L'église Sainte-Gabriel-Lalemant
La Fabrique fermerait d'abord l’église Saint-Gabriel
Même en faisant connaître leur intention de se départir de l’église Saint-Gabriel Lalemant, les autorités de la Paroisse Sainte-Trinité de Victoriaville laissent toujours planer un certain mystère autour du sort de leurs trois églises. «Parce que ça n’exclut pas que si on a une offre intéressante pour Saints-Martyrs, il se pourrait qu’on se départisse de celle-là et qu’on doive revenir devant vous», a admis le président de la Fabrique, Omer Deshaies.
Plus de 300 personnes ont participé à cette réunion d’information convoquée, lundi soir, par la Fabrique pour présenter les propositions émanant du comité de réflexion sur l’avenir des communautés locales et des lieux de rassemblement, comité formé à l’été 2007.
Ce comité a formulé trois résolutions à l’intention de la Fabrique.
Une première lui recommande de se départir de l’église Saint-Gabriel Lalemant et de dénicher un partenaire pour garder l’église Sainte-Victoire.
Le comité recommande aussi à la Fabrique d’entreprendre une étude pour créer une «maison de la foi» un lieu souple, convivial, polyvalent, multifonctionnel afin de répondre aux besoins croissants de pastorale, comme l’a expliqué le curé Louis Lemire.
Cette maison de la foi pourrait s’abriter dans une église de la Paroisse Sainte-Trinité, peut-être même dans une autre église de Victoriaville, a laissé entendre M. Deshaies, espérant une rencontre avec les deux autres paroisses de Victoriaville (Sainte-Famille et l’Assomption). «On aurait intérêt à se parler, a-t-il dit. On ne sait jamais, la Paroisse Sainte-Trinité pourrait trouver à vendre deux de ses trois églises», a-t-il spécifié en entrevue.
Il a ajouté, toujours après la réunion, qu’entre le moment où le comité avait formulé ses propositions et la tenue de la réunion, «nous avons eu des discussions pour nos deux églises». Les informations publiées dans les médias au cours des dernières semaines sur les intentions de la Fabrique de fermer une de ses églises auraient éveillé l’intérêt de partenaires ou d’acheteurs potentiels. C’est ce qui a créé la distorsion entre les propositions du comité et les informations livrées aux paroissiens lundi soir.
Pour l’instant, il n’y a qu’une seule certitude. Si aucune offre sérieuse n'est présentée à la Fabrique, l’église Saint-Gabriel sera fermée au culte l’automne prochain.
Pourquoi Saint-Gabriel plutôt que Saints-Martyrs ou Sainte-Victoire, ont demandé des paroissiens, alors que c’est l’église la moins coûteuse à garder (77 000 $ annuellement plutôt que 124 000 $ pour Saints-Martyrs et 186 000 $ pour Sainte-Victoire)?
Parce que se départir du lieu de culte du boulevard Jutras serait le choix qui «pénaliserait le moins» la communauté paroissiale, ont répondu les gens de la Fabrique. C’est l’église qui affiche le plus bas taux d’occupation (17%), qui offre le moins de places (600, au lieu des 800 de Saints-Martyrs et des 1 800 de Sainte-Victoire). Sa cuisine est à refaire et elle compte moins de locaux disponibles aux groupes paroissiaux et activités de pastorale. Elle n’a pas de cloche, pas d’orgue, pas de maître-autel, ont ajouté les gens de la Fabrique.
«Se départir de Saint-Gabriel et économiser 75 000 $ par année, ce sera un plaster»», a reconnu Omer Deshaies, la Fabrique ayant cumulé un déficit de 100 000 $ en trois ans. À court et moyen termes, il faudra se départir d'au moins deux églises.
Une Fondation pour préserver Sainte-Victoire?
L’ex-maire de Victoriaville, Denis Saint-Pierre, s’est inquiété, tout haut, de l’avenir de l’église Sainte-Victoire et du cimetière. Ce serait, un «sacrilège», selon lui d’abandonner ces lieux.
Sainte-Victoire est non seulement la plus vieille église de Victoriaville (excluant l’église Saint-Christophe-d’Arthabaska, classée monument historique), mais un site où, depuis 1860, s’y sont rencontrés des catholiques et des non catholiques, a-t-il fait remarquer, pour partager des deuils, des joies, des peines. «Et des bâtisseurs de Victoriaville reposent dans le cimetière.»
«Il faudrait trouver une méthode pour que toute la communauté, catholique et non catholique, assure la protection de l’église et du cimetière», a ajouté M. Saint-Pierre, évoquant l’idée de créer une Fondation.
«Il y une grande majorité qui veut garder l’église Sainte-Victoire, mais vous êtes une minorité à la fréquenter et à payer», a observé M. Deshaies.
Des 10 900 foyers de la Paroisse Sainte-Trinité, le quart paient leur CGA (contribution globale annuelle). Et de ces 2 800 foyers payeurs, 75% sont des gens âgés de 50 ans et plus… ce qui, au regard des gens de la Fabrique, constitue un signe inquiétant pour l'avenir. Quant aux prêtres actifs, ils se font de plus en plus rares ; 39 pour desservir les actuelles 82 paroisses du diocèse de Nicolet.