactement autour de 2001, explique encore M. Carrière. À cette époque, les fusions municipales, la réforme policière, les réductions budgétaires ont constitué tout autant de freins pour Somum. «On a profité de cette période de latence au Québec pour réviser nos approches et nos stratégies.»

Exporter, même en Ontario et aux États-Unis, de proches voisins, nécessite du temps et des investissements, souligne le p.d.g. de Somum.

Un peu plus tard, la petite entreprise de Victoriaville – huit employés – a finalement, modifié sa façon d’exporter en s’associant plutôt à de grandes sociétés. «Au lieu de chercher des distributeurs, on a opté pour des intégrateurs.»

Par exemple, son partenaire PG Govern, une société canadienne spécialisée dans la gestion de solutions pour les organisations municipales peut offrir à ses clients cette fonctionnalité des appels automatisés qu’a développée Somum. Même chose pour IFCS, laquelle œuvre dans le domaine de l’entretien des bâtiments, du réseau électrique et des véhicules. Somum peut également percer le monde des établissements scolaires par le biais de COBA ou encore le domaine géomatique via Kheops technologies.

«Ça favorise l’élargissement de nos champs de compétences et peut nous amener un peu partout dans le monde, là où s'installent nos partenaires.»

Stéphane Carrière s’attend à ce que Somum prenne une nouvelle erre d’aller et puisse créer, à Victoriaville, de nouveaux emplois spécialisés.
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