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«L’idée est trop belle pour qu’on la laisse tomber»

Le député Bernard Drainville plaide pour l’indépendance

Claude Thibodeau par Claude Thibodeau
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Article mis en ligne le 10 avril 2008 à 22:44
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«L’idée est trop belle pour qu’on la laisse tomber»
Le député Bernard Drainville
«L’idée est trop belle pour qu’on la laisse tomber»
Le député Bernard Drainville plaide pour l’indépendance
«Quand ça va mal, on voit les vrais. Je suis fier d’appartenir à cette belle équipe. On va passer au travers. L’idée est trop belle pour qu’on la laisse tomber», a lancé, jeudi soir, le député péquiste de Marie-Victorin, Bernard Drainville, conférencier invité au souper bénéfice du Parti québécois d’Arthabaska, en présence de près d’une cinquantaine de militants du comté d’Arthabaska, réunis à la salle Cristal de Victoriaville.
D’entrée de jeu, l’ancien journaliste, ayant œuvré pendant 18 ans à Radio-Canada, a expliqué les raisons qui ont motivé son saut dans l’arène politique. «Pendant 18 ans, j’ai rapporté les idées des autres. À 44 ans, j’étais mûr pour faire valoir mes propres idées. L’idée de l’indépendance et l’égalité des chances, a-t-il dit, ont motivé mon saut en politique.»

Bernard Drainville reconnaît l’hésitation dans l’opinion publique et il l’attribue à un manque de confiance. «Nous avons encore un problème de confiance pour se dire oui à nous même. Mais il faut continuer notre travail, continuer à y croire. Nous devons continuer à travailler et cela finira par porter fruit. Quand tu sèmes, tu récoltes», a-t-il affirmé.

Le député Drainville croit que les Québécois ont encore le goût d’entendre parler d’indépendance. «Mais ils veulent qu’on leur en parle différemment, avec des arguments pris dans le quotidien des gens. Tout est dans la façon d’expliquer. Et il faut faire appel à la fierté, parler de ce qui nous différencie, la langue, la culture», a-t-il souligné.

L’ex-journaliste a voulu imager son propos. «Il faut expliquer le ridicule d’envoyer à Ottawa nos taxes et nos impôts pour ensuite aller quêter de l’argent. Il y a quelque chose de niaiseux là-dedans. Du maudit niaisage, a-t-il mentionné. C’est du temps perdu, du gaspillage.»

Et comment parler de souveraineté à la jeunesse pour qui le sujet semble tabou?, a demandé un jeune militant.

«Ah, pas évident les jeunes, a admis l’orateur. Moi, je préfère le mot indépendance à souveraineté, parce qu’il évoque plus de liberté, il est porteur de plus d’espoir. Il sonne mieux à mes oreilles. Il faut, je pense, regarder les valeurs des jeunes et leur faire la démonstration qu’elles seraient mieux servies pas l’indépendance. Pour convaincre quelqu’un, il faut parler à ses valeurs et à ses intérêts propres.»

Bernard Drainville en appelle aussi à leur intelligence. «Disons leur, ça ne vous tente pas de vous donner un pays comme belle expérience collective? C’est un «crisse» de beau défi de se donner un pays», s’est-il exclamé.

Pour reprendre le pouvoir, le PQ, a-t-il signalé, doit reprendre des comtés comme Arthabaska où a trôné, pendant des années l’ex-député et ministre Jacques Baril, présent à la soirée.

Mais des candidats, à la hauteur de Jacques Baril, ne courent pas les rues, a fait remarquer, au conférencier, le www.lanouvelle.net à la suite de son discours. «Ce n’est pas facile d’attirer les gens en politique en raison de la perception populaire à l’égard des politiciens, a-t-il avoué. Mais il faut redorer le blason de cette fonction, noble et digne, de vouloir servir. Moi, j’ai quitté un bon travail parce que j’ai le goût de servir le Québec.»

L’arrivée de Pauline Marois à la tête du PQ constitue une bénédiction, selon Bernard Drainville. «Une chance qu’elle est revenue», a-t-il mentionné devant l’auditoire.

«Elle a aidé à nous replacer, a-t-il expliqué en entrevue. Elle est aimée, crédible. C’est le genre de femme à qui le Québec pourrait remettre ses taxes et ses impôts.»

Dans ses propos, le député Drainville a voulu, en fait, transmettre un message d’espoir. Travailler et se battre sont des termes qu’il a employés fréquemment.

«Il faut continuer à se battre, sinon on accepte notre disparition. Se battre notamment pour défendre notre belle langue française. Je trouve inacceptable que trois quarts des nouveaux immigrants soient servis en anglais par la Régie de l’assurance-maladie et la Société de l’assurance automobile du Québec, a déploré Bernard Drainville. Il faut que les nouveaux arrivants sachent qu’ils se trouvent dans un pays francophone et non sur un territoire bilingue.»

Porte-parole du PQ en matière de santé, le député Drainville n’a pas manqué de défendre le système public. «Il nous faut un réseau de la santé fort, a-t-il fait valoir. Ce n’est pas le portefeuille qui doit déterminer les soins, mais la condition humaine.»

Bernard Drainville se dit convaincu que le système public peut être amélioré. «Ce n’est pas parce qu’il y a des améliorations à apporter qu’il faille mettre la hache dedans. En réunissant tous les artisans du réseau, on peut trouver un solution», a-t-il exprimé.

Avant l’allocution du député invité, tant le président du PQ d’Arthabaska, Claude Bergeron que le député du Bloc québécois de Richmond-Arthabaska ont exprimé leur souhait de voir le Québec devenir un pays. «Avec ce que je constate à Ottawa, la supposée ouverture du gouvernement conservateur, je deviens convaincu de la nécessité de la souveraineté. Le Québec demeure toujours dépendant et la situation ne s’améliore pas. Ce ne sera jamais assez tant qu’on n’aura pas notre pays. Tant que nous n’aurons pas nos propres pouvoirs, il n’y aura pas d’améliorations», a soutenu le député Bellavance.
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