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Les citoyens sont mal informés des risques liés aux matières dangereuses

La population ne saurait pas comment réagir

Article mis en ligne le 1 mai 2008 à 11:49
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Les citoyens sont mal informés des risques liés aux matières dangereuses
René Lord, conseiller en promotion de la santé et André Dontingy, directeur de santé publique, Mauricie et Centre-du-Québec, ont dévoilé cette semaine le rapport «Matières dangereuses : savoir quoi faire».Photo Le Courrier Sud
Les citoyens sont mal informés des risques liés aux matières dangereuses
La population ne saurait pas comment réagir
Sauriez-vous quoi faire si un accident de train provoquait un déversement massif de chlore près de chez vous? Pour la plupart des citoyens, la réponse serait non. Le directeur de santé publique de la Mauricie et du Centre-du-Québec vient d'ailleurs de déposer un rapport pour encourager une meilleure information des citoyens.
André Dontingy, directeur de santé publique, s'inquiète du fait que la population n'est pas mise au courant par les industries et les municipalités des risques liés aux matières dangereuses utilisées ou transportées sur son territoire.

«Les municipalités et les générateurs de risques ont des plans et des mesures préventives. Ils prévoient des moyens de protéger la population, mais sans l'en informer. Pour moi, il faut informer les citoyens pour qu'ils participent aux prises de décisions et soient mieux en mesure de réagir. Un risque ne s'accroit pas du fait qu'il est mieux connu», soutient André Dontingy.

Le rapport qu'il vient de lancer est avant tout destiné aux municipalités et aux générateurs de risques, soit les entreprises et les industries utilisant ou transportant des matières dangereuses. Il révèle que plus de 11 tonnes de matières dangereuses sont actuellement entreposées en Mauricie et au Centre-du-Québec. À cela, il faut ajouter environ 300 camions lourds par jour, soit plus de 100 000 camions lourds par année, qui font transiter des matières dangereuses sur le territoire.

Si la réglementation n'oblige ni les générateurs de risques ni les municipalités à informer la population, André Dontigny est convaincu qu'une meilleure information des citoyens conduirait à une meilleure préparation et, ultimement, à des conséquences moins graves en cas d'accident.

«Il faut d'abord que les gens prennent conscience des risques et soient informés des systèmes d'alerte qui sont en place et des mesures de protection à prendre en cas d'urgence», affirme-t-il en donnant pour exemple un déversement de chlore qui a eu lieu en Caroline du Sud à la suite du déraillement d'un train et qui a entraîné 9 morts et des centaines d'évacuations. «Dans un cas comme celui-là, le nuage toxique qui s'étend peut-être mortel jusqu'à 1,7 kilomètre, mais une simple mise à l'abri dans sa maison permet de se protéger», illustre-t-il, en voulant démontrer que des citoyens informés seraient ainsi mieux en mesure de prendre les mesures pour protéger rapidement leur santé et celle de leurs proches.

Le rapport baptisé «Matières dangereuses: savoir quoi faire» est disponible en version électronique sur le site internet de l'agence de santé au www.agencesss04.qc.ca.

Annabelle Laberge

annabelle.laberge@transcontinental.ca

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