Bernadette Marchand Baril, entourée, de gauche à droite, par le maire de Princeville Gilles Fortier, l’adjoint au directeur général Jean-Marc Bédard, le directeur général Mario Juaire, et l’abbé Laurier Albert, qui visite régulièrement Mme Baril.
Vivement 100 ans pour Bernadette Marchand Baril!
Une page d’histoire s’est tournée jeudi pour Bernadette Marchand Baril, alors que la dame célèbre son centième anniversaire, mais aussi pour Princeville, car les souvenirs de cette nouvelle centenaire sont étroitement liés à son développement industriel.
C’est que Bernadette Marchand Baril est l’épouse de Lionel Baril, un homme qui a contribué énormément à l’essor industriel de Princeville. «En compagnie de ses frères Sarto et Roger, Lionel Baril a mis sur les rails plusieurs entreprises de la région, notamment celle produisant les bateaux Princecraft», raconte le maire Gilles Fortier, à ce sujet.
Si son époux n’était pas décédé en 1985, le couple cumulerait aujourd’hui 75 ans de mariage. «Je lui parle tous les soirs, confie la dame en parlant de son époux, dont le portrait figure dans toutes les pièces principales de la maison.
Le maire, comme le directeur général de la municipalité Mario Juaire et Jean-Marc Bédard, adjoint à la direction générale, ont tenu à souligner cet important anniversaire en offrant personnellement à la dame leurs meilleurs souhaits, ainsi qu’un présent personnalisé, une théière, dont le socle arbore le nouveau logo de la municipalité.
Affichant un sourire franc et un regard pétillant, malgré un léger début de cataracte, Mme Baril les a accueilli vendredi dans la résidence familiale qu’a fait construire son mari en 1954, et où elle demeure toujours, 54 ans plus tard. «Je me souviens avoir eu très peur quand, deux mois après avoir fait construire la maison, on a eu la visite de voleurs qui ont fracassé la vite avant», a raconté la dame au sujet de sa demeure, en ajoutant que celle-ci fut construite toute de suite après, et par le même entrepreneur, que l’école secondaire qui y fait face.
Bien qu’elle y demeure maintenant seule, Mme Baril le reste rarement, puisque celle-ci y reçoit fréquemment de la visite, dont sa fille adoptive Pauline, des amis, cousins, neveux, nièces, mais surtout des prêtres et des religieux qu’elle et son mari ont contribué à faire éduquer dès 1958. Les chambres aux lits jumeaux continuent d’ailleurs d’accueillir régulièrement ceux qui y ont autrefois été hébergés.
«Moi et mon mari n’avions pas eu d’enfants (outre Pauline et Pierre, leurs enfants adoptifs), alors quand on est venu nous demander, quatre ans après avoir emménagé dans cette maison, si on pouvait aider, nous avons tout de suite accepté», se rappelle la dame qui a hébergé et soutenu financièrement les études pour les quatre années de séminaire, à Nicolet, de 16 garçons. Un de ses anciens protégés serait d’ailleurs évêque en Afrique.
«Onze exercent toujours. Il y en a plusieurs en Abitibi, dans l’Ouest aussi… Plusieurs me visitent encore régulièrement! », souligne Bernadette, se trouvant justement en compagnie d’un d’entre eux, Laurier Albert, maintenant aumônier dans un hôpital de Gatineau. Celui-ci avait réuni les anciens pensionnaires de Mme Baril la veille, dans le sous-sol de la résidence familiale, pour célébrer son anniversaire.
Avant même de prendre tous ces jeunes pensionnaires sous leur aile, Lionel Baril et Bernadette Marchand ont toutefois adopté en 1937 leur premier enfant, Pauline, quatre ans après avoir célébré leur mariage. Ils ont ensuite adopté Pierre en 1944, lequel est décédé il y a cinq ans. Les unions de leur fille et de leur fils ont enrichi Mme Baril de huit petits-enfants, dont trois, les enfants de Pierre, vivent actuellement aux États-Unis.
Bernadette Baril a la réputation d’être accueillante et bien que celle-ci affirme ne jamais s’être «tuée» à la tâche, son ancien protégé, l’abbé Albert, se rappelle que celle-ci préparait à longueur de journée des petits plats pour qui voudrait bien leur rendre visite. «Ça exaspérait mon mari, parfois, qui me disait «veux-tu bien t’asseoir, il ne devrait pas venir personne aujourd’hui!», et pas longtemps plus tard, on tassait le rideau et on voyait arriver quelqu’un!», en rit-elle, encore aujourd’hui.
Constamment entourée de gens qui l’aiment et qui lui donnent le coup de main nécessaire à son quotidien, Bernadette Marchand Baril risque de demeurer encore longtemps dans les «faveurs du Bon Dieu» car, selon elle, le secret pour vivre bien et longtemps c’est de se tenir occupé. «Si on trouve de quoi s’occuper les mains ou l’esprit, on n’aura pas le temps de s’ennuyer!», lance-t-elle en riant.