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«Les mentalités sont en train de changer»

Manon Toupin par Manon Toupin
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Article mis en ligne le 17 avril 2008 à 11:21
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«Les mentalités sont en train de changer»
Claude Picher
«Les mentalités sont en train de changer»
Le chroniqueur économique et financier de La Presse, Claude Picher, rencontrait les membres de la Chambre de commerce et d'industrie des Bois-Francs et de l'Érable, mercredi soir. Il a dressé un portrait de la situation actuelle du Québec et son espoir de voir la province s'en sortir même si les nouvelles ne sont pas nécessairement bonnes.
«Nous sommes touchés par des bouleversements sans précédent», a-t-il débuté, en faisant référence à l'arrivée de la Chine et de l'Inde dans le marché, à la crise du crédit aux États-Unis et à la crise manufacturière du Canada.

«La Chine, on ne l'avait pas vu venir. Alors, il faut s'adapter», a-t-il indiqué aux auditeurs attentifs, en soulignant toutefois qu'il considérait l'arrivée de ce nouveau joueur, davantage comme une menace, plutôt que d'un danger.

Quant à la crise du crédit aux États-Unis, cela ne représente pas non plus pour M. Picher, un immense problème. «Les États-Unis se sont toujours sortis, très rapidement, des crises financières».

Selon lui, les principaux problèmes auxquels le Québec doit faire face sont les prix énergétiques, la concurrence des pays émergents et la crise manufacturière. «En un an, 100 000 emplois du domaine manufacturier ont été perdus au Canada. Mais si on regarde du côté des services, les nouvelles sont bonnes, ce qui fait que le taux de chômage descend», rassure-t-il.

Alors, le Québec est-il équipé pour faire face aux différents bouleversements? À cette question, M. Picher a soulevé différentes lacunes du Québec. «Il y a un problème de productivité. Le Québec est en retard sur le reste du Canada et le Canada est en retard sur les États-Unis », a-t-il mentionné.

La fiscalité (les impôts trop élevés qui servent à engraisser une bureaucratie trop lourde, a-t-il indiqué), les programmes sociaux trop généreux, le vieillissement de la population, le décrochage scolaire et la détérioration des échanges commerciaux sont, selon lui, les contraintes avec lesquelles il faut fonctionner. «Mais je pense qu'on pourrait s'en sortir», estime-t-il.

Pour ce faire, le chroniqueur considère qu'il faut changer les mentalités, tranquillement, un processus déjà enclenché. «Les Québécois ont évolué au niveau des finances personnelles, même si la culture économique semble déficiente. Mais il y a de l'amélioration».

Après un bref exposé, M. Picher s'est fait un devoir de répondre, de son mieux aux questions des gens d'affaires présents qui s'interrogeaient, par exemple, sur les fluctuations du dollar canadien dans les prochains mois, la pertinence d'ajuster les coûts de l'hydro-électricité selon le prix du marché. On l'a même questionné pour savoir s'il envisageait une carrière en politique, question à laquelle il a répondu qu'il était en pré-retraite et que la politique n'était pas un métier aussi facile qu'on pourrait le croire…

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