Le prof Jean-François Léonard, Maude Lauzière-Dumas et Sylvie Gendron, respectivement agente aux programmes éducatifs et coordonnatrice de Solidarité Nord-Sud des Bois-Francs
À l'ONU… comme s'ils y étaient
130 collégiens débattent de questions internationales
Troquant le statut de collégien contre celui d'un représentant du Bostwana, de la Russie ou du Vietnam, quelque 130 étudiants en sciences humaines du cégep de Victoriaville et quelques autres du cégep de Drummondville simuleront une réunion de l'Organisation des Nations Unies (ONU).
Cette rencontre «historique», accessible au public, aura lieu le samedi 26 avril, à la salle de regroupement du Cégep, entre 8 heures et 16 h 15.
Le public pourrait être particulièrement intéressé aux échanges de l'après-midi, alors que les jeunes délégués débattront des propositions émanant de leurs travaux menés, l'avant-midi, dans cinq commissions.
L'assemblée générale sera présidée par la députée Vivian Barbot (elle a déjà enseigné le français au Cégep, a présidé la Fédération des femmes du Québec et œuvré à titre de coopérante). Le député fédéral André Bellavance et le député provincial Jean-François Roux seront également présents au début de l'après-midi pour livrer leurs discours.
On s'attend à des résolutions portant sur l'environnement, la militarisation et la guerre, une éventuelle de réforme de l'ONU, l'annulation de la dette des pays pauvres. Peut-être aussi que le «conseil de sécurité» aura à soumettre une proposition au débat.
La Déclaration du Québec Responsables aussi du monde qu'ont appuyée 51 députés québécois sera également soumise aux discussions.
Les jeunes «délégués» devront respecter le code vestimentaire, le vocabulaire de politesse et tout le protocole encadrant les discussions de cette organisation internationale, a expliqué Maude Lauzière-Dumas, agente aux programmes éducatifs de Solidarité Nord-Sud des Bois-Francs.
C'est d'ailleurs cet organisme qui a initié l'activité, financée par le Fonds pour l'éducation et l'engagement du public à la solidarité internationale.
L'événement constitue une occasion pour les jeunes de mieux comprendre le fonctionnement de l'ONU, les relations internationales, le processus de prise de décisions. «C'est dur la démocratie!», a dit un des jeunes participants à cette simulation organisée depuis dix ans à Sherbrooke pour des élèves du secondaire.
Pour la simulation victoriavilloise, Solidarité Nord-Sud s'est allié l'indispensable collaboration du prof Jean-François Léonard, enseignant au département des sciences humaines du cégep de Victoriaville.
Depuis janvier, dans le contexte de son cours Régime et vie politique, il a aléatoirement attribué un pays à chacun de ses étudiants. On sait à l'avance qu'il manquera des délégués à la simulation du 26 avril, puisque l'ONU se compose de 194 pays.
Chacun des étudiants a dû entreprendre une recherche et produire des travaux sur les politiques intérieures et les liens internationaux du pays qu'il aura à représenter lors de la simulation. Puisque les débats seront filmés, le prof Léonard évaluera les performances de ses élèves. Des notes leur seront attribuées. Même que des bourses d'études seront octroyées aux plus méritants.
Les profs des cours Idéologies et régimes politiques ainsi que de Géographie politique et culturelle (offerts aux cégépiens de deuxième année) ont également été invités à contribuer à cette activité. Quelques-uns de leurs étudiants pourront soumettre des propositions à cette grande «table» des Nations Unies.
On ne sait jamais quels chemins peut emprunter une idée, a répondu le prof Léonard lorsqu'on lui a demandé si une résolution adoptée à l'«ONU de Victoriaville» pourrait, un jour, se retrouver, sur la vraie table des nations.