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Saint-Rosaire : un conseiller se vide le coeur

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 2 avril 2008 à 18:00
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Saint-Rosaire : un conseiller se vide le coeur
Le conseiller Serge Côté
Saint-Rosaire : un conseiller se vide le coeur
«Il n’y a pas qu’à Victoriaville, où des entrepreneurs élèvent des constructions sans attendre leur permis. À Saint-Rosaire aussi!», dénonce le conseiller municipal Serge Côté.
Non seulement, rapporte-t-il, l’entrepreneur a installé les fondations d’une résidence, rue Poirier, sans son permis municipal, mais le terrain n’a pas encore fait l’objet d’un changement au règlement de zonage.

Tout cela se serait fait avec l’accord tacite de la Municipalité, dit-il.

Une séance de consultation publique est prévue le 8 avril pour faire passer ces terrains dans la zone résidentielle. «C’est un accroc à la démocratie. Les citoyens seront invités à se prononcer sur une chose déjà décidée», dit M. Côté, conseiller municipal depuis 2005.

À vrai dire, cet incident constitue la «goutte qui fait déborder le vase» du conseiller municipal, lequel ne cache pas son opposition à d’autres projets municipaux, comme celui d’un emprunt de 510 000 $ pour la construction d’un plateau sportif. Cet emprunt fera aussi l’objet d’une séance de consultation publique le 8 avril. «Je suis en désaccord avec ce projet beaucoup trop onéreux pour la Municipalité de Saint-Rosaire», dit le conseiller.

Il ajoute ne pas partager la vision du développement économique de la Municipalité et du maire Harold Poisson. M. Côté se décrit d’ailleurs comme un «mouton noir» au conseil municipal. «Avant, Saint-Rosaire n’avait pas de dettes. Aujourd’hui, les choses se font à la va-comme-je-te-pousse», souligne le conseiller municipal, le cas de cette construction sans permis constituant, selon lui, un exemple patent.
La construction stoppée
Questionné à ce sujet, le maire, Harold Poisson, élu sans opposition en novembre dernier, reconnaît que l’entrepreneur était pressé de construire cette maison rue Poirier, son calendrier étant très chargé. Il est vrai, répond-il que la Municipalité lui a désigné le terrain où il pourrait entreprendre les travaux. Mais elle ne lui pas délivré de permis. «L’entrepreneur était effectivement dans l’illégalité, mais il n’a pas fait ça pour mal faire. Il a commencé vendredi et, lundi, la Municipalité lui demandait, par lettre, d’arrêter les travaux.»
Stimuler le développement économique et la construction résidentielle à Saint-Rosaire n’est pas une mince affaire, souligne le maire Poisson, disant se «battre» pour cette cause depuis dix ans. Et les entrepreneurs de la région ne se bousculent pas pour travailler à Saint-Rosaire, déplore-t-il. «Gilles Lecours a été le seul à accepter de venir chez nous, construire un jumelé modèle, le garder sur son bras pendant un an pour inciter des familles à s’installer ici. Il vient de nous apprendre qu’il ne pourrait plus continuer.»

Le maire Poisson ajoute que cet incident, cette «technicalité» dénoncée publiquement par le conseiller Côté, jette un inutile discrédit sur la Municipalité. «C’est vrai que c’est une infraction. Mais aucun citoyen ne refusera que ces quatre terrains forment une zone résidentielle. On n’est pas à mettre des usines dans une zone résidentielle, quand même!»

Quant au plateau sportif, le maire Poisson, dit qu’il est prêt à le soumettre à la consultation publique. «Les gens ont le droit de s’opposer au projet s’ils ne sont pas d’accord.»

Il apprécie moins, toutefois, ces lettres mystérieusement signées par le «Regroupement de citoyens» distribuées ces jours-ci aux citoyens. Dans ces lettres, on reproche au conseil une série de gestes, dont l’achat d’une partie des actions du lieu d’enfouissement de Saint-Rosaire (via la Société d’aide au développement d’Arthabaska) et la création, avec Saint-Louis-de-Blandford d’une régie pour les services de sécurité incendie.

«Les gens qui s’amusent à faire cela n’ont pas à cœur le développement de Saint-Rosaire», conclut le maire Poisson.
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