Françoise Bertrand (au centre) est venue donner son coup de pouce à l’opération de sensibilisation à la conciliation études-travail. Elle est entourée de Louise Savard et de Normand W. Bernier.
Un Coup de pouce pour travailler et étudier… sans échouer
Un étudiant occupant un emploi de plus de 15 heures par semaine risque, davantage qu’un autre et surtout en période d’examens, de compromettre sa réussite scolaire. «Et c’est l’investissement de toute une année d’études. Les jeunes en formation constituent un capital humain dont il faut prendre grand soin», a déclaré Françoise Bertrand, présidente directrice générale de la Fédération des Chambres de commerce du Québec.
Mme Bertrand s’est dite honorée de présider cette nouvelle opération Coup de pouce aux études orchestrée par le projet sur la réussite éducative de la Table régionale de l’éducation du Centre-du-Québec, une «remarquable initiative», a-t-elle souligné.
En 2011, a-t-elle rappelé, il faudra pourvoir 700 000 emplois au Québec. Les entreprises, quelles qu’elles soient, auront besoin de main-d’œuvre compétence. «Et on va aussi manquer de main-d’œuvre incompétente!», a-t-elle lancé.
La pdg de la Fédération des 162 chambres de commerce du Québec a ajouté que les entreprises ne pouvaient plus se permettre de simplement demander qu’on réponde à leurs besoins de main-d’œuvre. Il leur faut aussi s’engager à encourager la persévérance scolaire. Actuellement, le taux de décrochage des élèves du secondaire tourne autour de 30% et le taux de réussite au collégial (après cinq ans) n’est que de 44%, a-t-elle noté.
Par cette nouvelle opération, la Table régionale de l’éducation veut sensibiliser tant les jeunes que les employeurs à la conciliation études-travail, incitant les uns et les autres à la «vigilance», a précisé le président Normand W. Bernier, également directeur général du cégep de Drummondville.
À l’approche de la période des examens, 750 entreprises de services de plus de 5 employés (hôtels, restaurants, commerces de gros et de détail) recevront, ces jours-ci, des documents les incitant à se soucier du statut d’étudiant de leurs jeunes employés et à ouvrir un «dialogue» avec eux, a indiqué Louise Savard, présidente du comité de gestion du projet sur la réussite éducative et directrice générale de la Commission scolaire des Bois-Francs.
La documentation comprend une lettre signée par la présidente d’honneur, une affichette offrant quelques trucs pour faciliter la conciliation études-travail, même un calendrier des examens des commissions scolaires et cégeps de la région.
Trop de pressions
Les gens de la Table ne disposent pas de statistiques sur le nombre d’élèves ou d’étudiants qui décrochent ou échouent parce que leur travail étudiant les accapare trop. «Mais on sait que bien de nos élèves subissent des pressions de la part de leur employeur», a dit Mme Savard. À l’inverse, on sait aussi que d’autres employeurs font preuve de souplesse, refusant, par exemple, qu’une étudiante travaille et les samedis et les dimanches, a raconté M. Bernier.
On sait également, que du côté des jeunes, le goût de l’argent que procure un emploi peut provoquer un désintérêt à l’égard des études.
«Il nous faut gérer des changements d’habitudes», a ajouté M. Bernier. Et peut-être même que le monde de l’éducation devra aussi faire preuve de plus de flexibilité dans son calendrier afin de permettre aux étudiants de mieux concilier études et travail.
«Parce qu’il y a aussi des avantages, pour les étudiants, à occuper un emploi. Ils gagnent en autonomie, aiguisent leur sens des responsabilités et apprennent à gérer leur temps», a expliqué M. Bernier.
Une question de «conscience sociale»
L’opération Coup de pouce aux études vise des entreprises de services parce que, dans le Centre-du-Québec, ce sont celles qui emploient le plus d’étudiants.
Ces entreprises ont tout autant intérêt que les autres à encourager la persévérance scolaire, selon les gens de la Table, même si elles n’ont généralement pas besoin d’une main-d’œuvre spécialisée.
Le président de la Table en fait même une question de «conscience sociale». Ces employeurs auront aussi besoin de ces jeunes travailleurs formés pour fréquenter leur établissement et acheter leurs biens et services.
Et, a ajouté Françoise Bertrand, ces employeurs-là sont aussi des parents sûrement intéressés à ce que leur fils ou leur fille décroche un diplôme.
Cette opération constitue une première étape. Elle pourrait se répéter à l’approche de la période des fêtes 2008 et s’adresser aussi aux entreprises manufacturières de la région, a annoncé Louise Savard.